Le jeudi, lorsqu’il ne restait plus que trois jours de Ramadan, Ṣāliḥ ibn Waṣīf ordonna que l’on frappât Aḥmad ibn Isrāʾīl, qui avait été vizir, ainsi qu’Abū Najūḥ ʿĪsā ibn Ibrāhīm, un chrétien qui s’était converti à l’islam et qui était le secrétaire de Qabīḥa. Il les fit chacun fouetter de cinq cents coups, après leur avoir confisqué leurs biens, puis on les promena sur deux mulets tournés à l’envers, et ils moururent ainsi. Cela ne se fit pas avec l’approbation d’al-Muhtadī bi-llāh, mais celui-ci ne pouvait initialement s’opposer à Ṣāliḥ ibn Waṣīf. Ce même Ramadan, il y eut également une sédition à Bagdad, entre Muḥammad ibn Aws, accompagné des shākarīya, des soldats et d’autres partisans, et la foule ainsi que la plèbe. Environ cent mille personnes se rassemblèrent du côté de la populace, et il y eut des affrontements à l’arc, à la lance et à l’épée, causant de nombreux morts. Finalement, Muḥammad ibn Aws et ses compagnons furent mis en déroute, et la foule pilla tout ce qu’elle trouva de ses biens, dont certains atteignaient une valeur de deux millions de dirhams ou s’en approchaient. On convint ensuite de faire sortir Muḥammad ibn Aws de Bagdad vers toute autre région de son choix. Il quitta donc la ville, craintif et fugitif, car on ne le tenait pas pour irréprochable dans sa conduite ; bien au contraire, on le voyait comme un tyran obstiné, voire un démon rebelle. Le calife al-Muhtadī bi-llāh ordonna alors de chasser les qiyān (chanteuses) et les musiciens de Sāmarrā, de tuer les bêtes sauvages dans le palais du sultan et de faire de même avec les chiens destinés à la chasse, d’abolir les divertissements, de rendre justice sur les injustices passées et de siéger pour le peuple. Son règne eut lieu tandis que la Syrie (et le monde alentour) était en proie aux troubles. Ensuite, le calife al-Muhtadī fit venir Mūsā ibn Bughā al-Kabīr pour se renforcer contre les Turcs qui se trouvaient auprès de lui, afin d’unifier la parole du califat. Il s’excusa auprès de lui, sachant que Mūsā était engagé dans le jihād dans ces régions. Mention d’un autre kharijite qui prétendait être issu de la Famille prophétique à Baṣra : À la mi-shawwāl de cette même année, un homme apparut à la périphérie de Baṣra, prétendant être ʿAlī ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿĪsā ibn Zayd ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib. Mais ses dires sur cette filiation étaient mensongers : il était en réalité un ʿAbqasī de la tribu ʿAbd al-Qays, du nom de ʿAlī ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥīm. Sa mère s’appelait Qarra, fille de ʿAlī ibn Ruḥayb ibn Muḥammad ibn Ḥakīm, de la lignée de Banū Asad ibn Khuzayma ; quant à son origine, il était issu d’un village des environs de Rayy, ainsi que le rapporte Ibn Jarīr.
(1) D’après al-Tabarî. (2) Dans A : que les chanteuses et les chanteurs soient bannis, et dans B, Ẓā : que les chanteuses et les chanteurs soient bannis, mais l’expression d’al-Tabarî est confirmée. (3) Chez al-Tabarî et Ibn al-Athîr : et le châtiment des chiens. (4) Chez al-Tabarî : l’islam. Quant à l’expression d’Ibn al-Athîr : « Et lorsque le pouvoir fut pris, le monde entier fut submergé par les troubles », alors que dans une autre version elle est chargée. (5) Dans A : Furwa. (6) Al-Tabarî (9/410), où il est dit qu’il s’agit d’un village parmi les villages d’al-Ray appelé Warzanîn.
وفي يوم الخميس لثلاث بَقِين من رمضان أمَرَ صالح بن وصيف بضرب أحمد بن إسرائيل الذي كان وزيرًا، وأبي نجوح عيسى بن إبراهيم الذي كان نصرانيًا فأظهر الإسلام، وكان كاتبَ قَبيحةَ، فضربَ كلّ واحدٍ منهما خمسمئة سوطٍ، بعد استخلاص أموالهما، ثم طِيفَ بهما على بغْلَين منكسين، فماتا وهما كذلك. ولم يكن ذلك عن رضى المهتدي بالله، ولكنه لا يقدر على الإنكار على صالح بن وصيف في بادئ الأمر. وفي رمضان هذا وقعت فتنةٌ ببغداد أيضًا، بين محمد بن أوس ومن تبعه من الشاكرية والجند وغيرهم، وبين العامّة والرَّعاع، فاجتمع من العامَّة نحو من مئة ألفِ، وكان بين الناس قتال بالنّبال والرماح والسيوف، وقتل خلْق كثير، ثم انهزم محمد بن أوس وأصحابُه، فنَهبت العامَّةُ ما وجدوا من أمواله، فكان منه شيء يعدل ألفي ألف [درهم] (١) أو نحو ذلك. ثم اتفق الحال على إخراج محمد بن أوس من بغداد إلى أينما أراد من سائر البلاد، فخرج منها خائفًا طريدًا؛ وذلك لأنَّه لم يكن عند النَّاس مرضيَّ السّيرة، بل كان جبّارًا عنيدًا، وشيطانًا مريدًا. وأمر الخليفةُ المهتدي بالله بإخراج (٢) القيان والمغنين من سامُرّا، وأمر بقتْل السّباع التي في دار السلطان، والكلاب (٣) المعدّة للصيد أيضًا، وإبطال الملاهي، وردِّ المظالم، وجلس للعامة. وكانت ولايته والدّنيا كلُّها من أرض الشام (٤) مفتونة. ثم استدعى الخليفة المهتدي موسى بن بُغَا الكبير ليتقوَّى به على مَنْ عنده من الأتراك؛ لتجتمع كلمة الخلافة، واعتذر من استدعى به بما هو فيه من الجهاد بتلك البلاد. ذكر خارجيّ آخر آدَّعى أنَّه من أهل البيت بالبصرة وفي النصف من شوَّال من هذه السنة ظهر رجلٌ بظاهر البصرة، زعم أنَّه عليّ بن محمد بن أحمد بن عيسى بن زيد بن عليّ بن الحسين بن علي بن أبي طالب، ولم يكن صادقًا في دعواه هذا النسب، وإنما كان عبقسيًا من عبد القيس، واسمُه عليّ بن محمد بن عبد الرحيم، وأمُّه قرَّة (٥) بنت على بن رحيب بن محمد بن حكيم، من بني أسد بن خُزَيمة، وأصله من قرية من قرى الرَّيّ؛ قاله ابنُ جرير (٦) .
(١) من الطبري. (٢) في آ: أن تنفى القينات والمغنيين وفي ب، ظا: أن ينفى القيان والمغنون، وأثبتت عبارة الطبري. (٣) في الطبري وابن الأثير: وطرد الكلاب. (٤) في الطبري: الإسلام. وعبارة ابن الأثير: ولمَّا ولي كانت الدنيا كلها بالفتن منسوخة، وفي نسخ منه مشحونة. (٥) في آ: فروة. (٦) الطبري (٩/ ٤١٠)، وفيه: قرية من قرى الرَّي يقال لها: وَرْزَنين.