l’incroyant en état de guerre par la salutation (1). Bien plus, lorsque le Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — écrivit à César, il mentionna :
« De Muhammad, Messager d’Allâh, à César, le grand des Byzantins. Paix sur celui qui suit la bonne direction »,
tout comme Moïse l’avait dit à Pharaon. Le ḥadith figure dans les deux Ṣaḥîḥ, d’après Ibn ʿAbbâs, via Abû Sufyân ibn Ḥarb, dans son récit célèbre où César lut la lettre du Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — et l’interrogea à son sujet (2).
Le Messager d’Allâh — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — a interdit d’initier les Juifs par la salutation. Certains savants ont pris cette interdiction dans son caractère général, tandis que d’autres ont autorisé à devancer le salut lorsqu’un musulman a besoin de son interlocuteur, ce qui diffère d’une simple rencontre. Quant aux mécréants — tels le Juif ou le Chrétien — ils adressent au Prophète et à sa communauté une salutation de courtoisie qui impose une réponse. Toutefois, la salutation absolue s’apparente à la prière sur lui : seuls les membres de sa communauté prient pour lui et le saluent. Les Juifs et les Chrétiens ne prient ni ne saluent le Prophète ; quand ils le voyaient, ils le saluaient simplement. Ainsi, la salutation particulière aux croyants, tant à l’initiative qu’en réponse, est supérieure à celle que formulent les mécréants envers lui et sa communauté, aussi bien en commençant qu’en répondant.
Il n’est pas permis d’affirmer que, lorsque les mécréants adressent une salutation de courtoisie au Prophète, Allâh leur accorde dix salutations ; celui-ci ne fait que leur répondre et s’acquitter de ce qui leur est dû, comme s’il remboursait une dette.
Pour ce qui concerne les croyants, lorsqu’ils prient sur lui, Allâh prie dix fois sur celui qui l’a fait ; et lorsqu’ils le saluent, Allâh lui envoie dix salutations. Cette prière et ce salut sont prescrits partout, selon le Livre, la Sunna et le consensus, et relèvent d’un ordre divin, sans distinction entre visiteurs étrangers et habitants de Médine, même auprès de la tombe.
Quant à la salutation à la tombe, il est établi que les Compagnons et les Successeurs demeurant à Médine ne la formulaient pas chaque fois qu’ils entraient ou sortaient de la mosquée. Si cette salutation avait eu le même statut que celle qu’on lui adresse de son vivant, ils l’auraient accomplie à chacune de leurs entrées et sorties, de la même manière qu’ils le faisaient lorsqu’ils entraient dans la mosquée et qu’il s’y trouvait, la Sunna leur prescrivant alors, chaque fois qu’ils le voyaient, de le saluer.
Au contraire, la Sunna veut que celui qui arrive chez des gens les salue à l’arrivée et au départ, comme l’ordonna le Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — en disant :
« La première n’a pas plus de droit que la dernière » (3).
Ainsi, de son vivant, quiconque venait à lui le saluait à son arrivée, puis le saluait en se levant pour partir. Or, un tel comportement n’est pas légiféré auprès de la tombe, de l’avis unanime des musulmans, et cela est notoirement connu de la pratique des Compagnons. Si la salutation de courtoisie devant la chambre avait été recommandée, elle l’aurait été pour tous ; c’est pourquoi la majorité des Anciens ne faisait aucune distinction entre visiteurs étrangers et habitants de Médine, ni entre situation de voyage et autres circonstances, car recommander cette