ʿAbd Allāh faisait partie des tout premiers croyants : il comptait parmi ceux qui prêtèrent serment d’allégeance à al-ʿAqaba puis sous l’arbre. Lorsqu’il mourut – deux ans avant l’agrandissement de la Mosquée – il était l’unique survivant de ce groupe. Après lui, il ne resta plus aucun Compagnon ayant atteint l’âge de discernement au décès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – si ce n’est Sahl ibn Saʿd al-Sāʿidī, qui s’éteignit en l’an 88 de l’Hégire – certains disent : en 91. C’est pourquoi l’on affirme qu’il fut le dernier Compagnon à mourir à Médine, ainsi que l’ont rapporté Abū Ḥātim al-Bustī et d’autres.
Quant aux décès postérieurs, ils concernèrent des Compagnons encore enfants à l’époque : al-Sāʾib ibn Yazīd al-Kindī, neveu de ʿUmar, mourut à Médine en 91. On dit aussi qu’ensuite mourut ʿAbd Allāh ibn Abī Ṭalḥa – que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – avait nourri d’une datte lors de la cérémonie de taḥnīk –, ainsi que Maḥmūd ibn al-Rabīʿ, qui se souvenait du jet d’eau que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – lui avait lancé au visage, issu d’un puits situé dans leur demeure alors qu’il avait cinq ans. ʿAbd Allāh ibn Abī Ṭalḥa mourut en 69, et Maḥmūd ibn al-Rabīʿ en 93. Abū Umāmah ibn Sahl ibn Ḥanīf, que le Prophète nomma Asʿad en référence à Asʿad ibn Zurārah, décéda en l’an 100. Durant la vie du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, ces derniers n’avaient toutefois pas l’âge requis pour rapporter ses paroles et ses actes, comme le faisaient Jābir, Sahl ibn Saʿd et d’autres.
Ibn ʿUmar était déjà mort l’année où Ibn al-Zubayr fut tué à La Mecque, en 72, et Ibn ʿAbbās était décédé auparavant à Ṭāʾif, vers la fin des années soixante. Aucun d’eux – ni leurs semblables – n’assista donc à la transformation de la Mosquée ni à l’intégration des appartements. Anas ibn Mālik, de son côté, résidait à Baṣra et non à Médine ; on dit même qu’il fut le dernier Compagnon à y mourir.
Les appartements des épouses du Prophète – qu’Allah soit satisfait d’elles – se trouvaient à l’est de la Mosquée et du côté de la qibla ; certains ajoutent qu’il en existait aussi au nord. On les racheta à leurs propriétaires, les héritiers des Mères des Croyants, puis on les incorpora à la Mosquée, de sorte que la chambre de ʿĀʾisha s’y trouva englobée. ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, gouverneur d’al-Walīd à Médine, mena ces travaux : il mura la porte de la chambre et construisit un second mur autour d’elle, en plus de l’ancien. Dès lors, celui qui adresse la salutation se tient derrière un mur plus éloigné qu’auparavant, lorsqu’il n’y en avait qu’un seul.
Ces auteurs déclarent donc : si la « salutation de taḥiyya », dont la réponse revient à celui qui la prononce, avait été instituée à l’intérieur même de la Mosquée, elle aurait nécessairement une limite définie – d’une, deux ou trois coudées – et l’on distinguerait le lieu où il est recommandé de la formuler de celui où elle ne l’est pas.
S’il est avancé : « Celui qui le salue depuis le mur occidental reçoit sa réponse », nous répondons : il en est de même pour quiconque se trouve hors de la Mosquée ; sinon, quelle différence ? Il en découlerait que le Prophète devrait répondre à tous les habitants de la terre et à chaque prieur dans chacune de ses prières, comme l’ont cru certains égarés – assertion manifestement fausse.
Et si l’on dit : « La recommandation se limite à une certaine distance entre le saluant et la chambre », nous demandons : quelle est donc cette distance ? Sur ce point, deux avis existent : les uns recommandent de se rapprocher de la chambre,
(6) Khārija ibn Zayd ibn Thābit.
(7) Abū Bakr ibn ʿAbd al-Raḥmān.
Voir A‘lām al-muwaqqi‘īn d’Ibn al-Qayyim al-Jawziyah (tome 1, p. 23).
عبد الله كان من السابقين الأولين ممن بايع بالعقبة وتحت الشجرة، ولم يكن بقي من هؤلاء غيره لما مات وذلك قبل تغيير المسجد بسنتين، ولم يبق بعده ممن كان بالغا حين موت النبي صلى الله عليه وسلّم إلا سهل بن سعد الساعدي فإنه توفّي سنة ثمان وثمانين، وقيل سنة إحدى وتسعين. ولهذا قيل فيه إنه آخر من مات بالمدينة من أصحاب النبي صلى الله عليه وسلّم كما قاله أبو حاتم البستي وغيره. وأما من مات بعد ذلك فكانوا صغارا، مثل السائب بن يزيد الكندي ابن أخت عمر، فإنه مات بالمدينة سنة إحدى وتسعين،
وقيل:
إنه مات بعده عبد الله بن أبي طلحة الذي حنّكه النبي صلى الله عليه وسلّم، وكذلك محمود بن الربيع الذي عقل مجّة مجّها رسول الله صلى الله عليه وسلّم في وجهه من بئر كان في دارهم وله خمس سنين، مات سنة تسع وستين. ومحمود بن الربيع مات سنة ثلاث وتسعين. وأبو أمامة بن سهل بن حنيف سمّاه النبي صلى الله عليه وسلّم أسعد باسم أسعد بن زرارة مات سنة مائة، لكن هؤلاء لم يكن لهم في حياته صلى الله عليه وسلّم من التمييز ما ينقلون عنه أقواله وأفعاله التي ينقلها الصحابة؛ مثل ما ينقلها جابر وسهل بن سعد وغيرهما. وأما ابن عمر فكان قد مات قبل ذلك عام قتل ابن الزبير بمكة سنة ثنتين وسبعين، وابن عباس مات قبل ذلك بالطائف سنة بضع وستين، فهؤلاء وأمثالهم من الصحابة لم يدرك أحد منهم تغيير المسجد وإدخال الحجر فيه، وأنس بن مالك كان بالبصرة لم يكن بالمدينة،
وقد قيل:
إنه آخر من مات بها من الصحابة، وكانت حجر أزواج النبي صلى الله عليه وسلّم شرقي المسجد وقبليه، وقيل وشامية فاشتريت من ملّاكها ورثة أزواجه صلى الله عليه وسلّم، وزيدت في المسجد فدخلت حجرة عائشة. وكان الذي تولّى ذلك عمر بن عبد العزيز نائب الوليد على المدينة، فسدّ باب الحجرة وبنى حائطا آخر عليها غير الحائط القديم، فصار المسلّم عليه من وراء جدار أبعد من المسلم عليه لما كان جدارا واحدا.
قال هؤلاء:
ولو كان سلام التحية الذي يرده على صاحبه مشروعا في المسجد كان له حدّ ذراع أو ذراعين أو ثلاثة، فلا يعرف الفرق بين المكان الذي يستحبّ فيه هذا السلام، والمكان الذي لا يستحب.
فإن قيل:
من سلّم عليه عند الحائط الغربي رد عليه.
قيل:
وكذلك من كان خارج المسجد، وإلا فما الفرق؟ وحينئذ فيلزم أن يرد على جميع أهل الأرض، وعلى كل مصل في كل صلاة كما ظنه بعض الغالطين، ومعلوم بطلان ذلك.
وإن قيل:
يختص بقدر بين المسلم وبين الحجرة.
قيل:
فما حدّ ذلك؟
وهم لهم قولان:
منهم من يستحب القرب من الحجرة،
- ٦ - خارجة بن زيد بن ثابت.
٧ - أبو بكر بن عبد الرحمن.
وانظر «أعلام الموقعين» لابن قيم الجوزية (١/ ٢٣).