On n’a relaté de la part d’aucun Compagnon quoi que ce soit de cet ordre ; bien au contraire, les transmissions authentiques émanant d’eux attestent leur pleine conformité au Livre et à la Sunna. De même, les prétendus rassemblements avec les « hommes de l’invisible », avec al-Khiḍr ou avec d’autres, l’apparition des prophètes auprès de certains alors qu’ils sont éveillés, le fait que l’un d’eux soit transporté jusqu’à ʿArafāt, et tout ce qui ressemble à cela — pratiques dans lesquelles beaucoup de dévots sont tombés, pensant qu’il s’agissait d’une faveur d’Allâh — relevaient en réalité des séductions démoniaques. Les diables n’ont jamais espéré entraîner les Compagnons dans de telles choses, car ceux-ci savaient pertinemment que tout cela provenait de Satan ; or, les « hommes de l’invisible » ne sont autres que les djinns, comme l’a dit le Très-Haut : « Il y avait des hommes parmi les humains qui cherchaient refuge auprès des hommes d’entre les djinns ; ceux-ci n’ont fait qu’augmenter leur détresse. » (s. al-Jinn, v. 6). De même encore, pour ce qui est du polythéisme lié aux gens des tombes, le diable ne convoita pas de les y faire tomber. À leur époque, il n’existait dans l’Islam aucune sépulture vers laquelle on entreprît un voyage, ni qu’on prît pour but afin d’y invoquer Allâh, d’y solliciter la bénédiction ou l’intercession, ou pour toute autre raison. Même le meilleur des créatures, Muḥammad, Sceau des messagers — paix et salut d’Allâh sur lui —, avait son tombeau dissimulé à leurs yeux ; nul d’entre eux ne le fréquentait pour de semblables pratiques. Il en fut de même pour ceux qui les suivirent dans le bien, puis pour les imâms des musulmans après eux. Les savants et les pieux prédécesseurs n’ont abordé qu’une seule question : l’invocation en faveur du Messager près de sa tombe. Certains ont interdit de s’y tenir pour invoquer pour lui — en dehors du simple salut —, d’autres ont autorisé l’une et l’autre pratiques. Quant à LUI adresser des invocations, à LUI demander le pardon ou l’intercession après sa mort, cela n’a été rapporté d’aucun des quatre imâms ni d’aucun autre. Les prières qu’ils ont consignées en sont totalement exemptes. S’agissant de Mâlik — qu’Allâh l’agrée —, le cadi ʿIyāḍ rapporte qu’il a dit dans « al-Mabsūṭ » : « Je ne considère pas qu’il convienne de se tenir près de la tombe du Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — pour invoquer ; on se contente de lui adresser le salut, puis l’on s’en va. » Le même propos, rapporté par le cadi ʿIyāḍ, a également été mentionné par Ismâʿîl ibn Isḥâq dans « al-Mabsūṭ ». Il dit : « Mâlik a déclaré : Je ne vois pas qu’un homme doive s’arrêter près de la tombe du Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — pour invoquer ; qu’il salue plutôt le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui —, Abû Bakr et ʿUmar — qu’Allâh les agrée tous deux —, puis qu’il s’en aille. » Mâlik — qu’Allâh l’agrée — s’exprimait ainsi parce que tel est le rapport authentique d’Ibn ʿUmar : il disait en effet : « Paix sur toi, ô Messager d’Allâh ; paix sur toi, ô Abû Bakr ; paix sur toi, ô mon père — ou : ô mon cher père », puis il se retirait sans rester pour invoquer. Mâlik considéra donc qu’y demeurer pour cela relevait de l’innovation. Il dit encore ; et Mâlik, dans la version d’Ibn Wahb, déclare : « Lorsqu’il aura salué le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — puis invoqué, il se tiendra face à la tombe, non pas tourné vers la qibla ; il s’approchera, saluera, mais ne touchera pas la tombe de sa main. » Son propos, dans cette version, « lorsqu’il aura salué et invoqué », peut signifier que l’invocation en question est, en réalité, le salut même ; car il précise : « Il s’approchera, saluera et ne touchera pas la tombe de sa main. » Cela est corroboré par ce qu’il rapporte toujours dans la version d’Ibn Wahb : « Il dira : Paix sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allâh et Sa bénédiction. » Il se peut également qu’il entende qu’il prie pour lui au moyen de la formule de la prière (ṣalât), ainsi que le mentionne le « Muwaṭṭaʾ » dans la tradition d’ʿAbd Allâh ibn Dînâr d’après Ibn ʿUmar, selon laquelle celui-ci priait sur le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — et sur
عن أحد من الصحابة شيء من ذلك، بل النقول الثابتة عنهم تدلّ على موافقتهم للكتاب والسنة. وكذلك اجتماع رجال الغيب بهم أو الخضر أو غيره، وكذلك مجيء الأنبياء إليهم في اليقظة، وحمل من يحمل منهم إلى عرفات، ونحو ذلك مما وقع فيه كثير من العباد، وظنوا أنه كرامة من الله، وكان من إضلال الشياطين لهم ما لم تطمع الشياطين أن توقع الصحابة في مثل هذا، فإنهم كانوا يعلمون أن هذا كله من الشيطان، ورجال الغيب هم الجن، قال تعالى: وَأَنَّهُ كانَ رِجالٌ مِنَ الْإِنْسِ يَعُوذُونَ بِرِجالٍ مِنَ الْجِنِّ فَزادُوهُمْ رَهَقاً [الجن: ٦] . وكذلك الشرك بأهل القبور، لم يطمع الشيطان أن يوقعهم فيه، فلم يكن على عهدهم في الإسلام قبر يسافر إليه ولا يقصد للدعاء عنده، أو لطلب بركة شفاعته، وغير ذلك، بل أفضل الخلق محمد خاتم الرسل صلى الله عليه وسلّم وقبره عندهم محجوب- لا يقصده أحد منهم لشيء من ذلك، وكذلك التابعون لهم بإحسان ومن بعدهم من أئمة المسلمين. وإنما تكلم العلماء والسلف في الدعاء للرسول عند قبره؛ منهم من نهى عن الوقوف للدعاء له دون السلام عليه، ومنهم من رخّص في هذا وهذا. وأما دعاؤه هو وطلب استغفاره وشفاعته بعد موته؛ فهذا لم ينقل عن أحد من أئمة المسلمين الأربعة ولا غيرهم. بل الأدعية التي ذكروها خالية من ذلك. أما مالك رضي الله عنه فقد قال القاضي عياض: وقال مالك في «المبسوط» : لا أرى أن يقف عند قبر النبي صلى الله عليه وسلّم يدعو، لكن يسلّم ويمضي. وهذا الذي نقله القاضي عياض ذكره إسماعيل بن إسحاق في «المبسوط» قال: وقال مالك: لا أرى أن يقف الرجل عند قبر النبيّ صلى الله عليه وسلّم يدعو، ولكن يسلّم على النبي صلى الله عليه وسلّم وعلى أبي بكر وعمر رضي الله عنهما، ثم يمضي. وقال مالك رضي الله عنه ذلك لأن هذا هو المنقول عن ابن عمر أنه كان يقول: «السلام عليك يا رسول الله، السلام عليك يا أبا بكر، السلام عليك يا أبت- أو يا أبتاه-» . ثم ينصرف، ولا يقف يدعو. فرأى مالك ذلك من البدع. قال: وقال مالك في رواية ابن وهب: إذا سلّم على النبي صلى الله عليه وسلّم ودعا يقف ووجهه إلى القبر، لا إلى القبلة، ويدنو ويسلّم ولا يمسّ القبر بيده. فقوله في هذه الرواية: «إذا سلّم ودعا» قد يريد بالدعاء السلام؛ فإنه قال: «يدنو ويسلّم ولا يمسّ القبر بيده» ويؤيد ذلك أنه قال في رواية ابن وهب: يقول السلام عليك أيها النبيّ ورحمة الله وبركاته، وقد يريد؛ أنه يدعو له بلفظ الصلاة، كما ذكر في الموطأ من رواية عبد الله بن دينار عن ابن عمر؛ أنه كان يصلي على النبيّ صلى الله عليه وسلّم وعلى