Il est unanimement établi, par transmission mutawâtir et par le consensus de la communauté, qu’il n’est pas légiféré de se rendre jusqu’au tombeau du Messager – ṣallallâhu ʿalayhi wa sallam – ni pour y formuler des invocations, ni pour l’invoquer lui-même, ni pour quelque autre dessein. Pour les autres défunts, en revanche, la prière sur la tombe est permise selon la majorité des Pieux Prédécesseurs, comme l’attestent les hadiths authentiques. Or la prière sur la tombe est assimilée à la prière funéraire : elle n’est prescrite qu’en présence du défunt et lorsqu’on peut le voir. Par consensus, nul ne prie sur son tombeau, que l’on fixe ou non une limite précise à cette prière, et l’on ne connaît aucun Compagnon revenu d’un voyage qui ait, à son arrivée, prié sur sa tombe, ṣallallâhu ʿalayhi wa sallam. La visite légiférée des sépultures suppose de parvenir jusqu’à la tombe et de la voir ; or, cette visite n’est ni prescrite à son égard – d’après le texte explicite et le consensus – ni même matériellement possible. Se révèle ainsi l’erreur de ceux qui l’ont assimilé au cas des croyants ordinaires : il s’agit d’une analogie défectueuse. Quiconque recourt à une analogie « a fortiori » sans connaître ce qui distingue chacun des deux cas produit une comparaison du même type que celle des idolâtres qui assimilaient la bête morte à l’animal abattu rituellement et disaient aux musulmans : « Mangez-vous ce que vous avez vous-mêmes tué alors que vous vous abstenez de ce qu’Allah a fait mourir ? » Allah – Exalté soit-Il – révéla alors : « Certes, les démons inspirent à leurs alliés pour qu’ils discutent avec vous ; si vous leur obéissez, vous serez assurément des associateurs. » (Al-Anʿâm, 121). De même, lorsqu’Allah informa que les idoles adorées, ainsi que leurs adorateurs, seront le combustible de la Géhenne, Ibn az-Zubʿarî – avant sa conversion – et d’autres polythéistes assimilèrent à ces idoles ʿÎsâ, paix sur lui, et dirent : « Il faudrait donc que ʿÎsâ soit châtié. » Allah – Très-Haut – dit : « Lorsque le Fils de Marie fut cité en exemple, ton peuple s’en détourna ; ils dirent : “Nos divinités sont-elles meilleures, ou bien lui ?” Ils ne t’ont proposé cet exemple que par pure polémique ; ce sont des gens totalement querelleurs. Il n’est qu’un serviteur à qui Nous avons accordé Notre faveur, et Nous l’avons érigé en signe pour les Enfants d’Israël. » (Az-Zukhruf, 57-59). Et Il exposa la distinction en disant : « Ceux auxquels Nous avons déjà octroyé la félicité seront tenus éloignés de celle-ci (la Géhenne). » (Al-Anbiyâ’, 101). Ainsi, toute personne vertueuse – prophète ou non – ne sera pas châtiée pour ceux qui l’ont divinisée et adorée, car il est innocent de leur association. Quant aux idoles, elles ne sont que des pierres destinées à être le combustible du Feu ; certains ont même dit qu’elles font partie des pierres mentionnées dans Sa parole : « … dont le combustible sera les hommes et les pierres » (Al-Baqarah, 24). Allah, Exalté soit-Il, dit encore : « Quant aux injustes, ils seront, pour la Géhenne, du bois à brûler. » (Al-Jinn, 15). Le développement de cette question appartient à un autre endroit. Ce qu’il importe de retenir ici, c’est que la voie suivie par sa Sunna, par ses califes, ses Compagnons ainsi que par les gens de science et de piété à Médine – à savoir leur abstention de visiter son tombeau – concrétise de façon plus parfaite le droit d’Allah et le droit de Son Messager, ṣallallâhu ʿalayhi wa sallam. Elle est plus complète, meilleure et plus excellente que ce qui est accompli pour autrui ; quant au droit d’Allah et à l’affirmation de Son Unicité, elle est encore plus totale, plus parfaite et plus explicite. Quant au fait qu’elle soit plus complète à l’égard d’Allah, c’est parce que le droit d’Allah sur Ses serviteurs est qu’ils L’adorent sans rien Lui associer
وقد ثبت بالتواتر وإجماع الأمة أن الرسول لا يشرع الوصول إلى قبره لا للدعاء، ولا لدعائه ولا لغير ذلك، بل غيره يصلّى على قبره عند أكثر السلف كما دلّت عليه الأحاديث الصحيحة، والصلاة على القبر كالصلاة على الجنازة؛ تشرع مع القرب والمشاهدة، وهو بالإجماع لا يصلّى على قبره، سواء كان للصلاة حدّ محدود، أو كان يصلّي على القبر مطلقا، ولم يعرف أن أحدا من الصحابة الغائبين لما قدم صلى على قبره صلى الله عليه وسلّم. وزيارة القبور المشروعة هي مشروعة مع الوصول إلى القبر بمشاهدته، وهذه الزيارة غير مشروعة في حقه بالنص والإجماع ولا هي أيضا ممكنة. فتبين غلط هؤلاء الذين قاسوه على عموم المؤمنين، وهذا من باب القياس الفاسد، ومن قاس قياس الأولى ولم يعلم ما اختص به كل واحد من المقيس والمقيس به؛ كان قياسه من جنس قياس المشركين الذين كانوا يقيسون الميتة على المذكي، ويقولون للمسلمين: أتأكلون ما قتلتم، ولا تأكلون ما قتل الله؟ فأنزل الله تعالى: وَإِنَّ الشَّياطِينَ لَيُوحُونَ إِلى أَوْلِيائِهِمْ لِيُجادِلُوكُمْ وَإِنْ أَطَعْتُمُوهُمْ إِنَّكُمْ لَمُشْرِكُونَ [الأنعام: ١٢١] . وكذلك لما أخبر الله أن الأصنام التي تعبد هي وعابدوها حصب جهنم، قاس ابن الزّبعري قبل أن يسلم هو وغيره من المشركين عيسى بها، وقالوا: فيجب أن يعذب عيسى. قال تعالى: * وَلَمَّا ضُرِبَ ابْنُ مَرْيَمَ مَثَلًا إِذا قَوْمُكَ مِنْهُ يَصِدُّونَ وَقالُوا أَآلِهَتُنا خَيْرٌ أَمْ هُوَ ما ضَرَبُوهُ لَكَ إِلَّا جَدَلًا بَلْ هُمْ قَوْمٌ خَصِمُونَ [الزخرف: ٥٧، ٥٨] ثم قال: إِنْ هُوَ إِلَّا عَبْدٌ أَنْعَمْنا عَلَيْهِ وَجَعَلْناهُ مَثَلًا لِبَنِي إِسْرائِيلَ [الزخرف: ٥٩] . وبيّن تعالى الفرق بقوله تعالى: إِنَّ الَّذِينَ سَبَقَتْ لَهُمْ مِنَّا الْحُسْنى أُولئِكَ عَنْها مُبْعَدُونَ [الأنبياء: ١٠١] بيّن أن من كان صالحا؛ نبيا أو غير نبي، لم يعذب لأجل من أشرك به وعبده، وهو بريء من إشراكهم به. وأما الأصنام فهي حجارة تجعل حصبا للنار، وقد قيل: إنها من الحجارة التي قال الله: وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجارَةُ [البقرة: ٢٤] وقال تعالى: وَأَمَّا الْقاسِطُونَ فَكانُوا لِجَهَنَّمَ حَطَباً [الجن: ١٥] وبسط هذا له موضع آخر. والمقصود هنا؛ أن يعرف أن ما مضت به سنته وكان عليه خلفاؤه وأصحابه وأهل العلم والدين بالمدينة؛ تركهم لزيارة قبره أكمل في القيام بحقّ الله وحق رسوله، فهو أكمل وأفضل وأحسن مما يفعل مع غيره، وهو أيضا في حق الله وتوحيده أكمل وأتم وأبلغ. أما كونه أتم في حق الله؛ فلأن حق الله على عباده أن يعبدوه ولا يشركوا