Abû Bakr et ʿUmar. – Dans une version rapportée par Yaḥyâ ibn Yaḥyâ(1),
Ibn ʿAbd al-Barr et d’autres l’ont cependant jugée fautive, affirmant que la formulation exacte de la tradition est bien celle transmise par Ibn al-Qâsim, al-Qaʿnabî et d’autres : « il prie pour le Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — ainsi que pour Abû Bakr et ʿUmar. »
Abû l-Walîd al-Bâjî dit : « Selon moi, on invoque en faveur du Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — au moyen de la formule de la ṣalât, et l’on invoque également pour Abû Bakr et ʿUmar, en raison de la divergence contenue dans le ḥadîth d’Ibn ʿUmar. »
Al-Qâḍî ʿIyâḍ rapporte encore : « Il est dit dans al-Mabsûṭ : “Il n’y a aucun inconvénient, pour celui qui revient de voyage ou s’apprête à partir, à se tenir devant la tombe du Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui —, à prier pour lui et à invoquer pour lui, pour Abû Bakr et pour ʿUmar.” » S’il entend par « invoquer » le salâm ou la ṣalât, cela concorde avec la version précédente ; s’il vise une supplication supplémentaire, il s’agit alors d’une autre version. Quoi qu’il en soit, il n’avait en vue qu’une invocation brève.
Ibn Ḥabîb, pour sa part, déclare : « Puis il se tient près de la tombe, humble et plein de révérence, il prie sur lui, le loue selon ce qui lui vient à l’esprit, puis salue Abû Bakr et ʿUmar. » Il ne mentionne donc, outre la ṣalât, que l’éloge adressé au Prophète.
L’imâm Aḥmad mentionne, en plus de l’éloge, une attestation exprimée en ces termes, assortie d’une prière pour lui autre que la ṣalât, le suppliant priant également pour lui-même. Il ne rapporte pas qu’on doive rien demander au Prophète ni qu’on récite, devant la tombe, la parole du Très-Haut :
« Et si, lorsqu’ils se sont fait du tort à eux-mêmes, ils étaient venus à toi pour implorer le pardon d’Allâh, et si le Messager avait imploré le pardon en leur faveur, ils auraient trouvé qu’Allâh est Grand-Accueillant au repentir, Miséricordieux. » [an-Nisâ’ 4 : 64]
Mâlik, les anciens parmi ses disciples et la grande majorité d’entre eux n’ont rien mentionné de tel non plus.
Bien au contraire, il est dit dans le Manâsik d’al-Marwazî :
« Puis rends-toi dans la Rawḍah, qui se situe entre la tombe et le minbar ; accomplis-y la prière et invoque selon ce que tu voudras. Ensuite, va jusqu’à la tombe du Prophète — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — et dis :
“Paix sur toi, ô Messager d’Allâh, ainsi que la miséricorde d’Allâh et Sa bénédiction.
Paix sur toi, ô Muḥammad, fils de ʿAbd Allâh.
J’atteste qu’il n’est point de divinité digne d’adoration en dehors d’Allâh, et j’atteste que tu es le Messager d’Allâh.
J’atteste que tu as transmis le message de ton Seigneur, conseillé ta communauté,
combattu dans la voie d’Allâh avec sagesse et exhortation bienveillante,
et adoré Allâh jusqu’à ce que la certitude te soit parvenue.
Qu’Allâh te récompense de la meilleure récompense qu’Il ait jamais accordée à un prophète pour sa communauté ;
qu’Il élève ton rang au plus haut degré ;
qu’Il agrée ta grande intercession ;
qu’Il t’accorde ta demande dans la vie présente et dans l’au-delà, tout comme Il l’a accordée à Ibrâhîm.
Ô Allâh, rassemble-nous dans son groupe, fais-nous mourir sur sa Sunnah, fais-nous parvenir à son bassin, et abreuve-nous de sa coupe d’une boisson rafraîchissante après laquelle nous ne connaîtrons plus jamais la soif.” »
Il n’est donc aucune supplication, attestation ou louange prononcée auprès de la tombe qui ne soit déjà établie par la Sunna — ou qu’un texte plus méritoire n’ait instituée dans d’autres lieux. Nul ne saurait légiférer une mention réservée au tombeau à l’exclusion des autres endroits. Cela confirme l’interdiction qu’il a exprimée — que les prières et le salut d’Allâh soient sur lui — de prendre sa tombe ou sa maison pour un lieu de fête : on ne doit donc pas la distinguer par une invocation particulière en faveur du Messager, et à plus forte raison en faveur de quiconque d’autre. On invoque pour le Prophète par ces formules où que l’on se trouve, car cela