Je dis donc : Ce qui attriste, c’est que cette construction demeure dressée depuis des siècles ; n’eût-elle pas été supprimée, la haute coupole verte, puis que la tombe bénie ne fût encore ceinte de grilles de cuivre, d’ornements, de tentures et d’autres ajouts que l’Occupant même du tombeau ﷺ ne saurait agréer. Lors de ma visite à la noble Mosquée du Prophète, où j’eus l’honneur de présenter mes salutations à l’Envoyé d’Allah ﷺ en l’an 1368 H, j’ai remarqué, au bas du mur nord du tombeau, un petit miḥrâb, devant une estrade légèrement surélevée par rapport au sol de la mosquée, signe que l’on a réservé cet endroit à la prière derrière la tombe. J’ai alors été surpris de constater qu’un tel vestige païen subsistait encore sous le règne de l’État du tawḥîd. Je précise toutefois que je n’ai vu personne prier en ce lieu, tant la surveillance exercée par les gardes chargés d’empêcher tout acte contraire à la Sharîʿa auprès du tombeau est rigoureuse. Cette vigilance mérite d’être saluée, mais elle demeure insuffisante et ne règle pas la question. Il y a trois ans déjà, j’écrivais dans mon ouvrage « Ahkâm al-janâʾiz wa bidʿuhâ » (p. 208 de l’édition originale) : « Il faut ramener la Mosquée du Prophète à son état antérieur, en la séparant de la tombe prophétique par un mur allant du nord au sud, de sorte que celui qui entre dans la mosquée n’y voie rien qui déplaise à son Fondateur ﷺ. J’estime que cela incombe à l’État saoudien, s’il veut réellement se poser en défenseur de l’unicité. Nous apprenons qu’il a ordonné un nouvel agrandissement de la mosquée ; puisse-t-il adopter cette proposition, effectuer l’extension par le côté ouest – ou ailleurs – et compenser ainsi la perte de superficie qu’entraînerait l’application de ce plan. Je demande à Allah de concrétiser cela par ses soins ; et qui, mieux que lui, en a la charge ? » Or la mosquée a été agrandie il y a environ deux ans sans qu’on la ramène à l’état où elle se trouvait à l’époque des Compagnons. Allah Seul procure l’aide. Réponse à la troisième ambiguïté La troisième ambiguïté veut que le Prophète ﷺ ait prié dans la mosquée d’al-Khayf, laquelle abriterait la tombe de soixante-dix prophètes, d’après un hadith. Nous ne contestons pas qu’il ﷺ y ait effectivement prié ; en revanche, l’affirmation selon laquelle soixante-dix prophètes y seraient enterrés n’a aucune valeur probante, et cela pour deux raisons. Premièrement : nous ne reconnaissons pas l’authenticité du hadith invoqué. Aucun des compilateurs de traditions sûres ne l’a rapporté, et aucun des grands imâms constamment suivis pour leurs jugements critiques ne l’a déclaré authentique. L’examen scientifique de la chaîne de transmission ne plaide pas pour lui ; on y rencontre des rapporteurs coutumiers des récits singuliers, ce qui empêche le cœur de se rassurer quant à l’information qu’ils portent seuls. Al-Ṭabarânî dit, dans son Muʿjam al-kabîr (3/204/2) : « ʿAbdân ibn Aḥmad nous a rapporté ; ʿÎsâ ibn Shâdhân nous a rapporté ; Abû Hammâm al-Dallâl nous a rapporté ; Ibrâhîm ibn Ṭahmân, d’après Manṣûr, d’après Mujâhid, d’après Ibn ʿUmar, relève ce propos au Prophète : “Dans la mosquée d’al-Khayf se trouve la tombe de soixante-dix prophètes.” » Al-Haythamî rapporte l’isnâd dans le Majmaʿ (3/298) sous la forme : « … la tombe de soixante-dix prophètes », puis ajoute : « Le hadith est rapporté par al-Bazzâr et ses transmetteurs sont fiables. » Cette indication est incomplète, car al-Ṭabarânî l’a cité également, comme on vient de le voir. Je précise : les transmetteurs d’al-Ṭabarânî sont eux aussi dignes de confiance, à l’exception de ʿAbdân ibn Aḥmad, l’Ahwâzî, dont al-Ṭabarânî fait mention dans son Muʿjam al-ṣaghîr (p. 136), sans qu’aucune biographie ne soit connue de lui. Il ne s’agit pas de ʿAbdân ibn Muḥammad al-Marwazî, qui, lui, est un huffâẓ fiable, cité dans Târîkh Baghdâd (11/135), Tadhkirat al-ḥuffâẓ (2/230), etc. La chaîne contient toutefois des narrateurs portés à l’étrangeté, tels ʿÎsâ ibn Shâdhân, dont Ibn Ḥibbân écrit, dans al-Thiqât : « Il rapporte des récits rares » ; ou encore Ibrâhîm ibn Ṭahmân, à propos duquel Ibn ʿAmmâr al-Mawṣilî dit : « Peu sûr, ses récits sont confus. » Bien que ce jugement soit, pris isolément, critiquable, il montre qu’il subsiste un doute sur ce qu’Ibn Ṭahmân rapporte. Ibn Ḥibbân note d’ailleurs, dans al-Thiqât min atbâʿ al-tâbiʿîn (2/1) : « Son cas est équivoque ; il figure tantôt parmi les fiables, tantôt parmi les faibles… » C’est pourquoi Ibn Ḥajar résume son statut, dans al-Taqrîb, par : « Fiable, mais rapporte des récits rares. » Le cheikh de Manṣûr – Ibn al-Muʿtamir – est sûr ; néanmoins, le présent hadith ressort donc des singularités soit d’Ibn Ṭahmân, soit d’Ibn Shâdhân. Je crains d’ailleurs qu’une altération se soit glissée : le mot « qabr » (tombe) aurait remplacé « ṣallâ » (il a prié), formulation pourtant la plus connue. Al-Ṭabarânî rapporte en effet, dans al-Muʿjam al-kabîr (3/1551), avec une chaîne de narrateurs fiables, d’après Saʿîd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs : « Soixante-dix prophètes ont prié dans la mosquée d’al-Khayf… » Le même texte figure dans al-Awsat (1/119/2, supplément), chez al-Maqdisî dans al-Mukhtâra (249/2), chez al-Mukhlis (troisième du sixième des Mukhlisiyyât, 70/1) et chez Abû Muḥammad ibn Shaybân al-ʿAdl dans al-Fawâʾid (2/222/2). Al-Munzhirî (2/116) juge la chaîne « bonne ». Ce degré me paraît confirmé, car j’ai trouvé une autre voie rapportée d’Ibn ʿAbbâs par al-Azhraqî dans Akhbâr Makka (p. 35), mawqûf, et dont la chaîne corrobore le hadith, comme je l’ai exposé dans mon grand ouvrage encore inédit « Ḥujjat al-wadâʿ ». Al-Azhraqî le rapporte ensuite (p. 38) par l’intermédiaire de Muḥammad ibn Isḥâq : « Untel, en qui je n’ai pas de doute, m’a rapporté d’Ibn ʿAbbâs », toujours à l’état mawqûf. C’est là la version la plus connue – Allah sait mieux. En résumé, le hadith est faible et le cœur ne se rassure pas à l’accepter. À supposer même qu’il fût authentique, on pourrait y répondre… (73) – Manuscrit conservé à la bibliothèque al-Ẓâhiriyya de Damas. (75) – Manuscrit incomplet au début et à la fin, conservé à la bibliothèque al-Ẓâhiriyya ; une copie complète se trouve à la bibliothèque du ḥaram de La Mecque. (74) – J’ai ensuite constaté une corroboration : la chaîne donnée par al-Bazzâr dans ses Zawâʾid (p. 123, reproduction du Maktab al-Islâmî) ; il y dit : « Ibrâhîm nous a rapporté, d’après al-Mustamir al-ʿUruqî, qu’il a dit : Muḥammad nous a rapporté, qu’Ibrâhîm ibn Ṭahmân… » Al-Bazzâr commente : « Ibrâhîm est seul à le rapporter de Manṣûr et nous n’en connaissons pas, d’Ibn ʿUmar, avec une chaîne meilleure que celle-ci. » Cette corroboration est convenable ; al-ʿUruqî (avec un qâf) est « ṣadûq, rapporte des singularités », selon al-Taqrîb. La responsabilité du hadith pèse donc sur Ibn Ṭahmân. Al-Haythamî, se fondant sur l’apparence de la chaîne, écrit dans les Zawâʾid d’al-Bazzâr : « C’est une chaîne authentique. » Son appréciation antérieure – « ses transmetteurs sont fiables » – est sans doute plus précise, car une telle formule n’implique pas nécessairement l’authenticité ; la probité des transmetteurs n’est qu’une condition parmi d’autres, et le savant ne s’en tient à cette expression, sans déclarer formellement l’authenticité, que parce qu’il a perçu une anomalie l’en empêchant, ou qu’il ignore si les autres conditions sont réunies. C’est là un point important, souvent négligé par les débutants, comme je l’ai rappelé dans l’introduction de « Tamâm al-minna ʿalâ Fiqh al-sunna ». Si je m’étais complu à argumenter par ce que je ne tiens pas pour correct, j’aurais rétorqué à certains contemporains – imitateurs – qui authentifient le hadith, qu’al-Suyûtî l’a noté faible dans al-Jâmiʿ al-ṣaghîr, à l’aide du symbole ad hoc ; on le lit dans l’édition de Bûlâq, dans l’exemplaire annoté par al-Manâwî et dans un manuscrit de la bibliothèque al-Ẓâhiriyya (no 2329), entre autres. Je ne me fie toutefois pas à ces symboles, pour les raisons exposées plus haut, ainsi que dans les introductions de mes ouvrages « Ṣaḥîḥ al-jâmiʿ al-ṣaghîr wa ziyâdâtihi » et « Ḍaʿîf al-jâmiʿ al-ṣaghîr wa ziyâdâtihi », désormais publiés au Maktab al-Islâmî. Cela dit, la mention de faiblesse demeure opposable à ces auteurs, car ils ne procèdent à aucun examen critique – de leur propre aveu ils ne sont que des suiveurs ; il est donc probable qu’ils se fient à ces symboles, et cette faiblesse constitue, si l’on est équitable, une preuve contre eux. Deuxièmement : le hadith ne dit pas que les tombes soient apparentes dans la mosquée d’al-Khayf. Al-Azhraqî, dans son Târîkh Makka (pp. 406-410), décrit longuement la mosquée sans mentionner de tombe visible. Or la Sharîʿa fonde ses jugements sur l’apparence ; puisqu’aucun tombeau n’y affleure, rien, absolument rien, ne s’oppose à y prier : les sépultures y sont effacées, nul ne les distingue. Sans ce récit – dont la faiblesse est désormais patente – personne n’aurait même imaginé qu’il s’y trouve soixante-dix tombes ; dès lors, on n’y rencontre pas la corruption cultuelle commune aux mosquées bâties sur des tombes apparentes et surélevées. Réponse à la quatrième ambiguïté Dans certains livres, on lit que la tombe d’Ismaël – paix sur lui – et d’autres se situerait dans le ḥijr, à l’intérieur de la Mosquée sacrée, le meilleur des lieux où l’on cherche à prier. Voici la réponse : Il est indubitable que la Mosquée sacrée est la plus éminente des mosquées, et qu’une prière accomplie en son sein équivaut à cent mille prières ailleurs (76). Ce mérite lui est inhérent depuis qu’Ibrahim en a élevé les assises avec son fils Ismaël ; il ne lui a pas été conféré par l’inhumation d’Ismaël – à supposer que celle-ci soit avérée. Soutenir le contraire, c’est s’égarer gravement et avancer une parole qu’aucun des pieux prédécesseurs – qu’Allah les agrée – n’a jamais émise, absence totale de hadith probant à l’appui. Si l’on objecte : « Certes, ton exposé est irréfutable, et l’ensevelissement d’Ismaël à cet endroit ne le contredit pas ; mais cela n’implique-t-il pas, à tout le moins, qu’il n’y a pas de réprobation à prier dans une mosquée contenant un tombeau ? »
(76) Quelques hadiths relatifs à ce sujet ont été recensés dans Irwa al-Ghalil, nos 971 et 1129.
قلت: ومما يؤسف له أن هذا البناء قد بني عليه منذ قرون إن لم يكن قد أزيل تلك القبة الخضراء العالية وأحيط القبر الشريف بالنوافذ النحاسية والزخارف والسجف وغير ذلك مما لا يرضاه صاحب القبر نفسه ﷺ بل قد رأيت حين زرت المسجد النبوي الكريم وتشرفت بالسلام على رسول الله ﷺ سنة ١٣٦٨ هـ رأيت في أسفل حائط القبر الشمالي محرابا صغيرا ووراءه سدة مرتفعة عن أرض المسجد قليلا إشارة إلى أن هذا المكان خاص للصلاة وراء القبر فعجبت حينئذ كيف ضلت هذه الظاهرة الوثنية قائمة في عهد دولة التوحيد أقول هذا مع الاعتراف بأنني لم أر أحدا يأتي ذلك المكان للصلاة فيه لشدة المراقبة من قبل الحرس الموكلين على منع الناس من يأتوا بما يخالف الشرع عند القبر الشريف فهذا مما تشكر عليه الدولة السعودية ولكن هذا لا يكفي ولا يشفي وقد كنت قلت منذ ثلاث سنوات في كتابي " أحكام الجنائز وبدعها " (٢٠٨ من أصلي) : فالواجب الرجوع بالمسجد النبوي إلى عهده السابق وذلك بالفصل بينه وبين القبر النبوي بحائط يمتد من الشمال إلى الجنوب بحيث أن الداخل إلى المسجد لا يرى فيه أي محالفة لا ترضى مؤسسه ﷺ اعتقد أن هذا من الواجب على الدولة السعودية إذا كانت تريد أن تكون حامية التوحيد حقا وقد سمعنا أنها أمرت بتوسيع المسجد مجددا فلعلها تتبنى اقتراحنا هذا وتجعل الزيادة من الجهة الغربية وغيرها وتسد بذلك النقص الذي سيصيبه سعة المسجد إذا نفذ الاقتراح أرجو أن يحقق الله ذلك على يدها ومن أولى بذلك منها؟) ولكن المسجد وسع منذ سنتين تقريبا دون إرجاعه إلى ما كان عليه في عهد الصحابة والله المستعان الجواب عن الشبهة الثالثة وأما الشبهة الثالثة وهي أن النبي ﷺ صلى في مسجد الخيف وقد ورد في الحديث أن فيه قبر سبعين نبيا فالجواب: أننا لا نشك في صلاته ﷺ في هذا المسجد ولكننا نقول: إن ما ذكر في الشبهة من أنه دفن فيه سبعون نبيا لا حجة فيه من وجهين: الأول: أننا لا نسلم صحة الحديث المشار إليه لأنه لم يروه أحد ممن عني بتدوين الحديث الصحيح ولا صححه أحد ممن يوثق بتصحيحه من الأئمة المتقدمين ولا النقد الحديثي يساعد على تصحيحه فإن في إسناده من يروي الغرائب وذلك مما يجعل القلب لا يطمئن لصحة ما تفرد به قال الطبراني في معجمه الكبير " (٣ / ٢٠٤ / ٢) : حدثنا عبدان بن أحمد نا عيسى بن شاذان نا أبو همام الدلال نا إبراهيم بن طمهان عن منصور عن مجاهد عن ابن عمر مرفوعا بلفظ: " في مسجد الخيف قبر سبعين نبيا " وأورده الهيثمي " المجمع " (٣ / ٢٩٨) بلفظ: قبر سبعون نبيا وقال: " رواه البزار ورجاله ثقات " وهذا قصور منه في التخريج فقد أخرجه الطبراني أيضا كما رأيت قلت: ورجال الطبراني ثقات أيضا غير عبدان بن أحمد وهو الأهوازي كما ذكر الطبراني في " المعجم الصغير " (ص ١٣٦) ولم أجد له ترجمة وهو غير عبدان بن محمد المروزي وهو من شيوخ الطبراني أيضا في " الصغير " (ص ١٣٦) وغيره وهو ثقة حافظ له ترجمة في " تاريخ بغداد " (١١ / ١٣٥) و " تذكرة الحفاظ " (٢ / ٢٣٠) وغيرها لكن في رجال هذا الإسناد من يروي الغرائب مثل عيسى بن شاذان قال فيه ابن حبان في " الثقات ": " يغرب " وإبراهيم بن طمهان قال فيه ابن عمار الموصلي: ضعيف الحديث مضطرب الحديث " وهذا على إطلاقه وإن كان مردودا على ابن عمار فهو يدل على أن في حديث ابن طهمان شيئا ويؤيده قول ابن حبان في " ثقات أتباع التابعين " (٢ / ١) : أمره مشتبه له مدخل في الثقات ومدخل في الضعفاء وقد روى أحاديث مستقيمة تشبه أحاديث الأثبات وقد تفر عن الثقات بأشياء معضلان سنذكره إن شاء الله في كتاب الفصل بين النقلة إن قضى الله سبحانه ذلك وكذلك كل شئ توقفنا في أمره ممن له مدخل في الثقات ولذلك قال فيه الحافظ ابن حجر في " التقريب ": " ثقة يغرب " وشيخ منصور وهو ابن المعتمر ثقة وقد روى له ابن طهمان حديثا آخر في مشيخته (٢٤٤ / ٢) (٧٣) فالحديث من غرائبه أو من غرائب ابن شاذان (٧٤) وأنا أخشى أن يكون الحديث تحرف على أحدهما فقال: " قبر " بدل " صلى " لأن هذا اللفظ الثاني هو المشهور في الحديث فقد أخرج الطبراني في " الكبير (٣ / ١٥٥١) بإسناد رجاله ثقات عن سعيد بن جبير عن ابن عباس مرفوعا: صلى في مسجد الخيف سبعون نبيا. . .) الحديث وكذلك رواه الطبراني في الأوسط " (١ / ١١٩ / ٢زوائده) (٧٥) وعنه المقدسي في " المختارة " (٢٤٩ / ٢) والمخلص في " الثالث من السادس من المخلصيات " (٧٠ / ١) وأبو محمد بن شيبان العدل في " الفوائد " (٢ / ٢٢٢ / ٢) وقال المنذري (٢ / ١١٦) : رواه الطبراني في الأوسط وإسناده حسن ولا شك في حسن الحديث عندي فقد وجدت له طريقا اخرى عن ابن عباس رواه الأزرقي في " أخبار مكة " (ص ٣٥) عنه موقوفا عليه وإسناده يصلح للإستشهاد به كما بينته في كتابي الكبير " حجة الوداع " (ولم ينجز بعد) ثم رواه الأزرقي (ص ٣٨) من طريق محمد بن إسحاق قال: حدثني من لا أتهم عن عبد الله بن عباس به موقوفا. فهذا هو المعروف في هذا الحديث والله أعلم وجملة القول أن الحديث ضعيف لا يطمئن القلب لصحته فإن صح فالجواب عنه (٧٣) - مخطوط في المكتبة الظاهرية بدمشق (٧٥) - مخطوط ناقص الأول والآخر محفوظ في المكتبة الظاهرية ومنه نسخة كاملة في مكتبة الحرم المكي (٧٤) - ثم رأيته قد توبع فقد وقفت على إسناد البزار للحديث في " زوائده " (ص ١٢٣ مصورة المكتب الإسلامي) فإذا هو يقول: حدثنا إبراهيم عن المستمر العروقي ثنا محمد ثنا إبراهيم بن طهمان به وقال البزار " تفرد به إبراهيم عن منصور ولا نعلمه عن ابن عمر باحسن من هذا إسنادا ". وهذه متابعة لا بأس بها العروقي بالقاف صدوق يغرب كما في التقريب ". فالعهدة في الحديث على ابن طهمان وجرى الهيثمي على ظاهر إسناده فقال في " زوائد البزار ": " قلت: هو إسناد صحيح ". ولعل قوله السابق " ورجاله ثقات " أدق لما ذكرنا من الغرابة ذلك لأن مثل هذه الكلمة لا تقتضي الصحة كما لا يخفى على من مارس هذه الصناعة لأن عدالة الر واة وثقتهم شرط واحد من شروط الصحة الكثيرة بل إن العالم لا يلجأ إلى هذه الكلمة معرضا عن التصريح بالصحة إلا لأنه يعلم أن في السند مع ثقة رجاله علةى تمنع من القول بصحته أو على الأقل لم يعلم تحقق الشروط الأخرى فيه فلذلك لم يصرح بصحته وهذه مسألة مهمة طالما غفل عنها المبتدئون في هذا العلم الشريف وغيرهم ولذلك نبهت عليها في مقدمة " تمام المنة على فقه السنة للسيد سابق " هذا ولو كنت متحتجا بما ليس صوابا عندي لا حتججت على تصحيح بعض المعاصرين المقلدين للحديث بأن السيوطي ضعفه بالرمز إليه بالضعف في " الجامع الصغير " وقع ذلك في النسخة المطبوعة بمطبعة بولاق بمصر وفي النسخة التي عليها شرح المناوي وفي نسخة خطية في المكتبة الظاهرية (٢٣٢٩ عام) وغيرها ولكن لا أثق برموز (الجامع الصغير) لأسباب ذكرتها في المقدمة المذكورة آنفا ثم في مقدمته كتابي " صحيح الجامع الغير وزياداته " و " وضعيف الجامع الصغير وزياداته " (وقد تم طبعهما في المكتب الإسلامي ولكن على الرغم من ذلك فالتضعيف وارد عليهم لأنهم لا تحقيق عندهم بل هم مقلدون في كل شئ باعترافهم فغالب الظن أنهم يعتدون بتلك الرموز وعليه فالتضعيف المذكور حجة عليهم إن أنصفوا " من الوجه الآتي وهو: الثاني: أن الحديث ليس فيه أن القبور ظاهرة في مسجد الخيف وقد عقد الأزرقي في تاريخ مكة (٤٠٦ ٤١٠) عدة فصول في وصف مسجد الخيف فلم يذكر أن فيه قبورا بارزة ومن المعلوم أن الشريعة إنما تبنى أحكامها على الظاهر فإذا ليس في المسجد المذكور قبور ظاهرة فلا محظور في الصلاة فيه البتة لأن القبور مندرسة ولا يعرفها أحد بل لولا هذا الخبر الذي عرفت ضعفه لم يخطر في بال أحد أن في أرضه سبعين قبرا ولذلك لا يقع فيه تلك المفسدة التي تقع عادة في المساجد المبنية على القبور الظاهرة والمشرفة الجواب عن الشبهة الرابعة وأما ما ذكر في بعض الكتب أن قبر إسماعيل ﵇ وغيره في الحجر من المسجد الحرام وهو أفضل مسجد يتحرى فيه فالجواب: لا شك أن المسجد الحرام أفضل المساجد والصلاة فيه بمائة ألف صلاة (٧٦) ولكن هذه الفضيلة أصلية فيه منذ رفع قواعده إبراهيم مع ابنه اسماعيل ﵉ ولم تطرأ هذه الفضيلة عليه بدفن إسماعيل ﵇ فيه لو صح أنه دفن فيه ن ومن زعم خلاف ذلك فقد ضل ضلالا بعيدا وجاء بما لم يقله أحد من السلف الصالح رضي الله عن هم ولا جاء به حديث تقوم الحجة به فإن قيل: لا شك فيما ذكرت ودفن إسماعيل فيه لا يخالف ذلك ولكن ألا يدل هذا على الأقل على عدم كراهية الصلاة في المسجد الذي فيه قبر؟
(٧٦) - وقد خرجت بعض الأحاديث الواردة في ذلك في " إرواء الغليل " (٩٧١ و ١١٢٩)