Il a dit vrai, et il n’existe aucune preuve tirée du Livre d’Allah ni de la Sunna de Son Messager ; bien au contraire, le Livre, la Sunna, le consensus des pieux prédécesseurs, des imâms réputés et d’autres encore, s’opposent à ce qu’ils ont imaginé. En réalité, l’unanimité des gens de science dont on rapporte les paroles lorsqu’il est question de consensus ou de divergence s’inscrit à l’encontre de l’« accord » que ces égarés se sont figurés, et plusieurs chapitres ont été consacrés à ce sujet. Le point qui nous préoccupe ici est qu’on m’a fait parvenir l’écrit de ce juge et qu’on m’a fait jurer par Allah de le commenter, afin que le public prenne conscience de l’ignorance de ceux qui parlent de la religion sans science. On a, en effet, relevé dans ses propos une somme d’ignorance, de mensonge et d’égarement qu’on n’imaginerait pas chez le plus humble des savants conscients de leurs paroles ; que dire alors de celui qu’on a gratifié du titre de « Qāḍī al-Quḍāt¹ » ! [La personne réfutée possède certes une part de religion, mais entachée d’ignorance et de mauvaise compréhension] La lecture de ses propos m’a montré qu’il possède effectivement une certaine religiosité, comme beaucoup de gens, mais associée à l’ignorance, à la mauvaise compréhension et à une science réduite. Il peut ainsi ignorer la religion même du Messager auquel il croit, et vouer à l’anathème celui qui s’en tient à la parole du Prophète, agrée son information et obéit à son ordre. L’un d’eux peut également ignorer l’école à laquelle il se réclame, tout comme il ignore l’école de Mālik et celles des autres imâms musulmans, au nombre de quatre et au-delà. Quant à la question débattue – celle à laquelle j’ai répondu –, elle figure, avec ses deux avis, dans les ouvrages des disciples d’al-Shāfi‘ī, d’Aḥmad et d’autres. L’opinion d’Abū Ḥanīfa est, à ce propos, plus catégorique encore que celle d’al-Shāfi‘ī et d’Aḥmad ; on la retrouve abondamment dans les écrits de Mālik et de ses compagnons, qu’ils soient concis ou volumineux. Mālik lui-même a explicitement affirmé que la tombe de notre Prophète Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue – est, à titre particulier, comprise dans ce ḥadith. Bien que de nombreux juristes s’expriment en termes généraux, leur argumentation à partir du ḥadith, comme d’autres preuves, montre qu’ils visaient l’universalité ; de même, l’explication qu’ils donnent du fondement de la question implique la généralité. En somme, ce contestataire et ses semblables n’ont pas connaissance des propos de leurs propres imâms et de leurs disciples, ni de ceux des autres savants musulmans ; ils ignorent la Sunna du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, la Sunna de ses califes bien guidés, ainsi que la pratique des Compagnons et de ceux qui les ont suivis avec excellence. De plus, cet adversaire a attribué à ma réponse ce qu’elle ne contient pas ; il est pourtant notoire, transmis de façon récurrente, que mes positions, dans tous mes ouvrages et mes propos, sont tout autres. Il n’existe dans cette réponse rien qui corrobore son interprétation ; elle exprime même le contraire. Il s’agit soit d’un mensonge délibéré, soit d’une incompréhension mêlée de mauvais soupçons et de passions – hypothèse la plus probable. En vérité, certaines personnes possèdent une part de religion, mais sont d’une ignorance profonde : elles parlent sans science, se trompent, et rapportent les faits autrement qu’ils ne sont, leurs paroles n’étant pas conformes à la réalité. Quiconque aborde la religion sans l’ijtihād qui l’y autorise et se trompe, est un menteur pécheur, ainsi que l’a déclaré le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dans le ḥadith rapporté dans les Sunan concernant
(1) Voir la désignation «qâdi al-qudât» dans al-Muʿjam al-Manâhî al-Lafẓiyya de cheikh Bakr Abû Zayd, p. 195-196.
صدق، ولا حجة من كتاب الله ولا سنة رسوله، بل الكتاب والسنة وإجماع السلف والأئمة المشهورون وغيرهم على خلاف ما ظنوه، فإجماع أهل العلم الذين تحكى أقوالهم في مسائل الإجماع والنزاع هو على خلاف ما ظنه الغالطون إجماعا وجرت في ذلك فصول. لكن المقصود هنا أنه أرسل إليّ ما كتبه هذا القاضي وأقسم بالله عليّ أن أكتب عليه شيئا ليظهر للناس جهل مثل هؤلاء الذين يتكلمون في الدين بغير علم، وذلك أنهم رأوا في كلامه من الجهل والكذب والضلال ما لا يظن أن يقع فيه آحاد العلماء الذين يعرفون ما يقولون فكيف بمن سمّي: «قاضي القضاة» «١» ! [المردود عليه عنده شيء من الدين لكن مع جهل وسوء فهم] ورأيت كلامه يدل على أن عنده نوعا من الدين، كما عند كثير من الناس نوع من الدين، لكن مع جهل وسوء فهم وقلة علم، حتى قد يجهل دين الرسول الذي هو يؤمن به ويكفّر من قال بقول الرسول وصدّق خبره وأطاع أمره، وقد يجهل أحدهم مذهبه الذي انتسب إليه، كما قد يجهل مذهب مالك وغيره من أئمة المسلمين الأربعة وغيرهم، فإن هذه المسألة التي فيها النزاع وهي التي أجبت فيها وإن كانت في كتب أصحاب الشافعي وأحمد وغيرهما، وقد ذكروا القولين. وأبو حنيفة مذهبه في ذلك أبلغ من مذهب الشافعي وأحمد، فهي في كلام مالك وأصحابه أكثر، وهي موجودة في كتبهم الصغار والكبار، ومالك نفسه نص على قبر نبينا محمد صلى الله عليه وسلّم بخصوصه أنه داخل في هذا الحديث، بخلاف كثير من الفقهاء، فإن كلامهم عام، لكن احتجاجهم بالحديث وغيره يبين أنهم قصدوا العموم، وكذلك بيانهم لمأخذ المسألة يقتضي العموم. فهذا المعترض وأمثاله لا عرفوا ما قاله أئمتهم وأصحاب أئمتهم، ولا ما قاله بقية علماء المسلمين، ولا عرفوا سنة رسول الله صلى الله عليه وسلّم، وسنة خلفائه الراشدين، ولا ما كان يفعله الصحابة والتابعون لهم بإحسان. ونقل هذا المعارض عن الجواب ما ليس فيه، بل المعروف المتواتر عن المجيب في جميع كتبه وكلامه بخلافه، وليس في الجواب ما يدلّ عليه بل على نقيض ما قاله. وهذا إما أن يكون عن تعمّد للكذب، أو عن سوء فهم مقرون بسوء الظن وما تهوى الأنفس، وهذا أشبه الأمرين به، فإن من الناس من يكون عنده نوع من الدين؛ لكن مع جهل عظيم، فهؤلاء يتكلم أحدهم بلا علم؛ فيخطئ، ويخبر عن الأمور بخلاف ما هي عليه خبرا غير مطابق، ومن تكلم في الدين بغير الاجتهاد المسوغ له الكلام وأخطأ فإنه كاذب آثم، كما قال النبي صلى الله عليه وسلّم في الحديث الذي في السنن عن
(١) انظر حول تسمية (قاضي القضاة) «معجم المناهي اللفظية» للشيخ بكر أبو زيد ص ١٩٥ - ١٩٦.