Après qu’ils ont transformé la tombe en mosquée, ils y installent une représentation de miḥrâb, ou quelque chose d’approchant. Si la porte en est fermée, ils ménagent, du côté de la route, une fenêtre grillagée afin que les passants puissent voir le défunt et l’invoquer.
La tombe du Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — est à l’opposé total de tout cela : on n’a ménagé pour les visiteurs aucun accès, elle ne se situe pas dans un vaste emplacement susceptible de les contenir, aucun guichet n’a été percé pour la voir ; au contraire, il a été interdit aux gens de s’en approcher et de la contempler.
Parmi les plus grands bienfaits dont Allâh a comblé Son Messager et sa communauté, exauçant ainsi sa prière, figure le fait qu’il ait été enterré dans sa maison attenante à sa mosquée, si bien que nul ne peut prier qu’en direction de la mosquée.
Les formes d’adoration prescrites dans la mosquée sont connues ; il n’en serait pas de même si sa tombe avait été séparée de la mosquée. Celui qui se met en route vers lui ne voyage, en réalité, que vers la mosquée. Si l’on appelle cela « visite de sa tombe », ce n’est qu’un nom dénué de réalité ; il s’agit en vérité d’une venue à sa mosquée, d’où le fait que les pieux prédécesseurs n’aient pas employé cette expression.
Près de sa tombe, il n’y a ni lampes suspendues ni tentures pendantes ; seules les lampes sont accrochées dans la mosquée fondée sur la piété. Nul ne peut parfumer la tombe elle-même avec du safran ou toute autre essence, ni n’y faire vœu d’huile, de cire, de tenture ou de quoi que ce soit de semblable, contrairement à ce qui se fait pour d’autres tombes. Et si, à l’extérieur de la chambre, certains ont, à certains moments, tendu un voile ou l’ont parfumée au safran, cela ne concerne que le mur faisant face à la mosquée, non l’intérieur de la chambre ni la tombe elle-même, comme on le fait pour d’autres sépultures.
Il est donc établi qu’Allâh — glorifié soit-Il — a exaucé la prière de Son Prophète lorsqu’il disait : « Ô Allâh, ne fais pas de ma tombe une idole adorée. » Bien que nombre de gens souhaitent la transformer en idole, pensant que cela relève de sa glorification — et qu’ils nourrissent la même intention à l’égard d’autres tombes —, ils en sont incapables ; cette intention et cette croyance ne sont qu’une illusion intérieure sans réalité extérieure, contrairement à la tombe effectivement érigée en idole.
[Les prophètes et les saints qui ont été adorés en dehors d’Allâh ne portent aucun péché ; la faute incombe à ceux qui les adorent.]
Ainsi, même si le défunt est un allié (walî) d’Allâh, aucun péché ne lui échoit du fait de l’association commise à travers lui, pas plus qu’aucun péché ne pèse sur le Messie du fait de ceux qui ont commis l’association à son sujet, comme l’a dit le Très-Haut :
« Et lorsque Allâh dira : “Ô ‘Issa, fils de Maryam, est-ce toi qui as dit aux gens : Prenez-moi et ma mère pour deux divinités en dehors d’Allâh ?” Il dira : “Gloire à Toi ! Il ne m’appartient pas de dire ce que je n’ai pas le droit de dire ; si je l’avais dit, Tu l’aurais su…” jusqu’à Sa parole : “… Tu as été, Toi, Témoin de toute chose.” » (al-Mâ’ida, 116-117)
Et il a dit :
« Sont certes mécréants ceux qui disent : “Allâh, c’est le Messie, fils de Maryam.” Le Messie a pourtant dit : “Ô fils d’Israël, adorez Allâh, mon Seigneur et votre Seigneur. Quiconque associe à Allâh, Allâh lui a certes interdit le Paradis, et son refuge sera le Feu ; les injustes n’auront point de secoureurs.” » (al-Mâ’ida, 72)
Et Il a dit :
« [Souviens-toi] du jour où Il les rassemblera, eux et ce qu’ils adoraient en dehors d’Allâh. Il dira : “Est-ce vous qui avez égaré Mes serviteurs, ou ont-ils eux-mêmes suivi le chemin de l’égarement ?” … jusqu’à ce qu’Il dise : “Ainsi ferons-Nous goûter à celui qui aura été injuste un châtiment énorme.” » (al-Furqân, 17-19)
اتخذه مسجدا جعل عنده صورة محراب أو قريبا منه، وإذا كان الباب مغلقا جعل له شبّاكا على الطريق ليراه الناس فيه، فيدعونه.
وقبر النبي صلى الله عليه وسلّم بخلاف هذا كله، لم يجعل للزوّار طريق إليه بوجه من الوجوه، ولا قبر في مكان كبير يسع الزوّار، ولا جعل للمكان شبّاك يرى منه القبر، بل منع الناس من الوصول إليه والمشاهدة.
ومن أعظم ما منّ الله به على رسوله وعلى أمته واستجاب فيه دعاءه؛ أن دفن في بيته بجانب مسجده، فلا يقدر أحد أن يصلّي إلا إلى المسجد.
والعبادة المشروعة في المسجد معروفة، بخلاف ما لو كان قبره منفردا عن المسجد. والمسافر إليه إنما يسافر إلى المسجد، وإذا سمّي هذا زيارة لقبره فهو اسم لا مسمّى له، إنما هو إتيان إلى مسجده، ولهذا لم يطلق السلف هذا اللفظ.
ولا عند قبره قناديل معلّقة، ولا ستور مسبلة، بل إنما تعلّق القناديل في المسجد المؤسّس على التقوى، ولا يقدر أحد أن يخلّق نفس قبره بزعفران أو غيره من الخلوق، ولا ينذر له زيتا ولا شمعا ولا سترا، ولا غير ذلك مما ينذر لغير قبره، وإن كان فعل شيء من ذلك في ظاهر الحجرة، أو كان في بعض الأحوال قد ستر بعض الناس الحجرة، أو خلّقها بعضهم بزعفران؛ فهذا إنما هو للحائط الذي يلي المسجد، لا من باطن الحجرة والقبر، كما يفعل بقبر غيره.
فعلم أن الله سبحانه استجاب دعاءه حيث قال:
«اللهم لا تجعل قبري وثنا يعبد»
وإن كان كثير من الناس يريدون أن يجعلوه وثنا، ويعتقدون أن ذلك تعظيم له، كما يريدون ذلك ويعتقدونه في قبر غيره، فهم لا يتمكّنون من ذلك، بل هذا القصد والاعتقاد خيال في أنفسهم لا حقيقة له في الخارج، بخلاف القبر الذي جعله وثنا.
[الأنبياء والأولياء الذين عبدوا من دون الله لا إثم عليهم، إنما الإثم على من عبدهم]
وإن كان الميت وليا لله لا إثم عليه من فعل من أشرك به، كما لا إثم على المسيح من فعل من أشرك به،
كما قال تعالى:
وَإِذْ قالَ اللَّهُ يا عِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ أَأَنْتَ قُلْتَ لِلنَّاسِ اتَّخِذُونِي وَأُمِّي إِلهَيْنِ مِنْ دُونِ اللَّهِ قالَ سُبْحانَكَ ما يَكُونُ لِي أَنْ أَقُولَ ما لَيْسَ لِي بِحَقٍّ إِنْ كُنْتُ قُلْتُهُ فَقَدْ عَلِمْتَهُ إلى قوله: عَلَيْهِمْ وَأَنْتَ عَلى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدٌ
[المائدة: ١١٦، ١١٧]
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وقال تعالى:
لَقَدْ كَفَرَ الَّذِينَ قالُوا إِنَّ اللَّهَ هُوَ الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَ وَقالَ الْمَسِيحُ يا بَنِي إِسْرائِيلَ اعْبُدُوا اللَّهَ رَبِّي وَرَبَّكُمْ إِنَّهُ مَنْ يُشْرِكْ بِاللَّهِ فَقَدْ حَرَّمَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْجَنَّةَ وَمَأْواهُ النَّارُ وَما لِلظَّالِمِينَ مِنْ أَنْصارٍ
[المائدة: ٧٢]
وقال تعالى: وَيَوْمَ يَحْشُرُهُمْ وَما يَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ فَيَقُولُ أَأَنْتُمْ أَضْلَلْتُمْ عِبادِي هؤُلاءِ أَمْ هُمْ ضَلُّوا السَّبِيلَ إلى قوله: نُذِقْهُ عَذاباً كَبِيراً
[الفرقان: ١٧ - ١٩]
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