Je répondis : « J’ai présenté mes salutations au Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. »
Il dit : « Lorsque tu entres dans la mosquée, adresse-lui le salâm. »
Puis il ajouta : « Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Ne faites pas de ma demeure une fête, ni de vos maisons des tombes. Qu’Allah maudisse les Juifs et les Chrétiens : ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour oratoires. Priez donc sur moi, car vos prières me parviennent où que vous soyez. » Vous et ceux qui se trouvent en Andalousie êtes, à cet égard, sur un même pied d’égalité (1). »
Ismâʿîl ibn Isḥâq al-Qâḍî l’a également rapporté dans son ouvrage « Le mérite de la prière sur le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue » avec la formulation suivante : « Pourquoi t’ai-je vu t’arrêter ? » — « Je me suis arrêté pour saluer le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. » — « Lorsque tu entres dans la mosquée, adresse-lui le salâm. » Il reproduisit ensuite le ḥadith sans citer la parole d’al-Ḥasan.
Ismâʿîl a en outre rapporté : « Ibrâhîm ibn al-Ḥajjâj nous a narré, d’après Wahîb, d’après Ayyûb as-Sakhtiyânî, lequel a dit : “Il m’est parvenu — et Allah sait mieux — qu’un ange est chargé de chaque personne qui prie sur le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — jusqu’à ce qu’il lui transmette [cette prière].” (2) »
S’agissant du salâm, an-Nasâ’î et d’autres ont rapporté, d’après Sufyân ath-Thawrî, d’après ʿAbd Allâh ibn as-Sâ’ib, d’après Zâdhân, d’après ʿAbd Allâh ibn Masʿûd, que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Certes, Allah a des anges parcourant la terre qui me transmettent le salâm de ma communauté. » (3)
Dans le ḥadith déjà cité par Abû Yaʿlâ al-Mawsilî — chaîne mentionnée plus haut — il est rapporté quʿAlî ibn al-Ḥusayn vit un homme se glisser dans une ouverture située près de la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Il l’en dissuada et déclara : « Ne vais-je pas vous rapporter un ḥadith que j’ai entendu de mon père, qui le tient de mon grand-père, d’après le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue : “Ne faites pas de ma demeure une fête ni de vos maisons des tombes, car votre salâm me parvient où que vous soyez.” »
Ces ḥadiths, bien connus des savants et transmis par des voies solides se corroborant mutuellement, s’accordent tous pour affirmer que toute personne de sa communauté qui prie pour lui ou lui adresse le salâm, cet acte lui est transmis et présenté. Aucun d’eux ne stipule qu’il entend directement la voix du priant ou du saluant ; ils indiquent seulement que cela lui est présenté et lui parvient — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — qu’il se trouve dans sa ville, dans sa mosquée ou ailleurs.
Il est donc établi que toute prière ou salâm prescrit par Allah à son égard lui parvient. Quant à celui qui le salue auprès de sa tombe, il lui répond comme le ferait tout autre croyant ; ce n’est ni un privilège particulier, ni le salâm requis qui vaut à celui qui le prononce qu’Allah lui accorde dix salutations, de même qu’Il prie dix fois sur celui qui prie sur le Prophète. Tel est l’ordre qu’Allah a mentionné dans le Coran, sans être lié à un lieu plutôt qu’à un autre.