ʿAbd al-Wahhâb ibn ʿAbd al-ʿAzîz ibn al-Ḥârith ibn Asad (1), Abû al-Faraj al-Tamîmî, jurisconsulte hanbalite et prédicateur. Il transmit de son père une tradition à chaîne continue remontant à ʿAlî : « al-Ḥannân est Celui qui se tourne vers celui qui s’est détourné de Lui ; al-Mannân est Celui qui commence par octroyer Ses bienfaits avant même qu’on les Lui demande. » Il mourut en Rabîʿ al-Awwal et fut inhumé dans le cimetière d’Aḥmad ibn Ḥanbal. Gharîb ibn Muḥammad ibn Maʿn ibn Sayf ad-Dawla (2), Abû Sinân, avait fait frapper la monnaie à son nom ; il fut un souverain solidement établi au pouvoir et laissa cinq cent mille dînars. Son fils Sinân lui succéda et s’appuya sur son oncle Qirwâsh, grâce à qui ses affaires se consolidèrent. Il mourut à Karkh Sâmarrâʾ à l’âge d’environ soixante-dix ans — qu’Allah, dans Sa grâce et Sa munificence, nous couvre ainsi que lui. Puis vint l’année quatre cent vingt-six de l’Hégire. Au mois de Muḥarram, les Bédouins multiplièrent les attaques de grand-chemin contre les abords de Bagdad et ses environs : ils dépouillaient les femmes de tout ce qu’elles portaient ; quiconque était capturé se voyait pris de ses biens, puis sommé de payer sa rançon. L’affaire des ʿayyârîn à Bagdad se renforça, et leurs méfaits ainsi que leurs actes de corruption se multiplièrent. Au premier jour de Ṣafar, le Tigre monta si haut que l’eau dépassa les terres cultivées d’une coudée ; à Baṣra, près de deux mille maisons s’effondrèrent en l’espace de trois jours. En Shaʿbân, on reçut une lettre de Masʿûd ibn Maḥmûd ibn Subuktikîn annonçant qu’il avait remporté une grande victoire aux Indes : il avait tué cinquante mille hommes, fait quatre-vingt-dix mille prisonniers et amassé un butin considérable. Une sédition éclata entre les Bagdadis et les ʿayyârîn ; de nombreux incendies se déclarèrent en divers quartiers, la déchirure devint trop large pour le raccommodeur, et aucun habitant d’Irak ou de Khurâsân n’accomplit le pèlerinage cette année-là. Parmi les notables décédés au cours de cette année figure Aḥmad ibn Kulayb, le poète (3), l’un de ceux qu’emporta l’amour passionnel. Ibn al-Jawzî rapporte dans « al-Muntaẓam », avec sa chaîne de transmission via Abû ʿAbd Allâh al-Ḥumaydî, que ce même Aḥmad ibn Kulayb — le malchanceux (4) — s’éprit d’un jeune homme nommé Aslam ibn Abî al-Jaʿd, des Banû Khâlid, lignage au sein duquel se trouvaient des vizirs et des chambellans ; il composa à son sujet des vers que les gens se transmettaient, et cela
(1) Al-Muntaẓam (8/81), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (9/439). (2) Al-Kāmil fī al-Tārīkh (9/439), où il s'appelle Gharīb ibn Muḥammad ibn Maqqan. (3) Al-Muntaẓam (8/83). (4) Dans la version (ṭ), « al-Mughtar », mais la forme ici est plus correcte.
عبد الوهّاب بن عبد العزيز بن الحارث بن أسد (١) أبو الفرج التميمي الفقيه الحنبلي الواعظ. سمع من أبيه أثرًا مسلسلًا عن علي "الحنَّان: الذي يُقْبِل على من أعرض عنه، والمنّان: الذي يبدأ بالنَّوال قبل السؤال" . توفي في ربيع الأول ودفن في مقبرة أحمد بن حنبل. غريب بن محمد بن معن بن سيف الدَّولة (٢) أبو سِنان، كان قد ضرب السكّة باسمه، وكان ملكًا متمكِّنًا في الدَّولة، وخلَّف خمسمئة ألف دينار، وقام ابنه سنان بعده، وتقوَّى بعقه قرواش، فاستقامت أموره به، وكانت وفاته بكرخ سامرّاء عن سبعين سنة، (رحمه الله) وإيّانا بمنِّهِ وكرمِهِ. [ثم دخلت سنة ست وعشرين وأربعمئة] في المحرّم كثر تردد الأعراب في قطع الطريق إلى حواشي بغداد وما حولها، بحيث كانوا يستلبون ما على النِّساء، ومن أسروه أخذوا ما معه، وطالبوه بفداء نفسه، واستفحل أمر العيَّارين ببغداد، وكثرت شرورهم وإفسادهم. وفي مستهلّ صفر زادت دجلة بحيث ارتفع [الماء] على الضياع ذراعين، وسقط من البصرة في مدّة ثلاثة أيام [نحو] ألفي دار. وفي شعبان ورد كتاب من مسعود بن محمود بن سُبُكْتِكين بأنّه قد فتح فتحًا عظيمًا في الهند، وقتل منهم خمسين ألفًا، وأسر تسعين ألفًا، وغنم شيئًا كثيرًا. ووقع فتنة بين البغاددة والعيّارين، ووقع حريق كثير في أماكن متعددة منها، واتّسع الخرق على الراقع، ولم يحجّ أحد من أهل العراق وخراسان في هذا العام. [وممن توفي فيها من الأعيان] أحمد بن كُلَيب الشاعر (٣) وهو أحد من هلك بالعشق، روى ابن الجوزي في "المنتظم" بسنده من طريق أبي عبد اللَّه الحُميدي بسنده، أن أحمد بن كليب هذا المُعَثَّر (٤) ، تعشّق شابًا يقال له: أسلم بن أبي الجعد من بني خالد، وكان فيهم وزارة وحجابة، فأنشد فيه أشعارًا تحدّث الناس بها، وهذا
(١) المنتظم (٨/ ٨١)، الكامل في التاريخ (٩/ ٤٣٩). (٢) الكامل في التاريخ (٩/ ٤٣٩) واسمه فيه غريب بن محمد بن مقن. (٣) المنتظم (٨/ ٨٣). (٤) في (ط): "المغتر"، وما هنا أصوب.