Il n’y figure donc ni encouragement pour celui qui salue, ni mention d’une récompense qui lui serait destinée, contrairement à la prière et à la salutation prescrites. En effet, il a été promis que quiconque prie sur lui une fois, Allah prie sur cette personne dix fois, et quiconque le salue reçoit la même faveur. Ces deux actes sont bel et bien ordonnés, et toute prescription accomplie est louable, reconnue et rétribuée.
Quant à cette parole :
« Il n’est pas un homme qui passe devant la tombe d’un autre homme et le salue sans qu’Allah ne lui rende son âme afin qu’il lui réponde au salut ; et il n’est pas un musulman qui me salue sans qu’Allah ne me restitue mon âme afin que je lui réponde au salut »,
ce hadith ne contient qu’une louange pour celui qui est salué ; il informe qu’il entend le salut et qu’il le rend, rétribuant ainsi celui qui l’a salué. Par cette réponse, l’équivalence est réalisée et aucun surcroît de mérite ne demeure en faveur de celui qui salue, comme l’a dit le Très-Haut :
« Et lorsque vous êtes salués d’un salut, répondez par un meilleur que celui-ci ou rendez-le » (An-Nisâ’, 86).
Répondre relève donc de la justice ordonnée et constitue un devoir pour tout musulman lorsque son salut est légitime.
Il en va de même pour cette parole :
« Quiconque nous sollicite, nous lui accordons, et quiconque ne nous sollicite pas nous est plus cher » (1).
C’est là une simple information indiquant qu’il donne à celui qui demande ; ce n’est nullement un ordre de demander, même si le salut diffère de la requête. Cette formulation ne fait que louer celui qui répond, tandis que le statut de celui qui salue dépend d’une preuve spécifique. Or, puisqu’il est prescrit aux habitants de sa ville de ne pas s’arrêter devant la Chambre pour le saluer, on sait avec certitude que le hadith n’encourage pas cette pratique.
(1) Ce hadith est rapporté dans ces termes par Ibn Abî ad-Dunyâ dans al-Qanâ‘ah (p. 76) et par al-Ḥârith ibn Abî Usâmah dans son Musnad, d’après al-Ithâf (t. 9, p. 305). Al-‘Irâqî, dans al-Mughni ‘an Ḥaml al-Asfâr (n° 3976), commente : « On y trouve Ḥassin ibn Hilâl [sic ; la forme correcte est Hilâl ibn Ḥassin]. Je n’ai relevé aucune critique à son égard, et tous les autres narrateurs sont des thiqât. » Ahmad le rapporte aussi dans son Musnad (3/44) : « Nous ont rapporté Muḥammad ibn Ja‘far et Ḥujjâj, qui dirent : ‘Nous a rapporté Shu‘bah, qui rapporte d’Abû Jumrah, d’après Hilâl ibn Ḥassin : “Je suis allé chez Abû Sa‘îd al-Khudrî ; il nous fit asseoir tous deux et raconta qu’un jour il s’était réveillé, le ventre noué comme un caillou de faim. Sa femme (ou sa mère) lui dit : ‘Va voir le Prophète ﷺ et demande-lui : untel l’a interrogé, et il lui a donné; untel l’a interrogé, et il lui a donné.’ Je lui dis : ‘Je vais donc chercher quelque chose.’ Je partis, mais ne trouvai rien. Puis je le vis en train de prêcher et entendis ces mots : ‘Celui qui cherche l’autosuffisance (ista‘fa) sera rendu indépendant par Dieu, celui qui se suffit (istaghna) sera enrichi par Lui. Quant à celui qui Nous demande, soit Nous lui accordons, soit Nous le compatissons. (…) Celui qui se suffit de Nous ou se rend indépendant Nous est plus cher que celui qui Nous implore.’ Je suis retourné sans rien demander. Dieu nous a ensuite constamment pourvus, et je ne connais, parmi les Ansâr, aucune famille plus riche que la nôtre.” » Sa chaîne de transmission est entièrement composée de narrateurs fiables. Hilâl ibn Ḥassin figure dans al-Bukhârî, al-Târîkh al-Kabîr (8/204), et dans Ibn Abî Ḥâtim, al-Jarḥ wa-l-Ta‘dîl (9/73), sans critique ni éloge ; Ibn Ḥibbân l’inscrit dans al-Thiqât (5/504). D’autres voies rapportent ce hadith d’Abû Sa‘îd : Ahmad (3/3) et al-Tayâlisî (n° 2161) le transmettent par la chaîne Abû Bishr → Nuḍrah → Sa‘îd ibn bih, dont l’isnâd est jugé authentique. Ahmad (3/4) le rapporte aussi via ‘Abd al-Raḥmân ibn Isḥâq → ‘Abd al-Raḥmân ibn Mu‘âwiyah → al-Ḥârith mawla Ibn Sibâ‘ → Abû Sa‘îd, de sens identique, et dont la chaîne, appuyée par des témoins, est considérée bonne.
له، ولا ترغيب له في ذلك، ولا ذكر أجر له، كما جاء في الصلاة والسلام المأمور بهما، فإنه قد وعد أن من صلّى عليه مرة صلّى الله عليه عشرا، وكذلك من سلّم عليه، وأيضا فهما مأمور بهما، وكل مأمور به ففعله محمود مشكور مأجور.
وأما قوله:
«ما من رجل يمر بقبر الرجل فيسلم عليه إلا رد الله عليه روحه حتى يرد عليه السلام، وما من مسلم يسلم عليّ إلا رد الله عليّ روحي حتى أرد عليه السلام»
. فإنما فيه مدح المسلّم عليه، والإخبار بسماعه السلام، وأنه يرد السلام، فيكافئ المسلّم عليه لا يبقى للمسلم عليه فضل فإنه بالرد تحصل المكافأة،
كما قال تعالى:
وَإِذا حُيِّيتُمْ بِتَحِيَّةٍ فَحَيُّوا بِأَحْسَنَ مِنْها أَوْ رُدُّوها
[النساء: ٨٦]
ولهذا كان الرد من باب العدل المأمور به الواجب لكل مسلم إذا كان سلامه مشروعا،
وهذا كقوله:
«من سألنا أعطيناه ومن لم يسألنا أحبّ إلينا»
«١»
. هو إخبار بإعطائه السائل، ليس هذا أمرا بالسؤال، وإن كان السلام ليس مثل السؤال، لكن هذا اللفظ إنما يدل على مدح الراد، وأما المسلّم فيقف الأمر فيه على الدليل. وإذا كان المشروع لأهل مدينته أن لا يقفوا عند الحجرة ويسلّموا عليه، علم قطعا أن الحديث لم يرغّب في ذلك.
(١) أخرجه بهذا اللفظ: ابن أبي الدنيا في «القناعة» (٧٦) والحارث بن أبي أسامة في مسنده كما في «الإتحاف» (٩/ ٣٠٥).
وقال العراقي في «المغني عن حمل الأسفار» رقم (٣٩٧٦): «وفيه حصن بن هلال-[كذا، وصوابه:
هلال بن حصن]- لم أر من تكلّم فيه، وباقيهم ثقات».
وأخرجه أحمد في «المسند» (٣/ ٤٤) قال: حدثنا محمد بن جعفر وحجاج، قالا: حدثنا شعبة؛ قال:
سمعت أبا جمرة يحدّث عن هلال بن حصن، قال: نزلت على أبي سعيد الخدري؛ فضمّني وإياه المجلس، قال: فحدّث أنه أصبح ذات يوم وقد عصب على بطنه حجرا من الجوع، فقالت له امرأته أو أمه: ائت النبي صلى الله عليه وسلّم فاسأله، فقد أتاه فلان فسأله فأعطاه، وأتاه فلان فسأله فأعطاه، فقال: قلت: حتى ألتمس شيئا، قال: فالتمست؛- فأتيته، قال: حجاج: فلم أجد شيئا، فأتيته- وهو يخطب، فأدركت من قوله وهو يقول: «من استعفّ يعفه الله، ومن استغنى يغنه الله، ومن سألنا؛ إما أن نبذل له، وإما أن نواسيه- أبو جمرة الشاك- ومن يستعفّ عنا أو يستغني أحبّ إلينا ممن يسألنا». قال: فرجعت فما سألته شيئا، فما زال الله عزّ وجلّ يرزقنا حتى ما أعلم في الأنصار أهل بيت أكثر أموالا منا.
قلت: وإسناده رجاله ثقات، وهلال بن حصن، ذكره البخاري في «التاريخ الكبير» (٨/ ٢٠٤) وابن أبي حاتم في «الجرح والتعديل» (٩/ ٧٣) ولم يذكرا فيه جرحا ولا تعديلا. وذكره ابن حبان في «الثقات» (٥/ ٥٠٤).
وللحديث طرق أخرى عن أبي سعيد.
فقد أخرجه أحمد (٣/ ٣) والطيالسي (٢١٦١).
من طريق: أبي بشر، عن نضرة، عن سعيد به، بنحو منه.
وإسناده صحيح.
وأخرجه أحمد (٣/ ٤) من طريق: عبد الرحمن بن إسحاق، عن عبد الرحمن بن معاوية، عن الحارث مولى ابن سباع، عن أبي سعيد به، بنحو منه.
وإسناده حسن بالشواهد.