Ne faites pas de vos demeures des tombes, et ne faites pas de ma tombe un lieu de fête ; priez sur moi, car votre prière me parvient où que vous soyez.
Dans le Muwaṭṭaʾ et ailleurs, il est rapporté de lui qu’il a dit :
« Ô Allah ! Ne fais pas de ma tombe une idole adorée ; la colère d’Allah s’est intensifiée contre des gens qui ont érigé les tombes de leurs prophètes en mosquées. »
Et dans le Ṣaḥîḥ Muslim, il est rapporté de lui qu’il déclara cinq jours avant sa mort :
« Certes, ceux qui vous ont précédés prenaient les tombes pour lieux de prière ; prenez garde ! Ne faites donc pas des tombes des mosquées, car je vous l’interdis. »
Après avoir maudit ceux qui prennent les tombes pour mosquées, afin d’en avertir sa communauté, et leur avoir interdit de transformer sa tombe en jour de fête, on l’enterra dans sa chambre pour qu’il ne soit pas possible d’y accéder. ʿÂ’ishah y résidait ; de son vivant, nul n’y entrait à cette fin : on n’entrait que chez elle. Lorsqu’elle mourut, il n’y resta plus personne. Par la suite, lorsque la chambre fut incluse dans la mosquée, on en mura l’accès et l’on construisit un mur extérieur, de sorte que plus personne ne fut en mesure de visiter sa tombe selon la pratique habituelle, qu’elle soit sunnah ou innovation. Les gens n’atteignent désormais que sa mosquée. Les Pieux Prédécesseurs n’appelaient pas cela « visite de sa tombe », et l’on ne rapporte d’aucun Compagnon la formule « visiter sa tombe » ; ils n’en parlèrent jamais. Il en va de même pour la majorité des Successeurs : cette expression n’apparaît pas dans leurs propos, car une telle pratique leur semblait impossible ; on ne nomme donc pas ce qui n’existe pas, d’autant qu’il a interdit de prendre sa maison et sa tombe pour lieu de fête.
Il implora Allah de ne pas faire de sa tombe une idole et il interdit de prendre les tombes pour mosquées, disant :
« La colère d’Allah s’est intensifiée contre des gens qui ont érigé les tombes de leurs prophètes en mosquées. »
Pour cette raison, Mâlik et d’autres ont réprouvé qu’on dise : « Nous avons visité la tombe du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue. » Si les Salaf avaient employé cette expression, Mâlik ne l’aurait pas désapprouvée, lui qui côtoya les Successeurs à Médine et connaissait mieux que quiconque de tels usages. S’il avait existé un hadith notoire du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – à ce sujet, ces savants l’auraient connu, et Mâlik ainsi que ses pairs, parmi les savants de Médine, n’auraient pas réprouvé qu’on rapporte fidèlement ses paroles ; or, Mâlik – qu’Allah lui fasse miséricorde – veillait scrupuleusement à employer les termes mêmes du Messager dans les hadiths ; comment aurait-il pu réprouver l’usage de ses propres mots ?
Cependant, un groupe de savants a qualifié cet acte de « visite de sa tombe » sans pour autant diverger, quant au fond, de l’avis de Mâlik et de ceux qui partagent son opinion : ce que ces derniers recommandent – saluer le Prophète, prier sur lui, solliciter pour lui la Wassîlah, etc., dans sa mosquée – les premiers le recommandent également ; la différence tient uniquement à l’appellation, ceux-ci l’appelant « visite de sa tombe », tandis que ceux-là réprouvent cette dénomination.
Parmi certains auteurs tardifs sont apparues des innovations qu’aucun des quatre imams n’a jugées louables, telles que lui demander d’implorer le pardon (istighfâr). Des ignorants du commun ont ajouté des pratiques illicites, voire constitutives de mécréance selon le consensus des musulmans : se prosterner devant l’enceinte funéraire, en faire le tour (ṭawâf), et autres actes que nous n’aborderons pas ici. L’origine de ces déviances vient de ceux qui pensèrent qu’il s’agissait de la visite de sa tombe ; ils crurent que l’on visite les tombes des prophètes et des pieux pour les invoquer, leur demander et ériger leurs tombes en idoles, au point de préférer cet emplacement aux mosquées. Si l’on y bâtit une mosquée, ils la préfèrent aux mosquées édifiées pour Allah ; certains vont même jusqu’à juger le pèlerinage à la tombe de la personne qu’ils vénèrent supérieur au pèlerinage à la Maison antique (Kaʿbah), et bien d’autres choses encore qui relèvent clairement de la mécréance et de l’apostasie, d’un commun accord chez les musulmans.
«لا تجعلوا بيوتكم قبورا ولا تجعلوا قبري عيدا وصلّوا عليّ فإن صلاتكم تبلغني حيث كنتم»
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وفي الموطأ وغيره عنه أنه قال:
«اللهم لا تجعل قبري وثنا يعبد، اشتدّ غضب الله على قوم اتخذوا قبور أنبيائهم مساجد»
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وفي صحيح مسلم عنه أنه قال قبل أن يموت بخمس:
«إن من كان قبلكم كانوا يتخذون القبور مساجد، ألا فلا تتخذوا القبور مساجد فإني أنهاكم عن ذلك»
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فلما لعن من يتخذ القبور مساجد تحذيرا لأمته من ذلك ونهاهم عن ذلك، ونهاهم أن يتخذوا قبره عيدا ودفن في حجرته، لئلا يتمكن أحد من ذلك، وكانت عائشة ساكنة فيها، فلم يكن في حياتها يدخل أحد لذلك، إنما يدخلون إليها هي، ولما توفّيت لم يبق بها أحد. ثم لما أدخلت في المسجد سدّت وبني الجدار البرّاني عليها فما بقي أحد يتمكن من زيارة قبره كالزيارة المعروفة عند قبر غيره، سواء كانت سنيّة أو بدعية، بل إنما يصل الناس إلى مسجده، ولم يكن السلف يطلقون على هذا زيارة لقبره ولا يعرف عن أحد من الصحابة لفظ زيارة قبره البتة ولم يتكلّموا بذلك، وكذلك عامة التابعين لا يعرف هذا من كلامهم، فإن هذا المعنى ممتنع عندهم فلا يعبّر عن وجوده وهو قد نهى عن اتخاذ بيته وقبره عيدا.
وسأل الله أن لا يجعل قبره وثنا ونهى عن اتخاذ القبور مساجد فقال:
«اشتدّ غضب الله على قوم اتخذوا قبور أنبيائهم مساجد»
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ولهذا كره مالك وغيره أن يقال:
زرنا قبر النبي صلى الله عليه وسلّم.
ولو كان السلف ينطقون بهذا لم يكرهه مالك، وقد باشر التابعين بالمدينة وهو أعلم الناس بمثل ذلك، ولو كان في هذا حديث معروف عن النبي صلى الله عليه وسلّم لعرفه هؤلاء ولم يكره مالك وأمثاله من علماء المدينة، الإخبار بلفظ تكلم به الرسول صلى الله عليه وسلّم، فقد كان رضي الله عنه يتحرى ألفاظ الرسول في الحديث، فكيف يكره النطق بلفظه؟
ولكن طائفة من العلماء سمّوا هذا زيارة لقبره وهم لا يخالفون مالكا ومن معه في المعنى، بل الذي يستحبه أولئك من الصلاة والسلام وطلب الوسيلة له صلى الله عليه وسلّم ونحو ذلك في مسجده يستحبه هؤلاء، لكن هؤلاء سمّوا هذا زيارة لقبره وأولئك كرهوا أن يسمّى هذا زيارة لقبره.
وقد حدث من بعض المتأخرين في ذلك بدع لم يستحبها أحد من الأئمة الأربعة كسؤاله الاستغفار. وزاد بعض جهّال العامة ما هو محرم أو كفر بإجماع المسلمين كالسجود للحجرة والطواف بها، وأمثال ذلك مما ليس هذا موضعه. ومبدأ ذلك من الذين ظنوا أن هذا زيارة لقبره فظن هؤلاء أن الأنبياء والصالحين تزار قبورهم لدعائهم والطلب منهم واتخاذ قبورهم أوثانا حتى يفضلون تلك البقعة على المساجد، وإن بني عليها مسجد فضلوه على المساجد التي بنيت لله، وحتى قد يفضلون الحج إلى قبر من يعظمونه على الحج إلى البيت العتيق، إلى غير ذلك مما هو كفر وردة عن الإسلام باتفاق المسلمين.