Ceci est un ḥadîth ḥasan ; ses rapporteurs sont des transmetteurs sûrs et renommés. Cependant, ʿAbd Allâh ibn Nâfiʿ as-Ṣâʾigh présente une certaine faiblesse qui n’empêche pas de l’invoquer comme argument.
Yahyâ ibn Maʿîn a dit : « Il l’a déclaré fiable, et le fait qu’Ibn Maʿîn le juge digne de confiance te suffit. »
Abû Zurʿa a dit : « Il n’y a aucun mal en lui. »
Abû Ḥâtim ar-Râzî a dit : « Il n’est pas ḥâfiẓ ; il a quelque faiblesse : on y trouve du reconnu et du réprouvé. »¹
Je dis : un tel narrateur peut se tromper à l’occasion ; lorsque son ḥadîth possède des témoins concordants, on sait qu’il est préservé. Celui-ci compte plusieurs chaînes de confirmation que j’ai détaillées ailleurs.
De même, Saʿîd ibn Manṣûr le rapporte dans ses Sunan : « Ḥibbân ibn ʿAlî nous a rapporté ; Muḥammad ibn ʿAjlân m’en a informé, d’après Abû Saʿîd, le mawla d’al-Mahrî, qui dit : Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — a dit :
« Ne faites pas de ma demeure un lieu de fête, ni de vos maisons des cimetières ; et priez sur moi où que vous soyez, car votre prière me parvient. »²
Saʿîd rapporta encore : « ʿAbd al-ʿAzîz ibn Muḥammad nous a relaté ; Suhayl ibn Abî Suhayl m’a informé : Al-Ḥasan ibn al-Ḥasan ibn ʿAlî ibn Abî Ṭâlib me vit près de la tombe et m’interpella alors qu’il dînait dans la maison de Fâṭima :
— Viens donc au repas du soir.
— Je n’en veux pas, répondis-je.
— Pourquoi t’ai-je vu près de la tombe ? demanda-t-il.
— J’ai salué le Prophète — qu’Allâh prie sur lui et le salue.
Il dit : « Lorsque tu entres dans la mosquée, adresse-lui la salutation. » Puis il ajouta :
« Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — a dit : “Ne faites pas de ma demeure un lieu de fête, ni de vos maisons des cimetières ; qu’Allâh maudisse les Juifs : ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour oratoires ; et priez sur moi, car votre prière me parvient où que vous soyez.” Vous et ceux qui se trouvent en Andalousie êtes, à cet égard, sur un pied d’égalité. »³
Le qâḍî Ismâʿîl ibn Isḥâq l’a également rapporté dans son ouvrage « Fadlu ṣ-ṣalâti ʿalâ an-Nabiyy — صلى الله عليه وسلم », sans mentionner cet ajout : « Vous et ceux qui se trouvent en Andalousie êtes, à cet égard, sur un pied d’égalité. » Son avis est, en effet, que la salutation du voyageur arrivant ou souhaitant repartir est meilleure lorsqu’elle se fait là-bas, et que les étrangers saluent en entrant et en sortant ; cette pratique, selon lui, possède un avantage sur ceux qui sont en Andalousie. Al-Ḥasan ibn al-Ḥasan, ainsi que d’autres, ne distinguent pas entre les habitants de Médine et les étrangers, ni entre le voyageur et le non-voyageur.
Ainsi, le qâḍî Ismâʿîl le transmit par la chaîne suivante : « Ibrâhîm ibn Ḥamza — ʿAbd al-ʿAzîz ibn Muḥammad nous a rapporté, d’après Suhayl ibn Abî Suhayl, qui dit : Je vins saluer…"