Le juge (qâdî) Ibn Khallikân (1) a rapporté, parmi ses vers les plus exquis, plusieurs extraits. Parmi ceux-ci (2) figure un poème qui, à lui seul, aurait suffi à illustrer son talent, et qui commence par ces vers (mètre at-tawîl) : « Prenez de la brise de Najd un gage de sûreté pour son cœur : déjà sa fraîcheur a presque fait s’envoler sa raison. Mais gardez-vous de ce souffle, car quand il se lève, la passion n’est que le moindre de ses tourments. Ô mes deux compagnons, si vous aviez jamais aimé, vous sauriez quelle place la passion occupe dans le cœur d’un épris. Te souviens-tu ? Le souvenir éveille le désir, l’amant aspire, et quiconque s’attache à l’amour s’y consume. C’est un amour, qu’il y ait espoir ou désespoir dans la passion. C’est un désir, que la visite soit lointaine ou proche. Dans la caravane, un homme dissimule au fond de sa poitrine un ardent tourment : dès que l’appel de l’amour se fait entendre, il y répond. Lorsqu’un souffle du côté des sables se lève, il en ressent seul l’atteinte, sans qu’aucun de ses compagnons n’en pâtisse. Et toi qui te dérobes derrière les lances, te montrant indifférent, sache que dans le cœur, ton indifférence est un voile aussi opaque que le tien. Je suis jaloux lorsque j’entends un gémissement au camp, craignant qu’il ne soit la plainte de l’être aimé… » (3) Il mourut à Damas, durant le mois de Ramadan, à l’âge de soixante-sept ans (5). [Ensuite arriva l’an cinq cent dix-huit (H.)] En cette année-là, les Bâtinites se manifestèrent à Âmid. Les habitants les combattirent et en tuèrent sept cents, [louange à Dieu] (6). La même année, la fonction de shihna fut rendue à Bagdad à Saʿd ad-Dawla Yaranqish az-Zakawî, et on lui remit Manṣûr ibn Ṣadaqa, frère de Dubays, pour qu’il le livre à la Cour califale. On apprit également que Dubays s’était réfugié auprès de Toghrulbek et qu’ils s’étaient entendus pour s’emparer de Bagdad. Les habitants se préparèrent (7) à les combattre (8). Aqsunqur le Turc reçut l’ordre de revenir à Mossoul. Il plaça comme lieutenant à Bassora ʿImâd ad-Dîn Zankî ibn Aqsunqur.
(1) Éd. : un bon extrait de ses poèmes extrait d’un poème. (2) Á, B : dans lequel il dit « si ce n’était pas... ». (3) Les vers sont le début d’un poème composé de 78 vers dans son Diwān (pp. 170-177) et ils figurent tels quels dans Wafayāt al-Aʿyān (1/146) et Ash-Shadhārāt (4/54). (4) Á, B : son refus. (5) B : « soixante-dix ans », tandis que dans l’éd. : « soixante-dix-sept ans ». Les deux sont des erreurs, car Ibn al-Khayyāṭ est né en 450. (6) N’existe pas dans l’éd. (7) Á, B : « pour la préparation ». (8) Éd. : « vers leur combat ».
وأورد له القاضي ابن خلكان (١) من شعره الرائق قطعًا، من ذلك (٢) قصيدته التي لو لم يكن له سواها لكفته، وهي التي يقول في أولها: [من الطويل] خُذا مِنْ صَبَا نَجْدٍ أمانًا لِقَلْبه … فَقَدْ كادَ ريّاها يَطيرُ بِلُبِّهِ وَإِيّاكُما ذاك النَّسِيمَ فإنَّهُ … مَتَى هَبَّ كانَ الوَجْدُ أَيْسَرَ خَطْبِهِ خَليليَّ لَوْ أَحْبَبْتُما لَعَلِمْتُما … مَحَلَّ الهَوَى من مُغْرَمِ القَلْبِ صبِّهِ (٣) أَتَذْكُرُ والذِّكْرى تَشُوفُ وذُو الهَوَى … يَتُوقُ وَمَنْ يَعْلَقْ به الحُبُّ يُصْبِهِ غَرامٌ على يَأْسِ الهَوَى وَرَجَائِهِ … وَشَوْقٌ على بُعْدِ المَزَارِ وقُرْبِهِ وفي الرّكْبِ مَطْوِيُّ الضلُوعِ على جَوَى … مَتَى يَدْعُهُ دَاعِي الغَرامِ يُلَبِّهِ إِذا خَطَرتْ مِنْ جَانِبِ الرَّمْلِ نَفْحَةٌ … تَضَمَّنَ منها دَاؤُهُ دُونَ صَحْبِهِ ومُحْتَجِبٍ بَيْنَ الأَسِنَّةِ مُعْرِضٌ … وَفي القَلْبِ من إعْراضِهِ (٤) مِثلُ حَجْبِهِ أَغَارُ إِذا آنَسْتُ في الحَيِّ أَنَّةً … حذارًا وَخَوْفًا أنْ تكون لحبِّهِ وقد كانت وفاته في رمضان عن سبع وستين (٥) سنة بدمشق. [ثم دخلت سنة ثماني عشرة وخمسمئة] فيها: ظهرت الباطنية بآمِد، فقاتلهم أهلها، فقتلوا منهم سبعمئة، [وللّه الحمد] (٦) . وفيها: رُدَّت الشحنكية ببغداد إلى سعد الدولة يرنقش الزكوي، وسلم إليه منصور بن صدقة، أخو دُبَيْس، ليسلمه إلى دار الخلافة. وورد الخبر بأن دُبيسًا قد التجأ إلى طُغْرُلْبَك، وقد اتفقا على أخذ بغداد، فأخذ الناس بالتأهُّب (٧) لقتالهما (٨) . وأمر آقْسُنْقُر التركي بالعود إلى الموصل، فاستناب على البصرة عماد الدين زنكي بن آقسنقر.
(١) ط: قطعة جيدة من شعره من قصيدة. (٢) آ، ب: التي قال فيها لو لم يكن .... (٣) الأبيات مطلع قصيدة مؤلفة من ٧٨ بيتًا في ديوانه (١٧٠ - ١٧٧) وهي كما هنا في وفيات الأعيان (١/ ١٤٦) والشذرات (٤/ ٥٤). (٤) آ، ب: إعراضها. (٥) ب: عن سبعين سنة، وفي ط: عن سبع وتسعين سنة. وكلاهما تصحيف لأن ابن الخياط ولد سنة ٤٥٠. (٦) ليس في ط. (٧) آ، ب: للتأهب. (٨) ط: إلى قتالهما.