Tel est précisément l’avis qu’ils ont exposé, et tel est l’enseignement transmis par la Sunna. Il en fut ainsi à l’époque de ʿUmar et de ʿUthmān – qu’Allah les agrée –, car tous deux agrandirent la Mosquée du côté de la qibla ; ils se tenaient donc, pour les cinq prières obligatoires, dans la partie ajoutée, de même que se tenait le premier rang – rang le plus méritoire selon la Sunna et le consensus. Il s’ensuit qu’il est inadmissible de soutenir que la prière en un autre lieu serait plus vertueuse que celle accomplie dans sa Mosquée, ou de prétendre que les califes et les premiers rangs priaient ailleurs que dans la Mosquée du Messager. Je n’ai jamais entendu qu’un seul des Anciens ait divergé sur ce point. J’ai toutefois constaté que certains auteurs tardifs ont affirmé que l’extension ne faisait pas partie de la Mosquée ; je ne connais, parmi les savants, aucun prédécesseur qui ait avancé pareille opinion.
On rapporte encore que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – en agrandit l’enceinte lorsqu’il revint de Khaybar.
Abū Ghassān dit : « Plusieurs – plus d’un ou deux – parmi les gens de science dignes de confiance de cette ville m’ont informé que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – laissa, du côté de la qibla, la Mosquée dans cette construction à son tracé initial. Les colonnes s’étendaient donc de l’est jusqu’à la colonne située avant la travée quadrangulaire voisine du tombeau, celle qui possède un chapiteau saillant (1). Du côté nord, rien n’y fut ajouté ; et à l’occident, jusqu’à la colonne qui précède la travée quadrangulaire occidentale.
La preuve en est que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – accomplissait sa retraite spirituelle (iʿtikāf) à l’emplacement du Majlis des Banū ʿAbd al-Raḥmān ibn Hishām, et que ʿĀʾisha – qu’Allah l’agrée – peignait sa tête alors qu’il se trouvait chez elle, tandis qu’il était en retraite à la Mosquée.
Nous avons signalé ces points ici parce qu’il est indispensable de les connaître : la plupart des gens ignorent comment les choses se sont réellement déroulées et méconnaissent, dans bien des cas, le jugement d’Allah et de Son Messager. L’un des objectifs de cet exposé est de rappeler que, lorsque al-Walīd fit agrandir la Mosquée et y incorpora la Chambre, la quasi-totalité des Compagnons était déjà décédée ; il ne subsistait alors que ceux qui avaient rencontré le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – sans avoir atteint l’âge de discernement auquel on ordonne à l’enfant la purification et la prière.
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Ordonnez-leur la prière à sept ans, frappez-les à dix s’ils la délaissent, et séparez-les dans les lits » (2).
Il est connu de façon notoire que cet agrandissement eut lieu durant le califat d’al-Walīd ibn ʿAbd al-Malik, après quatre-vingt-et-quelques années de l’Hégire. On rapporte qu’il survint en l’an 91, et qu’ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz mit trois ans à mener ces travaux. L’an 93, appelé « l’Année des Juristes », vit la disparition d’un grand nombre de Tābiʿīn, tels Saʿīd ibn al-Musayyab et d’autres parmi les « sept jurisconsultes » (3), ainsi que Jābir ibn