D’après Buraïda, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Les juges sont de trois catégories : deux juges en Enfer et un juge au Paradis ; un homme qui juge les gens dans l’ignorance sera en Enfer, un homme qui connaît la vérité mais juge à son encontre sera en Enfer, et un homme qui connaît la vérité et juge conformément à celle-ci sera au Paradis. »
Ainsi, celui qui ignore, même s’il ne vise pas délibérément à contredire la vérité, est voué au Feu, à la différence du mujtahid au sujet duquel le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Lorsque le gouvernant exerce l’ijtihād et atteint juste, il obtient deux récompenses ; et s’il exerce l’ijtihād et se trompe, il obtient une seule récompense. »
Il reçoit donc une récompense malgré son erreur, car il a accompli un effort d’interprétation et craint Allah autant qu’il l’a pu, contrairement à celui qui statue sans science et parle sans disposer de l’ijtihād qui l’autoriserait à s’exprimer. Celui-là correspond à ce qui est rapporté dans le ḥadith d’Ibn ʿAbbās, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – :
« Quiconque parle du Coran selon son opinion, qu’il prépare sa place en Enfer. »
Et dans une autre version : « … sans science. » (1)
Dans le ḥadith de Jundub, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – :
« Quiconque parle du Coran selon son opinion, même s’il tombe juste, a fauté ; et quiconque a fauté, qu’il prépare sa place en Enfer. » (2)
Et dans les deux Ṣaḥīḥ, il est rapporté d’ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – :
« Allah ne retire pas la science en l’arrachant aux gens, mais Il la retire en reprenant les savants ; lorsque plus aucun savant ne subsistera, les gens prendront pour chefs des ignorants ; on les consultera, ils émettront des fatwas sans science ; ils s’égareront et égareront les autres. » (3)
Dans une variante rapportée par al-Bukhārī : « … et ils émettront des fatwas selon leur propre opinion. »
Cela contraste avec le mujtahid qui craint Allah autant qu’il le peut, recherche la science dans la mesure du possible, s’exprime en quête de l’Agrément d’Allah, constate la prépondérance d’une preuve sur une autre et prononce un jugement en conséquence