Quant à ceux qui les ont suivis avec excellence, ils ont fini par juger recommandable ce que ces prédécesseurs réprouvaient et interdisaient ; ce faisant, ils imitent les chrétiens. Ils ont ainsi diminué, dans la mesure même où ils se sont engagés dans cette innovation par laquelle ils ressemblent aux chrétiens, la réalisation de la foi en Allâh et en Son Messager, ainsi que l’acquittement du droit d’Allâh et du droit de Son Messager. Telle est la réalité, et Allâh est plus Savant.
Par ailleurs, lorsque Son ordre est obéi et que sa Sunna est suivie, le Prophète reçoit une récompense équivalente à celle de quiconque lui obéit et suit sa Sunna, conformément à sa parole — paix et salut d’Allâh sur lui :
« Quiconque appelle à une guidée recevra, en récompense, l’équivalent de la récompense de ceux qui l’auront suivi, sans que leurs récompenses ne diminuent en rien » (1),
et à cette autre parole :
« Celui qui instaure une bonne tradition aura sa récompense ainsi que la récompense de quiconque la mettra en pratique jusqu’au Jour de la Résurrection » (2).
Quant aux innovations qu’il n’a pas légiférées, mais qu’il a plutôt interdites — fût-ce qu’elles comportent de l’exagération à son égard, du polythéisme ou des louanges excessives, comme l’ont fait les chrétiens —, elles n’apportent aucune récompense à celui qui les commet ; le Messager n’en retire donc aucun bénéfice. Leur auteur, s’il est excusé, demeure égaré et ne reçoit aucun salaire ; et, si la preuve lui a été établie, il mérite le châtiment.
Le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — a dit dans le ḥadith authentique :
« Ne me flattez pas comme les chrétiens ont flatté Jésus, fils de Marie. Je ne suis qu’un serviteur ; dites donc : “le serviteur d’Allâh et Son Messager”. » (3)
Si maintenant ceux qui assimilent la visite de sa tombe à la visite des autres tombes disent : « Les gens ont été empêchés d’y accéder par vénération pour sa dignité, et ils lui adressent le salâm et lui parlent depuis la chambre, car cela est plus respectueux et plus glorifiant », on répond :
Cela établit justement une distinction. En effet, si la visite légiférée a pour but d’invoquer en sa faveur, le faire près de la chambre est meilleur que dans les autres mosquées et endroits ; celui qui invoque pour lui à l’intérieur de la chambre est plus proche, et, si la proximité est recommandée, plus on est proche, meilleur c’est, comme pour toutes les tombes.
Et si l’intention est, comme le prétendent les gens du polythéisme et de l’égarement, de l’invoquer directement, cette invocation serait d’autant plus prioritaire à proximité ; elle devrait alors se faire de l’intérieur même de la chambre. Or, puisqu’il est établi par le texte et par le consensus que cette proximité immédiate de la tombe est interdite — et qu’elle est, de surcroît, impossible —, il apparaît que cette proximité n’est pas recommandée. Il en va autrement de la visite d’une autre tombe et de la prière auprès d’elle : s’en approcher est recommandé tant que cela ne mène pas à une corruption faite de polythéisme, d’innovation ou de lamentations ; si cela y conduit, on l’interdit.
Parmi ce qui illustre encore ce point, on trouve que la personne dont les adeptes entreprennent de visiter la tombe aménage celle-ci de façon à pouvoir être visitée : on y affecte une porte permettant d’accéder au tombeau, on prévoit, à côté de la tombe, un espace où le visiteur peut s’asseoir une fois entré, et l’on élargit même l’endroit afin qu’il puisse contenir les visiteurs, et