La prière qui y est accomplie équivaut à mille prières, car, de même que dans la Mosquée sacrée, l’extension y partage le même statut que la partie originelle ; il est donc permis d’y effectuer le ṭawāf, lequel ne peut se faire que dans la Mosquée et non à l’extérieur. C’est pour cela que les Compagnons se sont accordés à prier au premier rang de l’agrandissement réalisé par ʿUmar, puis par ʿUthmān, et c’est sur cette base que tous les musulmans ont agi. Si cette extension n’avait pas le même statut que la Mosquée elle-même, leur prière se serait trouvée hors de celle-ci ; or ni les Compagnons ni ceux qui leur ont succédé n’auraient persisté à délaisser la Mosquée du Prophète pour un autre emplacement, ni n’auraient ordonné de le faire.
Abū Zayd rapporte : « Muḥammad ibn Yaḥyā m’a raconté – d’après une personne digne de confiance – que ʿUmar avait agrandi la Mosquée du côté de la qibla jusqu’à l’emplacement de la maqṣūra qui s’y trouve aujourd’hui. » Il dit encore : « Les habitants de notre cité ne doutent nullement que ʿUthmān – qu’Allah l’agrée – ait fixé l’orientation de la qibla à l’endroit où elle se trouve aujourd’hui, et elle n’a plus été modifiée depuis. »
Abū Zayd poursuit : « Muḥammad ibn Yaḥyā nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn ʿUthmān, d’après Muṣʿab ibn Thābit, d’après Khabbāb : un jour, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – se trouvait dans son musallā et déclara :
« Si nous agrandissions notre Mosquée »,
en faisant de la main un geste en direction de la qibla. Lorsque ʿUmar devint calife, il dit : « Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : “Si nous agrandissions notre Mosquée”, et il montra la qibla de la main. » On introduisit alors un homme qu’on fit asseoir à l’endroit même où le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – priait ; on lui fit lever puis baisser la main jusqu’à reproduire au mieux le geste du Messager d’Allah. Ils tendirent ensuite une cordelette (1), en placèrent l’extrémité dans la main de cet homme et la tirèrent, avançant et reculant, jusqu’à ce qu’ils estiment avoir atteint la direction indiquée par le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – pour l’agrandissement. ʿUmar avança alors la qibla ; l’emplacement du mur construit par ʿUmar coïncida avec les poteaux de la maqṣūra (2).
Il dit encore : « Muḥammad ibn Yaḥyā nous a rapporté, d’après Muḥammad ibn Ismāʿīl, d’après Ibn Abī Dh’īb : ʿUmar déclara : “Si la Mosquée du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – était étendue jusqu’à Dhū al-Ḥulayfa, elle en ferait toujours partie.” »
Muḥammad ibn Yaḥyā nous a rapporté, d’après Saʿd ibn Saʿīd, d’après son frère, d’après son père, d’après Abū Hurayrah, lequel a dit : le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a affirmé :
« Si cette Mosquée était bâtie jusqu’à Ṣanʿāʾ, elle resterait ma Mosquée. »
Abū Hurayrah ajoutait : « Par Allah ! Même si cette Mosquée s’étendait jusqu’au seuil de ma maison, je ne pourrais faire autrement que d’y prier. » (3)
Muḥammad nous a rapporté ; ʿAbd al-ʿAzīz m’a rapporté, d’après ʿImrān, d’après Falyḥ ibn Sulaymān, d’après Ibn Abī ʿAmrah, qu’ʿUmar agrandit la Mosquée du côté šāmī, puis déclara :
« Si nous l’agrandissions jusqu’à atteindre la jabbānah, elle serait toujours la Mosquée du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, et Allah la peuplerait d’assidus. »
Tels sont les récits transmis ; ils concordent avec les propos et la pratique des premiers imams, lesquels ont affirmé que la prière obligatoire accomplie derrière l’imām est la meilleure.
(1) al-Muqāṭ – au même poids qu’ʿImād – désigne «petit cordon fortement torsadé», comme l’atteste al-Nihāya. Voir al-Nihāya fī gharīb al-ḥadīth wa-l-athar, t. 4, p. 296.
(2) Hadith très faible ; voir al-Silsilat al-Ḍa‘īfa, n° 974.
(3) Hadith très faible ; voir al-Silsilat al-Ḍa‘īfa, n° 973.
الصلاة بألف صلاة كما أن المسجد الحرام حكم الزيادة فيه حكم المزيد فيجوز الطواف فيه، والطواف لا يكون إلا في المسجد لا خارجا منه، ولهذا اتفق الصحابة على أنّهم يصلّون في الصف الأول من الزيادة التي زادها عمر ثم عثمان، وعلى ذلك عمل المسلمين كلهم، فلولا أن حكمه حكم مسجده لكانت تلك صلاة في غير مسجده، والصحابة وسائر المسلمين بعدهم لا يحافظون على العدول عن مسجده إلى غير مسجده ويأمرون بذلك.
قال أبو زيد:
حدّثني محمد بن يحيى حدّثني من أثق به أن عمر زاد في المسجد من القبلة إلى موضع المقصورة التي هي به اليوم،
قال:
فأما الذي لا يشك فيه أهل بلدنا أن عثمان رضي الله عنه هو الذي وضع القبلة في موضعها اليوم، ثم لم تغير بعد ذلك.
قال أبو زيد:
حدّثنا محمد بن يحيى، عن محمد بن عثمان، عن مصعب بن ثابت،
عن خباب أن النبي صلى الله عليه وسلّم قال يوما وهو في مصلّاه:
«لو زدنا في مسجدنا»
وأشار بيده نحو القبلة،
فلما ولي عمر قال:
إن النبي صلى الله عليه وسلّم قال:
«لو زدنا في مسجدنا»
وأشار بيده نحو القبلة فأدخلوا رجلا مصلّى النبي صلى الله عليه وسلّم وأجلسوه، ثم رفعوا يد الرجل وخفضوها حتى إذا رأوا ذلك نحو ما رأوا أن النبي صلى الله عليه وسلّم رفع يده، ثم مدوا مقاطا
«١»
فوضعوا طرفه بيد الرجل، ثم مدوا فلم يزالوا يقدمونه ويؤخرونه حتى رأوا ذلك شبيها بما أشار رسول الله صلى الله عليه وسلّم من الزيادة فقدم عمر القبلة، فكان موضع جدار عمر في موضع عيدان المقصورة
«٢»
.
وقال:
حدّثنا محمد بن يحيى، عن محمد بن إسماعيل،
عن ابن أبي ذئب قال:
قال عمر لو مدّ مسجد النبي صلى الله عليه وسلّم إلى ذي الحليفة لكان منه.
حدّثنا محمد بن يحيى، عن سعد بن سعيد، عن أخيه، عن أبيه،
عن أبي هريرة قال:
قال رسول الله صلى الله عليه وسلّم:
«لو بني هذا المسجد إلى صنعاء كان مسجدي»
فكان أبو هريرة يقول:
«والله لو مدّ هذا المسجد إلى باب داري ما عدوت أن أصلي فيه»
«٣»
.
حدّثنا محمد حدّثني عبد العزيز، عن عمران، عن فليح بن سليمان،
عن ابن أبي عمرة قال:
زاد عمر في المسجد في شاميّة،
ثم قال:
«لو زدنا فيه حتى بلغ الجبانة كان مسجد رسول الله صلى الله عليه وسلّم وجاءه الله بعامر»
.
وهذا الذي جاءت به الآثار،
وهو الذي يدل عليه كلام الأئمة المتقدمين وعملهم فإنهم قالوا:
إن صلاة الفرض خلف الإمام أفضل.
(١) «المقاط- بوزن عماد- الحبل الصغير الشديد الفتل. كما في النهاية» (م).
انظر «النهاية في غريب الحديث والأثر» (٤/ ٢٩٦).
(٢) حديث ضعيف جدا؛ انظر «السلسلة الضعيفة» (٩٧٤).
(٣) حديث ضعيف جدا؛ انظر «السلسلة الضعيفة» (٩٧٣).