C’est pourquoi la plupart des manuels de fiqh abrégés que l’on apprend par cœur ne comportent aucune recommandation de la visite de sa tombe, alors même qu’ils traitent des dispositions propres à Médine. Seuls quelques-uns l’évoquent, et ceux qui le font l’expliquent, comme il a été vu, par le fait de se rendre à sa Mosquée.
Or, s’il s’était agi d’une Sunna notoire, pratiquée par sa communauté depuis l’époque des Compagnons et des Successeurs, sa mention aurait été largement répandue parmi les savants musulmans à toutes les époques, tout comme l’est l’invocation de la prière et du salut sur lui, ou le rappel de sa Mosquée et du mérite de la prière qui s’y accomplit. Il n’est guère d’ouvrage de ḥadîth ou de fiqh qui ne contienne l’invocation de la prière et du salut sur lui, ainsi que la mention des mérites de sa cité et de la prière dans sa Mosquée.
Ainsi, lorsque les contradicteurs en cette question ont voulu se référer à la Sunna du Messager — paix et salut d’Allah sur lui —, à celle de ses califes et à la pratique de ses Compagnons, aucun d’eux n’a pu produire à cet effet un ḥadîth authentique ; tout ce qu’ils ont présenté n’est qu’une tradition faible, voire complètement fabriquée. Ils ne disposent d’aucun récit des Compagnons ni d’aucune parole des Imâms de l’islam. Personne ne saurait rapporter d’un seul Imâm qu’il ait jugé recommandable de voyager dans le seul but de visiter des tombes, ni même de visiter uniquement les tombes des prophètes et des pieux, ni encore de voyager pour visiter sa tombe sans prier dans sa Mosquée. De fait, nombre de compilations — les ouvrages de base tels que les Deux Ṣaḥîḥ, les Musnads des Imâms et autres — ne mentionnent que la Mosquée et la prière qui s’y accomplit.
Ces mêmes recueils comportent la mention du salut adressé près de la Chambre, comme il a été rapporté d’Ibn ʿUmar et compris de ses propos ; certains y emploient la formulation « visite de sa tombe et prière dans sa Mosquée » ; d’autres encore se contentent de l’expression « visite de sa tombe », qu’ils expliquent par le fait de se rendre à sa Mosquée, d’y prier et d’y adresser le salut.
Quant à une affirmation explicite du caractère recommandé du voyage ayant pour seul objectif la visite de sa tombe, indépendamment de sa Mosquée, je n’en ai trouvé trace chez aucun Imâm des musulmans ni chez aucun de leurs savants. Tout au plus, celui qui prétend le contraire s’appuie-t-il sur une parole vague émise par quelque auteur postérieur ; or ce même auteur a pu déclarer ailleurs qu’on ne voyage qu’aux trois mosquées, ou que tout autre voyage est proscrit. Une lecture globale de ses propos révèle alors qu’il n’a pas recommandé le voyage pour la seule tombe, mais bien pour la Mosquée.
On pourra objecter : « Les paroles de certains laissent clairement entendre que le voyage pour la seule visite est recommandé. » — On répond : cette impression ne provient que du fait que l’auditeur comprend l’expression « visite de sa tombe » comme on comprend la visite des autres tombes.
Ainsi, celui qui dit : « Il est recommandé de visiter sa tombe comme il est recommandé de visiter les autres tombes », et qui l’énonce sans restriction, implique par là même que le voyage pour la seule tombe est recommandé, car les pèlerins et autres ne peuvent visiter sa tombe qu’en voyageant. Or il est établi que la visite usuelle des tombes est impossible en ce qui concerne la sienne ; elle ne relève donc ni de ce qui est réalisable ni de ce qui est ordonné. Il s’ensuit qu’il est exclu qu’aucun savant
ولهذا أكثر كتب الفقه المختصرة التي تحفظ ليس فيها استحباب زيارة قبره، مع ما يذكرونه من أحكام المدينة، وإنما يذكر ذلك قليل منهم، والذين يذكرون ذلك يفسّرونه بإتيان المسجد كما تقدم.
ومعلوم أنه لو كان هذا من سنته المعروفة عند أمته المعمول بها من زمن الصحابة والتابعين لكان ذكر ذلك مشهورا عند علماء الإسلام في كل زمان، كما اشتهر ذكر الصلاة عليه والسلام عليه، كما اشتهر عندهم ذكر مسجده وفضل الصلاة فيه، فلا يكاد يعرف مصنّف للمسلمين في الحديث والفقه إلا وفيه ذكر الصلاة والسلام عليه، وذكر فضل مدينته والصلاة في مسجده.
ولهذا لما احتاج المنازعون في هذه المسألة إلى ذكر سنة الرسول عليه الصلاة والسلام وسنة خلفائه وما كان عليه أصحابه؛ لم يقدر أحد منهم على أن يستدلّ في ذلك بحديث منقول عنه إلا وهو حديث ضعيف؛ بل موضوع مكتوب. وليس معهم بذلك نقل عن الصحابة ولا عن أئمة المسلمين، فلا يقدر أحد أن ينقل عن إمام من أئمة المسلمين أنه قال يستحبّ السفر إلى مجرّد زيارة القبور، ولا السفر إلى مجرد زيارة قبور الأنبياء والصالحين، ولا السفر لمجرد زيارة قبره بدون الصلاة في مسجده، بل كثير من المصنفات ليس فيها إلا ذكر المسجد والصلاة فيه، وهي الأمهات؛ كالصحيحين ومسانيد الأئمة، وغيرهما.
وفيها ما فيه ذكر السلام عند الحجرة، كما جاء عن ابن عمر، وكما فهموه من قوله، ومنها ما يذكر فيه لفظ زيارة قبره والصلاة في مسجده، وفيها ما يطلق فيه زيارة قبره ويفسر ذلك بإتيان مسجده والصلاة فيه والسلام عليه فيه.
وأما التصريح باستحباب السفر لمجرد زيارة قبره دون مسجده فهذا لم أره عن أحد من أئمة المسلمين، ولا رأيت أحدا من علمائهم صرّح به، وإنما غاية الذي يدّعي ذلك أنه يأخذه من لفظ مجمل قاله بعض المتأخرين. مع أن صاحب ذلك اللفظ قد يكون صرّح بأنه لا يسافر إلا إلى المساجد الثلاثة، أو أن السفر إلى غيرها منهيّ عنه، فإذا جمع كلامه علم أن الذي استحبّه ليس هو السفر لمجرد القبر بل للمسجد.
ولكن قد يقال:
إن كلام بعضهم ظاهر في استحباب السفر لمجرد الزيارة.
فيقال:
هذا الظهور إنما كان لما فهم المستمع من زيارة قبره ما يفهم من زيارة سائر القبور.
فمن قال:
إنه يستحبّ زيارة قبره كما يستحبّ زيارة سائر القبور، وأطلق هذا؛ كان ذلك متضمنا لاستحباب السفر لمجرّد القبر، فإن الحجّاج وغيرهم لا يمكنهم زيارة قبره إلا بالسفر إليه، لكن قد علم أن الزيارة المعهودة من القبور ممتنعة في قبره فليست من العمل المقدور ولا المأمور به، فامتنع أن يكون أحد من العلماء