la tombe, et toutes deux se transmettaient la parole chacune depuis sa demeure, tant la distance qui les séparait était courte. Lorsqu’il les convia à ce marché, ils répondirent : — Nous n’en vendons rien. Il dit : — Dans ce cas, je l’intègre à la mosquée. Ils dirent : — À toi de voir, mais n’interromps pas le passage qui y mène. Il démolit alors la maison, leur concéda le passage et l’élargit pour eux jusqu’à la colonne ; auparavant, il était si étroit qu’un homme ne pouvait y passer qu’en se déhanchant. Abû Ghassân dit : Par la suite, ʿUmar négocia avec les fils de ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAwf au sujet de leur demeure ; ils refusèrent, si bien qu’il la fit abattre et l’annexa à la mosquée. ʿAbd al-Raḥmân ibn Ḥumayd rapporta : « Beaucoup de nos effets disparurent lors de cette démolition. » Il ajouta : « Il fit aussi entrer dans l’enceinte les appartements du Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — depuis le côté oriental et depuis le nord. » Abû Ghassân rapporta : ʿAbd al-ʿAzîz ibn ʿImrân m’informa, d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAbd al-ʿAzîz al-Anṣârî, d’après un cheikh de leurs affranchis qui avait connu ʿUthmân ibn Ḥunayf ; il dit : « Lorsque le Prophète — صلى الله عليه وسلّم — revint de Khaybar et ajouta la seconde construction à sa mosquée, il aligna les appartements entre la qiblah et le nord ; il n’en bâtit pas à l’ouest : ils se trouvaient hors de l’enceinte, la ceinturant de toutes parts sauf de ce côté, et leurs portes donnaient dans la mosquée. » Abû Zayd dit : Al-Qaʿnabî et Abû Ghassân nous ont rapporté, d’après Mâlik, que « les gens entraient dans les appartements des épouses du Prophète — صلى الله عليه وسلّم — et y accomplissaient la prière du vendredi après son décès ; la mosquée devenait alors trop exiguë pour ceux qui s’y trouvaient. Ces appartements n’étaient pas à l’intérieur de la mosquée, mais leurs portes ouvraient sur elle. » Abû Ghassân dit : Un informateur de la famille de ʿImrân m’a appris que l’appartement de Ḥafṣah s’étendait depuis la petite porte que l’on appelle aujourd’hui la khawkha des Banû ʿUmar jusqu’à la maison de ʿÂʾishah — où se trouve la tombe — ; l’emplacement du lit du Prophète — صلى الله عليه وسلّم — sur lequel il se reposait, dans la demeure de Ḥafṣah, se situait entre la deuxième colonne, parmi celles qui jouxtent la khawkha orientale, et la colonne suivante. Les autres appartements se succédaient à partir de la maison de ʿÂʾishah, furent prolongés jusqu’à la qiblah et le dernier d’entre eux lui faisait face. Ils étaient faits de palmes tressées recouvertes de poil, tandis que les maisons étaient en briques de terre crue (1). Abû Ghassân ajouta : Ibn Abî Fudayk me rapporta que j’interrogeai Muḥammad ibn Hilâl au sujet de la porte de la maison de ʿÂʾishah : — Où se trouvait-elle ? — Du côté nord, répondit-il. — Était-elle à deux battants ou unique ? — Unique. — En quoi était-elle faite ? — En ʿarʿar (genévrier) ou en sâj (teck) (2). Je répliquai : Les autres récits disent que ses portes étaient voilées de nattes grossières. Abû Zayd dit : Hârûn ibn Maʿrûf me rapporta — Ḍamrah ibn Rabîʿah nous rapporta, d’après ʿUthmân, d’après ʿAṭâʾ, d’après son père, d’après Saʿîd ibn al-Musayyib — qu’il déclara : « J’aurais aimé qu’ils eussent laissé pour nous la mosquée de notre Prophète dans son état originel, de même que les maisons de ses épouses — qu’Allah soit satisfait d’elles — et son minbar, afin que le visiteur arrive et en tire exhortation. » Ibn ʿAṭâʾ — le tenant de son père — rapporta : « Les maisons des épouses du Prophète — صلى الله عليه وسلّم — étaient si basses qu’un homme pouvait se dresser et toucher le plafond ; leurs toits étaient couverts de nattes de poil. » (1) Madar : mélange d’argile moulé et séché au soleil, formant des briques de terre crue. (2) ʿArʿar : genévrier ; Sâj : teck.
(1) al-madr : fragments de coton ou argile visqueuse. (2) al-ʿarʿar : le cyprès ; l’explication du terme « saj » sera fournie prochainement.
القبر، وكانتا يتهاديان الكلام وهما في منزليهما من قرب ما بينهما، فلما دعاهم إلى ذلك قالوا: ما نبيعه شيئا، قال: إذن أدخله في المسجد، قالوا: أنت وذاك فأما طريقها فلا تقطعها، فهدم البيت وأعطاهم الطريق ووسّعها لهم حتى انتهى بها إلى الأسطوانة، وكانت قبل ذلك ضيّقة بقدر ما يمر الرجل منحرفا. قال أبو غسان: ثم سام عمر بني عبد الرحمن بن عوف بدارهم فأبوا، فهدمها عليهم وأدخلها في المسجد. وقال عبد الرحمن بن حميد: فذهب لنا متاع كثير من هدمهم. قال: وأدخل حجرات النبي صلى الله عليه وسلّم مما يلي الشرق ومن الشام. وقال أبو غسان: أخبرني عبد العزيز بن عمران عن عبد الرحمن بن عبد العزيز الأنصاري عن شيخ من مواليهم أدرك عثمان بن حنيف قال: لما انصرف النبي صلى الله عليه وسلّم من خيبر وزاد في مسجده البنية الثانية ضرب الحجرات ما بين القبلة إلى الشام، ولم يضربها غربيه وكانت خارجة من المسجد مديرة به إلا من الغرب، وكانت لها أبواب في المسجد. قال أبو زيد: حدّثنا القعنبي وأبو غسان، عن مالك قال: كان الناس يدخلون حجر أزواج النبي صلى الله عليه وسلّم يصلّون فيها يوم الجمعة بعد وفاة النبي صلى الله عليه وسلّم، وكان المسجد يضيق بأهله، ولم تكن في المسجد، وكانت أبوابها في المسجد، قال أبو غسان: أخبرني مخبر من آل عمران؛ أن حجرة حفصة كانت ما بين الخوخة التي يقال لها اليوم خوخة آل عمر، إلى بيت عائشة وهو القبر، وإن موضع سرير النبي صلى الله عليه وسلّم الذي كان يضطجع عليه في بيت حفصة ما بين الأسطوانة الثانية من الأسطوانات التي تلي الخوخة الشرقية إلى الأسطوانة التي تليها، وإن سائر الحجرات كانت تواليه بعد بيت عائشة، فأتموا بها إلى القبلة وآخرها قباله وكانت من جريد عليها شعر، وكانت البيوت من مدر «١» . قال أبو غسان: أخبرني ابن أبي فديك سألت محمد بن هلال عن باب بيت عائشة أين كان؟ قال: مما يلي الشام، قلت: أكان مصراعين أم فردا؟ قال: كان فردا. قلت: مم كان؟ قال: كان من عرعر أو ساج «٢» . قلت: سائر الروايات فيها أن أبوابها مستورة بالمسوح. قال أبو زيد: حدّثني هارون بن معروف حدّثنا ضمرة بن ربيعة، عن عثمان، عن عطاء، عن أبيه، عن سعيد بن المسيب قال: وددت لو تركوا لنا مسجد نبينا على حاله وبيوت أزواجه رضي الله عنهن ومنبره ليقدم القادم فيعتبر. قال ابن عطاء: عن أبيه وكانت بيوت أزواج النبي صلى الله عليه وسلّم يقوم الرجل فيمسّ سقف البيت والحجرات سقف عليها المسوح.
(١) «المدر: قطع القطين، أو الطين العلك» (م). (٢) «العرعر: شجر السرو، وتقدم تفسير الساج قريبا» (م).