Cheikh ʿAlī al-Marāwī, serviteur de Cheikh Asad al-Marāwī al-Baghdādī, était doté d’une grande noblesse de caractère. Il enjoignait au bien et interdisait le mal. Il pénétrait auprès des notables et envoyait des missives aux gouverneurs, qui les acceptaient, et bénéficiait d’une grande considération auprès des gens. Il faisait preuve de bienfaisance, d’aumône et de générosité envers les nécessiteux, et disposait d’un bon capital qu’il faisait fructifier. Il resta malade un long moment avant de décéder ce jour-là. On pria sur lui à la mi-journée à la Grande Mosquée, puis on le transporta au flanc du mont Qâsiyûn – qu'Allah lui fasse miséricorde –.
Le mardi matin, vingt-sept Shaʿbân, arriva l’émir Sayf al-Dîn Baydamur, qui avait été gouverneur (nâʾib) de Damas. Il s’installa dans sa demeure près du minaret de Fayrûz. Les gens allèrent le saluer après qu’il eut déjà rendu hommage au vice-sultan au Dâr al-Saʿāda. Il reçut le rang de deux « tablkhânat » (cérémonies au son du tambour), une avance de mille, ainsi que l’autorité sur les gouverneurs allant de Gaza jusqu’aux confins du Bilâd al-Shâm. Le « Roi des émirs » (Malik al-umarâʾ) l’honora grandement, et la population se réjouit beaucoup de son retour au poste de gouverneur (wâlî).
Les « Bukharîyât » (lectures du Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî) furent ensuite achevées à la Grande Mosquée des Omeyyades et ailleurs, en plusieurs lieux, au nombre de six séances, lues sous la supervision du cheikh ʿImâd al-Dîn ibn Kathîr au cours d’une même journée. La première se tenait à la mosquée Ibn Hishâm à l’aube, avant le lever du soleil, puis sous la Coupole de l’Aigle, puis à l’école an-Nûrîya, après quoi la lecture avait lieu après la prière du ẓuhr (midi) à la mosquée Tankiz, puis à l’école al-ʿAzziyya, et enfin au kiosque de la mère de l’épouse, Dame Asmâʾ bint le vizir Ibn as-Salʿûs, jusqu’à l’appel à la prière de lʿaṣr. Après lʿaṣr, on lisait encore chez le « Roi des émirs », Amîr ʿAlî, dans le quartier de al-Qaṣṣâʿîn, presque jusqu’au coucher du soleil. Parallèlement, on lisait le « Ṣaḥîḥ Muslim » dans le miḥrâb hanbalite, à l’intérieur de la porte az-Ziyâda, après la Coupole de l’Aigle et avant la Nûrîya. Nous invoquons Dieu, L’Invoqué, Qui assiste, facilite et aplanit. Des lectures semblables eurent lieu en divers autres endroits, chez des émirs et ailleurs. Un tel déploiement n’avait pas été observé les années précédentes. Louanges et remerciements à Dieu.
Le mardi dix Shawwâl, le cheikh Nûr al-Dîn ʿAlî ibn Abî al-Hayjâʾ al-Karakî ash-Shawbakî, puis damascène de rite shâfiʿite, rendit l’âme. Il était avec nous au cercle de lecture et à la kouttâb (école coranique). Lui et moi avions bouclé nos études en l’an onze. Il grandit dans la piété et la chasteté. Il étudia les Sept lectures coraniques (qirâʾât) auprès du cheikh Badr ad-Dîn ibn Sayḥân, sans toutefois terminer la lecture complète. Il s’appliqua à l’ouvrage « al-Minhâj » d’an-Nawawî, dont il lut une grande partie, sinon la majorité, recopiait des passages et les mémorisait. D’un naturel enjoué, il était apprécié des gens, qui recherchaient sa compagnie pour cette raison. Il maîtrisait avec soin les versets coraniques aux formes similaires (mutashâbih) et récitait beaucoup le Coran, se montrait assidu dans la prière nocturne. Il étudia avec moi le « Ṣaḥîḥ al-Bukhârî » au maqâm Ibn Hishâm pendant plusieurs années et y acquit une réelle compétence, sa voix étant puissante et son élocution éloquente. Il accéda ensuite à la charge de cheikh à la Halabiyya de la Grande Mosquée et enseigna sur plusieurs chaires le long du mur nord. Il fut bien accepté par tous.
(1) Sa biographie se trouve dans al-Durar al-Kāmina (3/145), où il est désigné : al-Barāwī.
(2) Signifie : ceux qui sont dans le besoin.
(3) Al-Durar al-Kāmina (1/513).
(4) Sa biographie se trouve dans : al-Durar al-Kāmina (3/10), où il est mentionné : ʿAlī b. Ibrāhīm b. Abī al-Hayjāʾ...
الشيخ علي
(١)
المراوحي خادم الشيخ أسد المراوحي البغدادي، وكان فيه مروءة كثيرة، ويأمر بالمعروف وينهى عن المنكر، ويدخل على النواب ويرسل إلى الولاة فتقبل رسالته، وله قبول عند الناس، وفيه بر وصدقة وإحسان إلى المحاويج
(٢)
، وبيده مال جيد يتَّجر له فيه، تعلَّل مدة طويلة ثم كانت وفاته في هذا اليوم فصلِّيَ عليه الظهر بالجامع، ثم حُمل إلى سفح قاسيون
(رحمه الله)
.
وفي صبيحة يوم الثلاثاء السابع والعشرين من شعبان قدم الأمير سيف الدين بَيْدَمُر الذي كان نائب الشام فنزل بداره عند مئذنة فيروز، وذهب الناس للسّلام عليه بعد ما سلَّم على نائب السلطنة بدار السعادة، وقد رُسم له بطبلخانتين وتقدمة ألف وولاية الولاة من غَزَّة إلى أقصى بلاد الشام، وأكرمه ملك الأمراء إكرامًا زائدًا، وفرحت العامة بذلك فرحًا شديدًا بعَوده إلى الولاية
(٣)
.
وخُتمت
"البخاريات"
بالجامع الأموي وغيره في عدة أماكن من ذلك ستة مواعيد، تقرأ على الشيخ عماد الدين ابن كثير في اليوم، أولها بمسجد ابن هشام بكرةً قبل طلوع الشمس، ثم تحت النَّسر، ثم بالمدرسة النُّورية، وبعد الظهر بجامع تَنْكِز، ثم بالمدرسة العزِّيّة، ثم بالكوشك لأم الزوجة الست أسماء بنت الوزير ابن السَّلْعوس، إلى أذان العصر، ثم من بعد العصر بدار ملك الأمراء أمير علي بمحلَّة القصَّاعين إلى قريب الغروب، ويقرأ
"صحيح مسلم"
بمحراب الحنابلة داخل باب الزِّيادة بعد قبة النَّسر وقبل النورية، واللَّه المسؤول وهو المعين الميسِّر المسهِّل. وقد قرئ في هذه الهيئة في عدة أماكن أُخر من دور الأمراء وغيرهم، ولم يعهد مثل هذا في السنين الماضية، فلله الحمد والمنة.
وفي يوم الثلاثاء عاشر شوال توفي الشيخ نور الدين علي
(٤)
بن أبي الهيجاء الكَرَكي الشَّوْبَكيّ، ثم الدمشقي الشافعي، كان معنا في المقرئ والكتَّاب، وختمت أنا وهو في سنة إحدى عشرة، ونشأ في صيانة وعفاف، وقرأ على الشيخ بدر الدين بن سيحان للسبع، ولم يكمل عليه ختمة، واشتغل في
"المنهاج"
للنَّواوي فقرأ كثيرًا منه أو أكثره، وكان ينقل منه ويستحضر، وكان خفيف الروح، تحبُّه الناس لذلك، ويرغبون في عشرته لذلك
(رحمه الله)
، وكان يستحضر المتشابه في القرآن استحضارًا حسنًا متقنًا كثير التلاوة له، حسنَ الصَّلاة يقومُ اللّيل، وقرأ عليَّ
"صحيح البخاري"
بمشهد ابن هشام عدَّة سنين، ومهر فيه، وكان صوته جَهْوريًا فصيح العبارة، ثم وُلّي مشيخة الحلبيّة بالجامع، وقرأ في عدة كراسي بالحائط الشمالي، وكان مقبولًا
(١) ترجمته في الدرر الكامنة (٣/ ١٤٥) وفيه: البراوحي.
(٢) يعني: المحتاجين.
(٣) الدرر الكامنة (١/ ٥١٣).
(٤) ترجمته في: الدرر الكامنة (٣/ ١٠) وفيه: علي بن إبراهيم بن أبي الهيجاء. . .