« Il n’eut ni foi ni ne fit la prière ; bien plus, il traita [le message] de mensonge et tourna le dos » (al-Qiyâmah, 31-32). Et Allah – Exalté soit-Il – dit : « Nous vous avons certes envoyé un Messager pour être témoin contre vous, tout comme Nous envoyâmes un Messager à Pharaon ; mais Pharaon désobéit au Messager, et Nous le saisîmes d’une saisie impitoyable » (al-Muzzammil, 15-16). Il dit encore : « Comment sera-ce donc lorsque Nous ferons venir de chaque communauté un témoin, et que Nous te ferons venir, toi, comme témoin contre ceux-ci ? » (an-Nisâʾ, 41). Et Il dit : « Ce jour-là, ceux qui auront mécru et désobéi au Messager souhaiteront que la terre fût nivelée sur eux » (an-Nisâʾ, 42). Allah – Très-Haut – a qualifié le Messager de « luisante lampe » (sirâjan munîran), tandis qu’Il a qualifié le soleil de « lampe ardente » (sirâjan wahhâjan). Or les gens ont davantage besoin de cette lampe lumineuse que de la lampe flamboyante : ils ont besoin de lui, secrètement comme au grand jour, nuit et jour, contrairement au soleil ardent. De plus, cette lampe lumineuse leur est plus bénéfique, car elle éclaire sans causer de nuisance, alors que la lampe ardente profite parfois et nuit d’autres fois. Puisque la nécessité qu’ont les hommes vis-à-vis du Messager – croire en lui, lui obéir, l’aimer, le prendre pour allié, le vénérer, le soutenir et le respecter – est générale en tout temps et en tout lieu, les droits qu’ils sont tenus de lui rendre sont, eux aussi, généraux et ne se limitent pas à un endroit particulier. Dès lors, quiconque réserve à sa tombe un droit spécifique fait preuve d’ignorance quant au rang du Messager – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – et quant à l’étendue des droits qu’Allah a prescrits à son égard. Quiconque se consacre à ce qu’Allah a ordonné comme obéissance au Prophète se trouve détourné, de ce fait même, des innovations prohibées liées à sa tombe ou à celle d’autrui ; à l’inverse, celui qui s’occupe de ces innovations défendues délaisse ce que le Messager a prescrit de ses droits. Son obéissance constitue donc la clé du bonheur et du salut. Quant à ceux qui se rendent en pèlerinage auprès des tombes et invoquent les morts – qu’il s’agisse des prophètes ou d’autres – ils ont désobéi au Messager et associé des partenaires au Seigneur ; ils ont manqué à l’obligation de réaliser le tawḥîd et la foi authentique au Messager, c’est-à-dire la réalisation de l’attestation qu’« il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah et que Muḥammad est le Messager d’Allah ». Tous les humains viendront, au Jour de la Résurrection, pour être interrogés au sujet de ces deux fondements : « Qui adoriez-vous ? Et que répondiez-vous aux envoyés ? » – ainsi que cela a été développé en son lieu. Le propos visé est le suivant : à l’époque des califes bien guidés – qu’Allah soit satisfait d’eux tous –, les Compagnons entraient dans la mosquée, y accomplissaient les cinq prières, invoquaient la bénédiction sur le Prophète – paix et salut d’Allah sur lui – et lui adressaient le salâm en entrant dans la mosquée ; ils n’allaient pas se tenir à côté de la ḥujrah pour y saluer. Du temps des califes bien guidés et des Compagnons, sa chambre se trouvait à l’extérieur de la mosquée, et rien ne les en séparait si ce n’est le mur. Ce n’est que sous le califat d’al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik, après la mort de la plupart des Compagnons résidant à Médine, que la chambre fut intégrée à la mosquée. L’un des derniers à décéder fut Jâbir ibn ʿAbd Allah ; il mourut sous le règne dʿAbd al-Malik, avant celui d’al-Walîd, c’est-à-dire au début des années soixante-dix [de l’Hégire], tandis qu’al-Walîd accéda au califat au début des années quatre-vingt et mourut au début des années quatre-vingt-dix. La reconstruction de la mosquée et l’insertion de la chambre s’accomplirent donc dans cet intervalle-là ¹.
(1) Al-Maʿallamî indique : voir al-Jawāb al-Bāhir, de l’auteur, pages 9, 26 et 59.
صَدَّقَ وَلا صَلَّى وَلكِنْ كَذَّبَ وَتَوَلَّى [القيامة: ٣١ - ٣٢] وقال تعالى: إِنَّا أَرْسَلْنا إِلَيْكُمْ رَسُولًا شاهِداً عَلَيْكُمْ كَما أَرْسَلْنا إِلى فِرْعَوْنَ رَسُولًا فَعَصى فِرْعَوْنُ الرَّسُولَ فَأَخَذْناهُ أَخْذاً وَبِيلًا [المزمل: ١٥ - ١٦] . وقال تعالى: فَكَيْفَ إِذا جِئْنا مِنْ كُلِّ أُمَّةٍ بِشَهِيدٍ وَجِئْنا بِكَ عَلى هؤُلاءِ شَهِيداً [النساء: ٤١] . وقال تعالى: يَوْمَئِذٍ يَوَدُّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَعَصَوُا الرَّسُولَ لَوْ تُسَوَّى بِهِمُ الْأَرْضُ [النساء: ٤٢] والله تعالى قد سمّاه سراجا منيرا، وسمى الشمس سراجا وهاجا، والناس إلى هذا السراج المنير أحوج منهم إلى السراج الوهاج، فإنهم محتاجون إليه سرا وعلانية، ليلا ونهارا، بخلاف الوهّاج، وهو أنفع لهم فإنه منير ليس فيه أذى؛ بخلاف الوهّاج فإنه ينفع تارة ويضر أخرى. ولما كانت حاجة الناس إلى الرسول والإيمان به، وطاعته ومحبته، وموالاته وتعظيمه، وتعزيره وتوقيره، عامة في كل زمان ومكان؛ كان ما يؤمر به من حقوق عاما لا يختص بغيره، فمن خصّ قبره بشيء من الحقوق كان جاهلا بقدر الرسول صلى الله عليه وسلّم وقدر ما أمر الله به من حقوقه. وكل من اشتغل بما أمر الله به من طاعته شغله ذلك عما نهى عنه من البدع المتعلقة بقبره وقبر غيره، ومن اشتغل بالبدع المنهيّ عنها ترك ما أمر به الرسول من حقه، فطاعته هي مناط السعادة والنجاة. والذين يحجّون إلى القبور ويدعون الموتى من الأنبياء وغيرهم عصوا الرسول وأشركوا بالرب، ففاتهم ما أمروا به من تحقيق التوحيد والإيمان بالرسول، وهو تحقيق شهادة أن لا إله إلا الله وأن محمدا رسول الله، وجميع الخلق يأتون يوم القيامة فيسألون عن هذين الأصلين: «ماذا كنتم تعبدون، وبماذا أجبتم المرسلين؟» كما بسط هذا في موضعه. والمقصود؛ أن الصحابة كانوا في زمن الخلفاء الراشدين رضي الله عنهم أجمعين يدخلون المسجد ويصلّون فيه الصلوات الخمس، ويصلّون على النبي صلى الله عليه وسلّم ويسلمون عليه عند دخول المسجد، ولم يكونوا يذهبون يقفون إلى جانب الحجرة ويسلّمون هناك، وكانت على عهد الخلفاء الراشدين والصحابة حجرته خارجة عن المسجد ولم يكن بينهم وبينه إلا الجدار. ثم إنه إنما أدخلت الحجرة في المسجد في خلافة الوليد بن عبد الملك بعد موت عامة الصحابة الذين كانوا بالمدينة، وكان من آخرهم موتا جابر بن عبد الله وهو توفي في خلافة عبد الملك قبل خلافة الوليد، فإنه توفي سنة بضع وسبعين، والوليد تولى سنة بضع وثمانين، وتوفي سنة بضع وتسعين. فكان بناء المسجد وإدخال الحجرة فيه فيما بين ذلك «١» .
(١) قال المعلّمي: انظر «الجواب الباهر» «للمؤلف ص ٩ و٢٦ و٥٩».