que celles des autres,
Comme il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ, d’après ʿAlî ibn al-Ḥusayn, d’après Ṣafiyyah bint Ḥuyayy – Mère des croyants –, qui a dit :
« Le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – était en retraite spirituelle (iʿtikâf). Je vins le visiter de nuit, m’entretenus avec lui, puis je me levai pour repartir ; il se leva alors avec moi pour me raccompagner (1) – ma demeure se trouvait dans la maison d’Usâmah ibn Zayd. Deux hommes parmi les Anṣâr passèrent ; lorsqu’ils virent le Prophète صلى الله عليه وسلّم, ils accélérèrent le pas. Le Prophète صلى الله عليه وسلّم leur dit :
« À votre aise ! Ce n’est que Ṣafiyyah bint Ḥuyayy. »
Ils dirent : « Gloire à Allah, ô Messager d’Allah ! »
Il ajouta :
« En vérité, Satan circule dans le fils d’Adam comme le sang ; j’ai craint qu’il ne jette dans vos cœurs un mal – ou quelque chose (2). » »
Ce ḥadîth montre donc que sa demeure se situait dans la maison d’Usâmah ibn Zayd, que le Prophète صلى الله عليه وسلّم se leva pour la reconduire jusque chez elle, et que deux hommes des Anṣâr passèrent auprès de lui. Si son logis avait été accolé à la Mosquée, rien de tout cela n’eût été nécessaire, car l’on ne risquait rien à l’intérieur de la Mosquée. Mais il sortit avec elle de la Mosquée afin de la conduire jusqu’à sa demeure, et ces deux hommes le croisèrent sur la route, non dans la Mosquée – car celle-ci n’était pas un lieu de passage la nuit. S’ils l’avaient vu à l’intérieur de la Mosquée, il n’aurait pas eu besoin de tenir ces propos ; ils le virent au contraire accompagné d’une femme hors de la Mosquée, et il prononça ces paroles afin que Satan ne fasse pas naître dans leurs cœurs quelque mauvaise suspicion qui les aurait menés à leur perte.
Quant à ce qu’on a rapporté au sujet de l’agrandissement de la Mosquée par ʿUthmân du côté šâmî, sans qu’il ait pris quoi que ce fût du secteur des ḥujrahs, il en ressort que certaines ḥujrahs n’étaient pas contiguës à la Mosquée. En effet, les gens avaient construit leurs demeures attenantes à la Mosquée avant que le Prophète صلى الله عليه وسلّم n’épouse Juwayriyyah, Ṣafiyyah et d’autres, et il n’allait certes pas déloger quelqu’un de sa maison ; il faisait donc édifier la ḥujrah du côté šâmî de la Mosquée, quand bien même elle n’y était pas collée. C’est pourquoi l’on rapporte que ʿUthmân ajouta, du côté šâmî, cinquante coudées sans toucher aux ḥujrahs, tandis qu’al-Walîd augmenta encore en prenant sur celles-ci. Les ḥujrahs, ainsi qu’ils l’ont signalé, se trouvaient du côté est et étaient attenantes ; la ḥujrah de Ḥafṣah était orientale et qiblî. La ḥujrah d’ʿÂʾishah, quant à elle, était alignée et ne dépassait pas la façade de la Mosquée, tandis que celle de Ḥafṣah débordait sur l’avant de la Mosquée ; c’est pourquoi on l’intégra lors de l’agrandissement de la Mosquée.
De même, la ḥujrah située du côté šâmî était à la fois orientale et šâmî, mais la partie šâmî n’était pas accolée à la Mosquée. C’est pour cela que certains dirent : « La ḥujrah se trouvait au sud et à l’est », sans mentionner le šâm, tandis que d’autres affirmèrent qu’elle comportait une partie šâmî ; il n’y a là aucune contradiction entre les deux propos. L’auteur du premier voulait parler de ce qui était effectivement contigu à la Mosquée ; or, ce qui se situait un peu au nord de la Mosquée demeurait également à l’est : cette ḥujrah était donc orientale-šâmî. Quant à celui qui la qualifia de šâmî, il entendait qu’elle se trouvait du côté nord-est, même si elle n’était pas attenante à la Mosquée.
Nombre de récits relevant de ce chapitre ont été considérés, à tort, comme contradictoires ; or, si vraiment ils se contredisaient, tout ce qui s’opposerait à l’authentique serait rejeté ; et si leur sens est concordant, il n’y a point de contradiction.
Par ailleurs, les traditions montrent que la règle applicable à l’extension de sa Mosquée est la même que celle de la partie originelle : la récompense y est multipliée.