Ils sollicitent donc des Prophètes et des vertueux la satisfaction de leurs besoins, faisant passer cela, à leurs yeux, avant les droits mêmes des Prophètes et des pieux. Ainsi, dès qu’ils sont convaincus que la visite de la tombe d’un Prophète ou d’un saint leur permettra d’obtenir ce qu’ils désirent — en l’interrogeant, en l’invoquant, en recherchant son prestige ou son intercession —, ils délaissent son droit et se consacrent à leurs intérêts, comme on le constate chez la plupart de ceux qui accomplissent un « pèlerinage » vers des tombes vénérées pour y solliciter leurs requêtes. Si le Messager leur avait permis de visiter sa tombe et leur en avait facilité l’accès, ils auraient alors négligé le droit d’Allâh — qui consiste à L’adorer Lui seul —, ainsi que le droit du Messager — qui est qu’on prie sur lui, qu’on lui adresse la salutation et qu’on invoque en sa faveur, et même qu’on le prenne pour intermédiaire entre eux et Allâh dans la transmission de Ses ordres, de Ses interdictions et de Ses enseignements. Ils porteraient ainsi atteinte au droit d’Allâh et à celui du Messager, à l’instar des chrétiens qui, par leur excès à l’égard du Messie, ont délaissé le droit d’Allâh – l’adorer Lui seul – et le droit du Messie ; ils ne prient pas pour lui : ils le considèrent plutôt comme une divinité à invoquer. Ils n’accomplissent pas non plus le droit de sa mission en se penchant sur ce qu’il a ordonné et annoncé ; ils se sont au contraire adonnés au polythéisme en le faisant, lui et d’autres, des associés, recherchant leurs besoins auprès de ceux dont ils espèrent l’intercession parmi les anges, les Prophètes et leurs vertueux, au lieu de s’acquitter des droits qui leur sont dus. De plus, si l’on décrétait que la prière pour lui, les salutations et les invocations en sa faveur à proximité de sa tombe sont supérieures à celles formulées ailleurs — comme il est possible que la supplication pour un défunt soit préférable auprès de sa tombe —, les gens réserveraient alors cet emplacement à l’abondance des invocations pour lui ; et, lorsqu’ils s’en éloigneraient, leurs prières, leurs salutations et leurs invocations à son égard diminueraient, car l’homme ne fournit pas le même effort dans un lieu jugé moins méritoire que dans un lieu tenu pour plus vertueux. Or, il leur a été ordonné de s’acquitter du droit du Messager partout, de sorte que celui qui se trouve loin de sa tombe ne soit pas inférieur, en foi et en accomplissement de ses droits, à celui qui demeure à proximité. Le Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — leur a dit : « Ne faites pas de ma tombe un lieu de fête ; et priez sur moi où que vous soyez, car vos prières me parviennent. » Il a enjoint qu’ils prient sur lui et qu’ils demandent pour lui la wasîlah lorsqu’ils entendent le muezzin, où qu’ils se trouvent ; qu’ils lui adressent le salâm dans chaque prière ; qu’ils prient sur lui durant la prière ; qu’ils le saluent en entrant dans la mosquée et en en sortant. Tout cela est prescrit de manière générale, en tout lieu. Cela réalise à son égard un accomplissement de droits, une élévation de son rang et une exaltation de sa position qui ne se trouveraient ni en rendant ces actes meilleurs exclusivement à sa tombe, ni en l’égalant à une autre tombe. La plénitude de son droit, jointe au droit de son Seigneur, ne s’obtient que par l’observance de ce qu’il a légiféré et institué pour sa communauté — obligations et recommandations —, c’est-à-dire qu’ils s’acquittent d’abord du droit d’Allâh, puis de celui de Son Messager, où qu’ils soient : amour, alliance, obéissance, ainsi que prière, salutation, invocation et autres. Ils ne doivent pas viser à particulariser sa tombe, car cela conduirait à délaisser le droit d’Allâh et celui de Son Messager. Tout cela, et d’autres arguments encore, montre que ce dont les gens ont été détournés et empêchés, et que les pieux prédécesseurs ne pratiquaient pas — à savoir la visite de sa tombe —, même si la visite de sa tombe n’est pas recommandée, constitue en réalité la plus grande glorification de sa personne, l’élévation la plus haute de son rang et l’exaltation la plus noble de sa dignité. C’est également ce qui préserve le mieux le droit d’Allâh, rend Son culte plus parfait et plus complet, et garantit la sincérité absolue du culte qui Lui est voué. Ainsi se réalise pleinement le témoignage qu’« il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh et que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager ». Quant aux gens de l’innovation, qui ont introduit ce qu’Il n’a pas légiféré — voire ce qu’Il a interdit — et qui ont contredit les Compagnons
فهم يطلبون من الأنبياء والصالحين أغراضهم، وذلك مقدّم عندهم على حقوق الأنبياء والصالحين، فإذا أيقنوا أن في زيارة قبر نبيّ أو صالح تحصيل أغراضهم بسؤاله ودعائه وجاهه وشفاعته؛ أعرضوا عن حقه واشتغلوا بأغراضهم، كما هو الموجود في عامة الذين يحجّون إلى القبور المعظّمة ويقصدونها لطلب الحوائج، فلو أذن الرسول لهم في زيارة قبره ومكّنهم من ذلك؛ لأعرضوا عن حقّ الله الذي يستحقّه من عبادته وحده، وعن حقّ الرسول الذي يستحقّه من الصلاة والسلام عليه والدعاء له، بل ومن جعله واسطة بينهم وبين الله في تبليغ أمره ونهيه وخبره. فكانوا يهضمون حقّ الله وحقّ الرسول، كما فعلت النصارى، فإنهم بغلوّهم في المسيح تركوا حقّ الله من عبادته وحده، وتركوا حقّ المسيح، فهم لا يدعون له؛ بل هو عندهم ربّ يدعى، ولا يقومون بحق رسالته؛ فينظرون ما أمر به وما أخبر به، بل اشتغلوا بالشّرك به وبغيره، وطلب حوائجهم ممن يستشفعون به من الملائكة والأنبياء، وصالحيهم، عما يجب من حقوقهم. وأيضا فلو جعلت الصلاة والسلام عليه والدعاء له عند قبره أفضل منها في غير تلك البقعة، كما قد يكون الدعاء للميت عند قبره أفضل؛ لكانوا يخصّون تلك البقعة بزيادة الدعاء له، وإذا غابوا عنها تنقص صلاتهم وسلامهم ودعاؤهم له، فإن الإنسان لا يجتهد في الدعاء في المكان المفضول، كما يجتهد فيه في المكان الفاضل، وهم قد أمروا أن يقوموا بحق الرسول في كل مكان، وأن لا يكون البعيد عن قبره أنقص إيمانا وقياما بحقّه، من المجاور لقبره، وقال لهم صلى الله عليه وسلّم: «لا تتخذوا قبري عيدا وصلّوا عليّ حيث كنتم، فإن صلاتكم تبلغني» . وقد شرع لهم أن يصلّوا عليه ويسألوا له الوسيلة إذا سمعوا المؤذّن حيث كانوا، وأن يسلّموا عليه في كل صلاة، ويصلّوا عليه في الصلاة، ويسلّموا عليه إذا دخلوا المسجد وإذا خرجوا منه، فهذا الذي أمروا به عام في كل مكان، وهو يوجب من القيام بحقّه، ورفع درجته، وإعلاء منزلته، ما لا يحصل لو جعل ذلك عند قبره أفضل، ولا إذا سوّي بين قبره وقبر غيره، بل إنما يحصل كمال حقه مع حق ربه بفعل ما شرعه وسنّه لأمته، من واجب ومستحبّ، وهو أن يقوموا بحقّ الله ثم بحق رسوله حيث كانوا؛ من المحبة والموالاة والطاعة، وغير ذلك من الصلاة والسلام والدعاء، وغيره ذلك. ولا يقصدون تخصيص القبر لما يفضي إليه ذلك من ترك حقّ الله وحق رسوله. فهذا وغيره مما يبين أن ما نهي عنه الناس ومنعوا منه، وكان السلف لا يفعلونه من زيارة قبره، وإن كانت زيارة قبره غير مستحبة؛ فهو أعظم لقدره، وأرفع لدرجته، وأعلى في منزلته، وإن ذلك أقوم بحق الله، وأتم وأكمل في عبادته وحده لا شريك له، وإخلاص الدين له، ففي ذلك تحقيق شهادة أن لا إله إلا الله وأن محمدا عبده ورسوله. وإن أهل البدع الذين فعلوا ما لم يشرعه، بل ما نهى عنه، وخالفوا الصحابة