Il possédait une grande érudition dans de nombreux domaines, tant dans les fondements (uṣūl) que dans les branches (furūʿ) et autres disciplines. Il mourut le samedi après la prière de midi, le septième jour de Shaʿbān, à l’âge de cinquante-cinq ans, à la madrasa al-ʿĀdiliyya.
Il était d’un caractère avenant et d’une sociabilité agréable. Il disait souvent : « Je ne suis pas en mesure d’attribuer les fonctions à ceux qui les méritent réellement. » Il laissa plusieurs ouvrages, dont un opus sur la prosodie (ʿarūḍ). À son sujet, Abū Shāma (1) déclara (dans le mètre al-khafīf) :
« Aḥmad ibn al-Khalīl — qu’Allâh le guide — comme Il guida à son tour Khalīl ibn Aḥmad.
Celui-là est l’initiateur de la prosodie et celui-ci en fait paraître le secret : et c’est en Aḥmad que l’on revient. »
Après sa mort, le poste de juge revint à Rafīʿ al-Dīn ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAbd al-Wāḥid ibn Ismāʿīl ibn ʿAbd al-Hādī al-Jīlī, qui assuma également l’enseignement à l’ʿĀdiliyya. Il avait autrefois exercé la fonction de juge à Baʿalbakk. Le ministre Amīn al-Dīn (2), auparavant Samaritain et devenu musulman au service du sultan al-Ṣāliḥ Ismāʿīl, le fit venir à Damas. Ils s’entendirent tous deux pour s’emparer injustement des biens des gens.
Abū Shāma (3) rapporta : « Il s’est manifesté chez lui une conduite déplorable, faite de tyrannie, de péché, d’injustice et d’extorsion des biens. »
J’ajoute que d’autres ont également mentionné que, certains vendredis, il se présentait ivre au mashhad al-kamālī, près de la fenêtre, et que l’on voyait encore des bouteilles de vin sur le bassin de l’ʿĀdiliyya le samedi. Il se montrait très mauvais dans la gestion des successions. Mais Allâh (Exalté soit-Il) l’a traité à l’inverse de ce qu’il escomptait et l’a détruit par la main même de celui qui avait été la cause de son élévation, comme il sera précisé sous peu, si Dieu le veut.
[Ensuite, commença l’année 638 de l’Hégire]
Cette année-là, al-Ṣāliḥ Ismāʿīl, seigneur de Damas, livra la forteresse de Shaqīf Arnūn (5) au seigneur franc de Ṣaydā (Sidon). Les critiques à son égard furent particulièrement vives de la part du shaykh ʿIzz al-Dīn ibn ʿAbd al-Salām (6), prédicateur de la ville, et du shaykh Abū ʿAmr ibn al-Ḥājib (7), grand représentant des Mālikites. Al-Ṣāliḥ Ismāʿīl les fit enfermer un temps, puis les relâcha et les assigna à résidence. Il confia ensuite la fonction de prédicateur et l’enseignement
(1) Fin de Al-Rawḍatayn (p. 169), dans lequel il est dit : Il a composé plusieurs œuvres parmi lesquelles se trouve "Al-ʿUrūḍ" ; il est en ma possession dans son manuscrit, dont j'ai tiré ce que j'ai transmis.
(2) A, B : al-Ghazāl ; la version la plus correcte serait 'Amīn al-Dawla'.
(3) Fin de Al-Rawḍatayn (pp. 169-170).
(4) A, B : Dans le mausolée à la fenêtre al-Kamālī, il était ivre de vin.
(5) T : Sayf Adbūn ; il s'agit d'une altération. Dans le Muʿjam al-Buldān, ash-Shuqayf est, comme la grotte, un nom ajouté à Arnūn, qui est le nom d'un homme, soit romain soit franc. C'est une forteresse très forte dans une caverne de la montagne près de Banīyās, dans la région de Damas, entre cette ville et la côte. Yāqūt (3/356).
(6) La biographie de ʿIzz al-Dīn ibn ʿAbd al-Salām figurera dans la section des décès pour l'année 660 H de ce volume.
(7) La biographie d'Ibn al-Ḥājib figurera dans la section des décès pour l'année 646 H de ce volume, si Dieu le veut.
وكان عالمًا بفنونٍ كثيرةٍ من الأصول والفروع وغير ذلك، وكانت وفاتُه يومَ السبتِ بعدَ الظهر السابع من شعبان، وله خمسٌ وخمسون سنةً بالمدرسة العادلية. وكان حسنَ الأخلاق جميلَ المعاشرة، وكان يقول لا أقدر على إِيصال المناصب إِلى مستحقيها. له مصنفاتٌ منها
"عروض"
قال فيه أبو شامة
(١)
:
[من الخفيف]
أحمدُ بنُ الخليلِ أرشدهُ الـ … ـلهُ لمّا أرشدَ الخليلَ بن أحمد
ذاكَ مُسْتَخْرَجُ العروضِ وهذا … مَظْهَرُ السرِّ منه والعَودُ أحمد
وقد ولي القضاء بعده رفيع الدين عبد العزيز بن عبد الواحد بن إِسماعيل بن عبد الهادي الجيلي مع تدريس العادلية، وكان قاضيًا ببعلبك. فأحضره إِلى دمشق الوزير أمين الدين
(٢)
الذي كان سامريًا فأسلم، وزر للصّالح إِسماعيل، واتفق هو وهذا القاضي على أكل أموال الناس بالباطل. قال أبو شامة
(٣)
: ظهر منه سوءُ سيرة وعسفٌ وفسقٌ وجَورٌ ومصادرةٌ في الأموال.
قلت:
وقد ذكر غيره عنه أنه ربما حضر يوم الجمعة في المشهد الكمالي بالشباك وهو سكران
(٤)
، وأن قناني الخمر كانت تكون على بِرْكَةِ العادلية يوم السبت، وكان يعتمد في التركات اعتمادًا سيئًا جدًا، وقد عامله الله تعالى بنقيض مقصوده، وأهلكه الله على يَدَيْ مَنْ كان سبب سعادته، كما سيأتي بيانه قريبًا إِن شاء الله تعالى.
[ثم دخلت سنة ثمان وثلاثين وستمئة]
فيها:
سلم الصالح إِسماعيل صاحب دمشق حصن شقيف أرنون
(٥)
لصاحب صيدا الفرنجي، فاشتد الإِنكار عليه بسبب ذلك من الشيخ عز الدين
(٦)
بن عبد السلام خطيب البلد، والشيخ أبي عمرو بن الحاجب
(٧)
شيخ المالكية، فاعتقلهما مدة ثم أطلقهما وألزمهما منازلهما، وولي الخطابة وتدريس
(١) ذيل الروضتين (١٦٩) وفيه: وصنف تصانيف من جملتها عروض وهو عندي بخطه نقلت منه.
(٢) أ، ب: الغزال؛ والأصح أن يكون أمين الدولة.
(٣) ذيل الروضتين (١٦٩ - ١٧٠).
(٤) أ، ب: في المشهد بالشباك الكمالي وهو سكران بالخمر.
(٥) ط: سيف أدبون؛ وهو تحريف. وفي معجم البلدان. الشقيف كالكهف أضيف إِلى أرنون اسم رجل إِما رومي وإِما إِفرنجي، وهو قلعة حصينة جدًا في كهف من الجبل قرب بانياس من أرض دمشق بينها وبين الساحل. ياقوت (٣/ ٣٥٦).
(٦) سترد ترجمة عز الدين بن عبد السلام في وفيات سنة ٦٦٠ هـ من هذا الجزء.
(٧) سترد ترجمة ابن الحاجب في وفيات سنة ٦٤٦ هـ من هذا الجزء إِن شاء الله.