De même, au deuxième degré, on a besoin d’exemples permettant de se représenter ce sens. Or, la simple représentation de ce sens peut suffire à reconnaître sa véracité ; et si le fait d’en concevoir la signification suffit pour y adhérer, il n’est plus nécessaire de recourir à une analogie, à un exemple ou à toute autre preuve. Une fois le Coran connu de cette manière, tout propos des Gens du Livre, des Sabéens ou des polythéistes qui s’accorde avec lui ou s’y oppose doit également être traduit, tant dans ses termes que dans sa signification. Dès lors, le Coran renferme le détail de toute chose, comme le Très-Haut a dit : « Il ne s’agit point d’un récit fabriqué ; il vient plutôt confirmer ce qui le précède et exposer en détail toute chose » (Yûsuf, 111), et comme Il a dit : « Nous avons fait descendre sur toi le Livre, éclaircissement de toute chose » (An-Nahl, 89). Il est évident que la communauté est tenue de transmettre le Coran, dans sa formulation et dans son sens, tout comme le Messager en a reçu l’ordre ; la mission divine ne saurait être accomplie autrement. Or, la transmission du Coran aux non-Arabes requiert parfois qu’on le leur traduise ; on le leur traduit donc dans la mesure du possible (1), et la traduction peut nécessiter l’emploi d’exemples afin d’illustrer les sens : cela fait alors partie intégrante de la traduction. Et s’il est patent que la plupart des musulmans — et même la majorité de ceux qui se réclament du savoir — ne s’acquittent pas de la traduction du Coran, ni de son exégèse et de son exposition, il est d’autant plus normal que d’autres soient incapables de traduire et d’exposer ce qu’ils détiennent ; car l’intellect des musulmans est plus accompli, leur Livre est la parole la plus droite et le meilleur des discours, et leur langue est plus vaste, surtout lorsque ces significations ne
كما يحتاجُ في الدرجة الثانية إلى أمثلةٍ لتصوُّر ذلك المعنى. وقد يكونُ نفسُ تصوُّره مفيدًا للعلم بصدقه، وإذا كفى تصوُّر معناه في التصديق به لم يحتَجْ إلى قياسٍ ومَثَلٍ ودليلٍ آخر. فإذا عُرِفَ القرآنُ هذه المعرفة فالكلامُ الذي يوافقُه أو يخالفُه من كلام أهل الكتاب والصَّابئين والمشركين لا بدَّ فيه من الترجمة للَّفظ والمعنى أيضًا، وحينئذٍ فالقرآنُ فيه تفصيلُ كلِّ شيء, كما قال تعالى: {مَا كَانَ حَدِيثًا يُفْتَرَى وَلَكِنْ تَصْدِيقَ الَّذِي بَيْنَ يَدَيْهِ وَتَفْصِيلَ كُلِّ شَيْءٍ} [يوسف: ١١١] ، وقال: {وَنَزَّلْنَا عَلَيْكَ الْكِتَابَ تِبْيَانًا لِكُلِّ شَيْءٍ} [النحل: ٨٩] . ومعلومٌ أن الأمَّة مأمورةٌ بتبليغ القرآن لفظِه ومعناه، كما أُمِر بذلك الرسول، ولا يكونُ تبليغُ رسالة الله إلا كذلك، وأن تبليغَه إلى العَجَم قد يحتاجُ إلى ترجمته لهم، فيُتَرجَمُ لهم بحسب الإمكان (١) ، والترجمةُ قد تحتاجُ إلى ضرب أمثالٍ لتصوير المعاني، فيكونُ ذلك من تمام الترجمة. وإذا كان من المعلوم أن أكثر المسلمين ــ بل أكثر المنتسبين منهم إلى العلم ــ لا يقومون بترجمة القرآن وتفسيره وبيانه، فغيرُهم أن يعجَز عن ترجمة ما عنده وبيانه أولى بذلك؛ لأن عقلَ المسلمين أكمل، وكتابَهم أقومُ قِيلًا وأحسنُ حديثًا، ولغتَهم أوسع، لا سيَّما إذا كانت تلك المعاني غير
(١). حكى المصنف اتفاق العلماء على جواز ترجمة معاني القرآن لمن لا يعرف العربية في غير الصلاة. انظر: «الجواب الصحيح» (١/ ٢٢١, ٢/ ٥٢ - ٥٦, ٦٣, ٦٧ - ٧١, ٣/ ٢٠) , و «بيان تلبيس الجهمية» (٨/ ٢٣٠, ٤٧٤) , و «درء التعارض» (١/ ٤٣) , و «مجموع الفتاوى» (٦/ ٥٤٢).