Le point sur lequel s’accordent, de manière concordante, tous les récits provenant des Pieux Prédécesseurs et sur lequel la communauté s’est unanimement entendue, en paroles comme en actes, est le voyage vers sa mosquée attenante à sa tombe et l’accomplissement, dans cette mosquée, des droits qu’Allah a prescrits envers lui, comme on les accomplit dans les autres mosquées ; toutefois, sa mosquée est, pour la majorité, la meilleure des mosquées après la Mosquée sacrée.
On a même soutenu qu’elle est la meilleure de façon absolue, ainsi qu’on le rapporte de Mâlik et d’autres.
Les Anciens comme les Modernes ne se sont cependant pas accordés pour user sans réserve de l’expression « visite de sa tombe » ; il n’existe à ce sujet aucun ḥadith authentique ni récit reconnu d’un Compagnon. De plus, les Compagnons établis à Médine, qu’ils fussent Émigrés ou Auxiliaires, lorsqu’ils entraient ou sortaient de la mosquée, ne se rendaient pas à la tombe, ne s’y arrêtaient pas et ne la visitaient pas ; rien de cela n’est attesté de leur part. Mâlik et d’autres ont déclaré que cela relève des innovations non transmises des Pieux Prédécesseurs et que c’est un acte réprouvé. Les gens de science versés dans cette question savent que ses Compagnons ne visitaient pas sa tombe, conscients qu’il l’avait interdit. Si sa tombe avait dû être visitée comme on visite les tombes des habitants du Baqîʿ ou celles des martyrs d’Uḥud, les Compagnons l’auraient fait, soit en entrant dans sa chambre, soit en se tenant devant sa tombe en pénétrant dans la mosquée ; or, ils ne faisaient ni l’un ni l’autre. Tout cela constitue donc une innovation, ainsi que l’ont clarifié les imams du savoir.
Parmi ce qu’a rapporté le qâḍî ʿIyâḍ — lui qui a dit : « La visite de sa tombe est une sunna sur laquelle il y a consensus et une vertu vivement recommandée » —, il mentionne dans ce chapitre que Mâlik réprouvait qu’on dise : « Nous avons visité la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. » Il y rapporte également :
« Mâlik a dit, dans al-Mabsûṭ : Il n’incombe pas à l’habitant de Médine, lorsqu’il entre et sort de la mosquée, de s’arrêter à la tombe ; cela n’est prescrit que pour l’étranger.
Et Mâlik dit encore, dans al-Mabsûṭ : Il n’y a pas de mal, pour celui qui arrive de voyage, à se tenir devant la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et à invoquer pour lui, ainsi que pour Abû Bakr et ʿUmar.
On lui demanda : Des gens de Médine qui ne reviennent pas de voyage et ne s’apprêtent pas à en faire se comportent ainsi une ou plusieurs fois par jour ; il arrive qu’ils s’arrêtent le vendredi ou certains jours, une ou deux fois, voire plus, devant la tombe pour saluer et invoquer un moment ?
Il répondit : Je n’en ai rien entendu de la part des gens de science de notre cité, et s’en abstenir est ample ; rien ne réformera les derniers de cette communauté si ce n’est ce qui a réformé les premiers. Il ne m’est pas parvenu que les premiers de cette communauté — son âge d’or — agissaient ainsi ; c’est donc réprouvé, sauf pour celui qui revient de voyage ou se prépare à en faire un. »
Ainsi, Mâlik a clairement indiqué qu’aucun témoignage ne lui était parvenu des Pieux Prédécesseurs parmi les Compagnons résidant à Médine qu’ils se soient arrêtés à la tombe lorsqu’ils entraient dans la mosquée, hormis celui qui arrive de voyage — tout en sachant que la question même du voyage fait ailleurs l’objet d’une controverse.
Le qâḍî ʿIyâḍ rapporte encore d’Abû l-Walîd al-Bâjî qu’il a argumenté la position de Mâlik, disant : Les habitants de Médine y demeurent ; ils ne l’ont pas visée à cause de la tombe et du salut. Or le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit :
« Ô Allah ! Ne fais pas de ma tombe une idole adorée ; la colère d’Allah s’est intensifiée contre des gens qui ont érigé les tombes de leurs prophètes en mosquées. »
Et il a dit :
« Ne faites pas de ma tombe un lieu de fête. »
Je dis : Cela montre que le fait, pour les habitants de Médine, de se tenir devant la tombe — ce que l’on appelle « visite de sa tombe » — fait partie de