Aḥmad ibn Ḥanbal a également rapporté, dans le Manasik d’al-Marwadhî, un récit analogue à ce qui est relaté d’Ibn ʿUmar, d’Ibn al-Musayyib et de Yaḥyâ ibn Saʿîd. Tout cela montre que la chose est permise et qu’elle fait partie de ce qu’accomplirent certains Compagnons. On ne saurait donc prétendre qu’il y a consensus de leur part sur son abandon ; celui qui l’accomplit en suivant l’exemple de quelques Anciens n’a rien innové de lui-même. En revanche, affirmer que le Messager – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – a invité à cet acte, l’a encouragé et l’a élevé au rang d’adoration et d’obéissance légiférée requiert une preuve légale ; le simple fait que quelques prédécesseurs l’aient pratiqué n’y suffit pas. Il n’est pas permis non plus de dire qu’Allâh et Son Messager aiment ou détestent cet acte, qu’ils l’ont institué et prescrit, ou qu’ils l’ont interdit et réprouvé, sans disposer d’un argument qui l’établisse, surtout lorsqu’il est avéré que la plupart des Compagnons ne le faisaient pas. Car si réellement le Prophète les y avait conviés et l’avait aimé pour eux, ils l’auraient mis en pratique, eux qui étaient les plus empressés vers le bien. Les exemples de ce type sont nombreux, et Allâh sait mieux. Il arrive qu’un croyant choisisse de prier ou d’invoquer à tel endroit plutôt qu’à tel autre, parce que son cœur s’y rassemble et qu’il y atteint davantage d’humilité, sans pour autant penser que le Législateur ait conféré à ce lieu une excellence particulière ; c’est le cas, par exemple, de celui qui prie chez lui. Tant que cela n’est pas interdit, il n’y a aucun mal à agir ainsi ; pour cette personne, c’est même recommandé, sa dévotion y étant meilleure. De même, lorsque des fidèles prient derrière un imâm qu’ils aiment, leur prière est préférable à celle qu’ils accompliraient derrière un imâm qu’ils n’aiment pas. Il se peut aussi qu’une œuvre de moindre mérite soit, pour certains, meilleure, parce qu’elle leur est plus profitable et plus désirable, ou plus chère à leur cœur qu’une œuvre supérieure qu’ils ne peuvent réaliser ou qui ne leur est pas accessible. Cela varie donc selon les personnes et se distingue des actes dont la supériorité de genre est confirmée par la Sharîʿah ; en effet, les textes établissent que la prière est l’œuvre la plus méritoire, puis vient la récitation du Coran, puis le rappel (dhikr). Cependant, l’œuvre moins méritoire accomplie dans son temps ou son lieu opportun surpasse l’œuvre plus noble effectuée hors de son cadre : ainsi, le dhikr, l’invocation et la lecture après la prière de l’aube et après celle du ʿAsr priment sur la prière qui est interdite à ces moments-là ; le tasbîḥ en rukūʿ et en sujūd l’emporte sur la récitation, car il est défendu de réciter le Coran en inclinaison ou en prosternation ; l’invocation à la fin de la prière prévaut sur la récitation à cet instant, puisqu’il s’agit du lieu de l’invocation. Les exemples sont nombreux, et leur développement appartient à une autre étude. Ce que l’on veut établir ici, c’est que toute pratique déclarée « recommandée pour la communauté », que l’on prétend que le Messager a encouragée, doit impérativement être étayée par une preuve ; rien ne doit être attribué au Messager sinon ce qui émane effectivement de lui. C’est ce Messager en qui Allâh a rendu obligatoire la foi, l’obéissance et le suivi pour l’ensemble des créatures ; Il a imposé de tenir pour obligatoire ce qu’il a rendu obligatoire, d’interdire ce qu’il a interdit et d’adopter ce qu’il a légiféré. Par lui, Allâh a distingué la guidée de l’égarement, la rectitude de la déviance, le vrai du faux, le bien du blâmable. Allâh a témoigné qu’il appelle à Lui par Sa permission et qu’il guide vers une voie droite, et qu’il se tient lui-même sur une voie droite. Le Seigneur a encore fait de l’obéissance au Prophète une obéissance envers Lui, comme dans Sa parole : « Quiconque obéit au Messager a certes obéi à Allâh » (an-Nisâʾ, 80), et dans Sa parole : « Nous n’avons envoyé de Messager que pour qu’il soit obéi, par la permission d’Allâh » (an-Nisâʾ, 64).
وقد ذكر أحمد بن حنبل أيضا في منسك المروذي نظير ما نقل عن ابن عمر وابن المسيب ويحيى بن سعيد، وهذا كله يدل على التسويغ، وأن هذا مما فعله بعض الصحابة، فلا يقال: الفقد إجماعهم على تركه؛ بحيث يكون فعل من فعل ذلك اقتداء ببعض السلف لم يبتدع هو شيئا من عنده، وأما أن يقال: إن الرسول ندب إلى ذلك ورغّب فيه، وجعله عبادة وطاعة يشرع فعلها؛ فهذا يحتاج إلى دليل شرعي، لا يكفي في ذلك فعل بعض السلف. ولا يجوز أن يقال: إن الله ورسوله يحبّ ذلك أو يكرهه، وإنه سنّ ذلك وشرعه، أو نهى عن ذلك وكرهه، ونحو ذلك إلا بدليل يدل على ذلك، لا سيما إذا عرف أن جمهور أصحابه لم يكونوا يفعلون ذلك؛ فيقال: لو كان هو ندبهم إلى ذلك وأحبه لهم لفعلوه، فإنهم كانوا أحرص الناس على الخير. ونظائر هذا متعددة، والله أعلم. والمؤمن قد يتحرّى الصلاة أو الدعاء في مكان دون مكان لاجتماع قلبه فيه وحصول خشوعه فيه، لا لأنه يرى أن الشارع فضّل ذلك المكان؛ كصلاة الذي يكون في بيته ونحو ذلك. فمثل هذا إذا لم يكن منهيا عنه لا بأس به، ويكون ذلك مستحبا في حق ذلك الشخص لكون عبادته فيه أفضل، كما إذا صلّى القوم خلف إمام يحبونه كانت صلاتهم أفضل من أن يصلوا خلف من هم له كارهون، وقد يكون العمل المفضول في حق بعض الناس أفضل، لكونه أنفع له وكونه أرغب فيه، وهو أحبّ إليه من عمل أفضل منه لكونه يعجز عنه أو لم يتيسر له، فهذا يختلف بحسب اختلاف الأشخاص، وهو غير ما ثبت فضل جنسه بالشرع؛ كما ثبت أن الصلاة أفضل، ثم القراءة، ثم الذكر بالأدلة الشرعية، مع أن العمل المفضول في مكانه هو أفضل من الفاضل في غير مكانه، كفضيلة الذكر والدعاء والقراءة بعد الفجر والعصر، على الصلاة المنهيّ عنها في هذا الوقت، وكفضيلة التسبيح في الركوع والسجود على القراءة لأنه نهى أن يقرأ القرآن راكعا أو ساجدا، وكفضيلة الدعاء في آخر الصلاة على القراءة هناك لأنه موطن الدعاء، ونظائره متعددة، وبسط هذا له موضع آخر. ولكن المقصود هنا أن يعلم أن ما قيل إنه مستحبّ للأمة قد ندبهم إليه الرسول ورغّبهم فيه، فلا بدّ له من دليل يدل على ذلك، ولا يضاف إلى الرسول إلا ما صدر عنه، والرسول هو الذي فرض الله على جميع الخلق الإيمان به، وطاعته، واتباعه، وإيجاب ما أوجبه، وتحريم ما حرّمه، وشرع ما شرّعه، وبه فرق الله بين الهدى والضلال، والرشاد والغي، والحق والباطل، والمعروف والمنكر، وهو الذي شهد الله له بأنه يدعو إليه بإذنه ويهدي إلى صراط مستقيم، وأنه على صراط مستقيم. وهو الذي جعل الرب طاعته طاعة له، في مثل قوله تعالى: مَنْ يُطِعِ الرَّسُولَ فَقَدْ أَطاعَ اللَّهَ [النساء: ٨٠] وقوله تعالى: وَما أَرْسَلْنا مِنْ رَسُولٍ إِلَّا لِيُطاعَ بِإِذْنِ اللَّهِ [النساء: ٦٤]