Par l’expression « visite de sa tombe », on entend en réalité cette venue ; en vérité, ils ne désiraient que voyager jusqu’à sa Mosquée pour y formuler la prière et le salut sur lui et pour y faire son éloge. Pourtant, selon l’usage qu’ils avaient pris, ils appelèrent cela « visite de sa tombe ». Si toutefois ils avaient suivi la démarche de vérification qu’empruntèrent les Compagnons et leurs successeurs, ils n’auraient jamais qualifié cette pratique de visite de sa tombe ; il ne s’agit que d’une visite de sa Mosquée, au cours de laquelle on lui adresse la prière et le salut, on invoque pour lui et on fait son éloge dans sa Mosquée, que le tombeau s’y trouve ou non. Plus tard, nombre de savants postérieurs, lorsqu’ils entendirent des ḥadiths relatifs à la visite de sa tombe, crurent que ces traditions – ou certaines d’entre elles – étaient authentiques. De l’ambiguïté des termes et de la transmission de ces récits fabriqués est née l’erreur de ceux qui ont jugé recommandé de voyager dans le seul but de visiter le tombeau. Or, pareille affirmation n’est rapportée d’aucun Imâm des musulmans ; et quand bien même un savant l’aurait formulée, elle ne constituerait qu’une troisième opinion dans cette question. En effet, les avis des gens au sujet du voyage pour la seule visite des tombes sont deux : l’interdiction et la permission. S’il s’avère qu’un savant mujtahid – dont l’avis compte dans le consensus – juge cela recommandé, on se retrouve alors avec trois opinions ; il reste dès lors à revenir au Livre et à la Sunna, conformément à la parole du Très-Haut : « Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. Puis, si vous divergez en quelque chose, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Cela est bien meilleur et d’une plus belle interprétation. » [An-Nisâʾ : 59]. Cela démontre la faiblesse de l’argument de ceux qui distinguent entre celui qui quitte Médine et celui qui y arrive, entre l’étranger qui se rend à sa Mosquée et celui qui en repart. Il est en effet inconcevable d’affirmer qu’il répondrait à ceux-là et ne répondrait pas aux habitants de Médine qui y résident ; or, ces derniers sont meilleurs que les visiteurs et les plus proches de la cité, et c’est à eux qu’il s’adressait. Il est donc impossible que le sens soit : « Si l’un de vous, ô habitants de Médine, me salue, je ne lui répondrai pas tant qu’il demeurera résident ! » Car leur séjour est la situation la plus fréquente, et le ḥadith ne comporte aucune restriction ni rien, dans les dires du Prophète ﷺ, qui l’indique. La preuve en est que, lorsque l’appartement (la ḥujra) était ouvert et que l’on entrait auprès de ʿĀʾisha pour certaines affaires afin de lui présenter le salut, il ne répondait que lorsqu’on le saluait. Si l’on prétend qu’il ne leur répondait pas, on rend alors le ḥadith inopérant. S’il est avancé qu’il leur répondait depuis l’intérieur mais non lorsque le salut provenait de l’extérieur, la différence apparaît clairement. Et si l’on dit qu’il répond à tout le monde, alors : si sa réponse n’implique pas la recommandation de ce salut, l’argument tiré du ḥadith s’effondre ; mais si sa réponse implique la recommandation et qu’elle concerne celui qui salue de l’extérieur, il faudrait en conclure qu’il est recommandé aux habitants de Médine de saluer chaque fois qu’ils entrent ou sortent de la Mosquée, ce qui contredit le consensus des Compagnons et de leurs successeurs bien guidés, ainsi que l’opinion de ceux qui établissent ladite distinction. Parmi les habitants de Médine, certains ne voyagent jamais, ou ne voyagent que pour le ḥajj, tandis qu’un visiteur peut séjourner dans la cité dix jours ou un mois ; celui-ci recevrait alors une réponse à son salut dix fois ou plus en une seule journée et une seule nuit, chaque fois qu’il entre
يقصد بزيارة قبره هذه الزيارة، وإنما أرادوا السفر إلى مسجده والصلاة والسلام عليه والثناء عليه هناك، لكن سموا هذا زيارة لقبره كما اعتادوه. ولو سلكوا مسلك التحقيق الذي سلكه الصحابة ومن تبعهم لم يسمّوا هذا زيارة لقبره، وإنما هو زيارة لمسجده وصلاة وسلام عليه، ودعاء له وثناء عليه في مسجده، سواء كان القبر هناك أو لم يكن. ثم كثير من المتأخرين لما رويت أحاديث في زيارة قبره ظن أنها أو بعضها صحيح، فتركّب من إجمال اللفظ ورواية هذه الأحاديث الموضوعة غلط من غلط في استحباب السفر لمجرد زيارة القبر، وإلا فليس هذا قولا منقولا عن إمام من أئمة المسلمين. وإن قدر أنه قاله بعض العلماء كان هذا قولا ثالثا في هذه المسألة. فإن الناس في السفر لمجرد زيارة القبور لهم قولان: النهي والإباحة. فإذا كان قول من عالم مجتهد ممن يعتدّ به في الإجماع إن ذلك مستحبّ صارت الأقوال ثلاثة، ثم ترجع إلى الكتاب والسنة، كما قال تعالى: يا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَطِيعُوا اللَّهَ وَأَطِيعُوا الرَّسُولَ وَأُولِي الْأَمْرِ مِنْكُمْ فَإِنْ تَنازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ إِنْ كُنْتُمْ تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ذلِكَ خَيْرٌ وَأَحْسَنُ تَأْوِيلًا [النساء: ٥٩] . والمقصود؛ أن هذا كلّه يبيّن ضعف حجّة المفرّق بين الصادر من المدينة والوارد عليها، والوارد على مسجده من الغرباء، والصادر عنه، وذلك أنه يمتنع أن يقال: إنه يرد على هؤلاء ولا يرد على أحد من أهل المدينة المقيمين فيها، فإن أولئك هم أفضل منه وخواصها؛ وهم الذين خاطبهم بهذا، فيمتنع أن يكون المعنى: من سلّم منكم يا أهل المدينة لم أردّ عليه ما دمتم مقيمين بها! فإن المقام بها هو غالب أوقاتهم، وليس في الحديث تخصيص، ولا روي عن النبي صلى الله عليه وسلّم ما يدل على ذلك. يبين هذا؛ أن الحجرة لما كانت مفتوحة وكانوا يدخلون على عائشة لبعض الأمور ويسلّمون عليه، إنما كان يردّ عليهم إذا سلموا. إن قيل: إنه لم يكن يرد عليهم فهذا تعطيل للحديث. وإن قيل: كان يرد عليهم من هناك ولا يرد إذا سلّموا من خارج؛ فقد ظهر الفرق. وإن قيل: بل هو يرد على الجميع؛ فحينئذ إن كان رده لا يقتضي استحباب هذا السلام بطل الاستدلال به، وإن كان رده يقتضي الاستحباب وهو من سلّم من خارج؛ لزم أن يستحب لأهل المدينة السلام كلما دخلوا المسجد وخرجوا، وهو خلاف ما أجمع عليه الصحابة والتابعون لهم بإحسان؛ وخلاف قول المفرّقين. ومن أهل المدينة من قد لا يسافر منها أو لا يسافر إلا للحج، والقادم قد يقيم بالمدينة العشر والشهر، فهذا يرد عليه في اليوم والليلة عشر مرات وأكثر، كلما دخل