car cela parvient jusqu’à lui — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — sous forme de salutation. Cela diffère de ce qui a été prescrit auprès de la tombe d’autrui, conformément à sa parole : « Paix sur vous, ô habitants de ces demeures, parmi les croyants et les musulmans ; certes, si Allâh le veut, nous vous rejoindrons. Qu’Allâh fasse miséricorde aux devanciers d’entre nous et d’entre vous ainsi qu’aux retardataires. » Cette formule n’est en effet légiférée qu’auprès des tombes et n’est pas prescrite ailleurs. Cela met en évidence la distinction qui le sépare des autres et montre que ce qu’il a institué — et qu’ont appliqué ses Compagnons — en interdisant de visiter sa tombe comme on visite les autres tombes, fait partie de ses mérites, constitue une miséricorde pour sa communauté et parachève la grâce d’Allâh à son égard. Tous les Anciens sont unanimes : le visiteur ne lui demande rien, ne sollicite pas de lui ce qu’il aurait pu demander de son vivant ni ce qu’il lui demandera au Jour de la Résurrection ; ni intercession, ni imploration du pardon, ni quoi que ce soit d’autre. Leur divergence ne concerne que le fait de se tenir près de la chambre pour invoquer en sa faveur et le saluer. Ainsi, certains ont considéré que cela fait partie du salut inclus dans sa parole — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui : « Il n’est pas d’homme qui me salue sans qu’Allâh ne me rende mon âme afin que je lui réponde. » Ils l’ont donc jugé recommandé. D’autres ne l’ont pas jugé tel, soit parce qu’ils estimaient que ce salut n’est pas visé, soit parce que le salut ordonné dans le Coran, joint à la prière — c’est-à-dire la prière et le salut qui n’imposent pas de réponse — est supérieur au salut qui exige une réponse. Tel est l’enseignement du Livre et de la Sunna, et tel est l’avis unanime des Anciens. En effet, le salut prescrit dans le Coran est comparable à la prière prescrite dans le Coran : ni l’un ni l’autre n’obligent à une réponse ; c’est Allâh qui prie sur celui qui prie sur lui et qui salue celui qui le salue. De plus, le salut qui appelle une réponse est un droit du musulman, selon la parole du Très-Haut : « Lorsqu’on vous adresse un salut, répondez par un salut meilleur ou rendez-le tel quel. » (an-Nisâ’ 4 : 86) Ainsi, on rend le salut à celui qui salue, fût-il mécréant. Lorsque les Juifs le saluaient, il répondait : « Wa ʿalaykum » ou « ʿalaykum », et il ordonna à sa communauté d’en faire autant. Il ne disait — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — « ʿalaykum » que parce qu’ils pouvaient dire : « as-sâm ʿalayka » ; or as-sâm signifie : la mort. On répond donc : « ʿalaykum ». Il — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — déclara : « Notre invocation à leur encontre est exaucée, tandis que la leur ne l’est pas à notre encontre. » Lorsque ʿÂʾishah — qu’Allâh l’agrée — dit : « Wa ʿalaykum as-sâm wa-l-laʿnah », il répliqua : « Doucement, ô ʿÂʾishah ; Allâh est Doux et Il aime la douceur en toute chose. N’as-tu pas entendu ce que je leur ai répondu ? Je leur ai dit : “ʿalaykum”. »(1) Ainsi, lorsqu’ils disent « as-sâm », il répond : « ʿalaykum ». Mais lorsqu’il sait qu’ils ont dit « as-salâm », on ne se limite pas à répondre « ʿalaykum » — ce qui signifierait : « que la paix soit sur vous, non sur nous » — ; on dit plutôt : « wa ʿalaykum ». Lorsque le Messager d’Allâh — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — et sa communauté disent aux Gens du Livre : « wa ʿalaykum », il ne s’agit que de la rétribution de leur salutation : c’est une invocation de paix, et la paix est une garantie. Il se peut donc que l’exaucement consiste en leur sûreté à notre égard, c’est-à-dire en l’absence de notre injustice et de notre agression. De même, quiconque rend le salut à autrui ne fait qu’invoquer la paix pour lui, de façon générale. Il est impensable que chaque personne à qui le Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — a rendu le salut ait reçu de sa part une prière pour être préservée du châtiment d’ici-bas et de l’au-delà ; or les hypocrites le saluaient et il leur répondait, tout comme il répondait aux musulmans pécheurs et à d’autres encore. Néanmoins, le salut comporte une garantie. C’est pourquoi on ne prend pas l’initiative de saluer le mécréant… (1) Ḥadith authentique.
(1) Voir plus haut.
يصل إليه صلى الله عليه وسلّم تسليما، وهذا بخلاف ما شرع عند قبر غيره، لقوله: «السلام عليكم أهل الديار من المؤمنين والمسلمين، وإنا إن شاء الله بكم لاحقون، ويرحم الله المستقدمين منا ومنكم والمستأخرين» . فإن هذا لا يشرع إلا عند القبور، لا يشرع عند غيرها، وهذا مما يظهر الفرق بينه وبين غيره، وأن ما شرعه وفعله أصحابه من المنع من زيارة قبره كما تزار القبور هو من فضائله، وهو رحمة لأمته، ومن تمام نعمة الله عليها، فالسلف كلهم متفقون على أن الزائر لا يسأله شيئا ولا يطلب منه ما يطلب منه في حياته، ويطلب منه يوم القيامة؛ لا شفاعة ولا استغفارا ولا غير ذلك، وإنما كان نزاعهم في الوقوف للدعاء له والسلام عليه عند الحجرة، فبعضهم رأى هذا من السلام الداخل في قوله صلى الله عليه وسلّم: «ما من رجل يسلّم عليّ إلا رد الله عليّ روحي حتى أرد عليه السلام» واستحبه لذلك، وبعضهم لم يستحبه؛ إما لعدم دخوله، وإما لأن السلام المأمور به في القرآن مع الصلاة، وهو الصلاة والسلام الذي لا يوجب الرد أفضل من السلام الموجب للرد، فإن هذا مما دلّ عليه الكتاب والسنة واتّفق عليه السلف، فإن السلام المأمور به في القرآن كالصلاة المأمور بها في القرآن، كلاهما لا يوجب الرد، بل الله تعالى يصلّي على من صلّى عليه، ويسلّم على من سلّم عليه، ولأن السلام الذي يوجب الرّدّ هو حق المسلم، كما قال تعالى: وَإِذا حُيِّيتُمْ بِتَحِيَّةٍ فَحَيُّوا بِأَحْسَنَ مِنْها أَوْ رُدُّوها [النساء: ٨٦] . ولهذا يردّ السلام على من سلّم وإن كان كافرا، فكان اليهود إذا سلموا عليه يقول: «وعليكم، أو عليكم» . وأمر أمته بذلك، وإنما قال صلى الله عليه وسلّم: «عليكم» لأنهم قد يقولون: السام عليك. والسام: الموت. فيقال: عليكم، قال صلى الله عليه وسلّم: «يستجاب لنا فيهم ولا يستجاب لهم فينا» ولما قالت عائشة رضي الله عنها: وعليكم السام واللعنة؛ قال: «مهلا يا عائشة؛ فإن الله رفيق يحبّ الرفق في الأمر كله، أو لم تسمعي ما قلت لهم- يعني رددت عليهم- فقلت: عليكم» «١» . فإذا قالوا: السام، قال: عليكم. وأما إذا علم أنهم قالوا السلام فلا يخصون بالرد فيقال: عليكم، فيصير المعنى السلام عليكم لا علينا، بل يقال: وعليكم. وإذا قال الرسول صلى الله عليه وسلّم وأمته لهم: «وعليكم» فإنما هو جزاء دعائهم وهو دعاء بالسلامة، والسلام أمان فقد يكون المستجاب هو سلامتهم منا أي من ظلمنا وعدواننا. وكذلك كل من رد السلام على غيره فإنما دعا له بسلام، وهذا مجمل، ومن الممتنع أن يكون كل من ردّ عليه النبي صلى الله عليه وسلّم السلام من الخلق دعا له بالسلامة من عذاب الدنيا والآخرة، فقد كان المنافقون يسلّمون عليه ويرد عليهم، ويرد على المسلمين أصحاب الذنوب وغيرهم، ولكن السلام فيه أمان. فلهذا لا يبتدأ الكافر
(١) تقدّم.