À At-Tamr, s’était établi Mâlik ibn Kaʿb al-Arḥabî avec mille cavaliers lourdement armés au nom de ʿAlî. Lorsque ces hommes apprirent l’arrivée des Syriens, ils se dispersèrent(1) et il ne resta plus auprès de Mâlik ibn Kaʿb que cent hommes. Il écrivit alors à ʿAlî pour l’informer de la situation. ʿAlî appela les gens à rejoindre Mâlik ibn Kaʿb, mais ils tardèrent à répondre [à son appel], refusèrent de se mobiliser et ne répondirent pas à l’ordre de sortir.
C’est alors que ʿAlî prononça un sermon et dit : « Ô gens de Kûfa ! Chaque fois que vous entendez parler d’un détachement(2) parmi ceux de Syrie, chacun de vous se terre dans sa maison et en ferme la porte, à la façon du lézard dans son trou ou de la hyène dans son repaire. Par Dieu, celui que vous avez trompé est bien abusé, et celui qui vous quitte a remporté la part la plus infructueuse(3). Il n’y a point d’hommes libres au moment de l’appel, ni de frères dignes de confiance au moment du salut. Nous appartenons à Dieu et à Lui nous retournons. Qu’ai-je donc enduré de vous ? Aveugles, vous ne voyez pas ; muets, vous ne parlez pas ; sourds, vous n’entendez pas. Nous appartenons à Dieu et à Lui nous retournons. »
An-Nuʿmân ibn Bashîr les attaqua alors : le combat fut intense, et seuls cent hommes demeuraient auprès de Mâlik ibn Kaʿb. Ils avaient brisé les fourreaux(4) de leurs épées et livraient bataille jusqu’au bout. Alors qu’ils résistaient toujours, des renforts leur parvinrent du côté de Mukhnaf ibn Sulaym, accompagné de son fils ʿAbd ar-Raḥmân ibn Mukhnaf et de cinquante hommes. Quand les Syriens les aperçurent, ils crurent qu’il s’agissait d’un secours considérable et prirent la fuite(5). Mâlik ibn Kaʿb les poursuivit, tua trois d’entre eux et les autres s’enfuirent en désordre, leur expédition échouant sur ce front.
Cette même année, Muʿâwiya dépêcha Sufyân ibn ʿAwf à la tête de six mille hommes et lui ordonna de se rendre à Hît pour y lancer une attaque, puis de poursuivre jusqu’à al-Anbâr et al-Madâʾin. Il marcha jusqu’à Hît, où il ne trouva personne, puis gagna al-Anbâr. Dans cette ville se trouvait un détachement au nom de ʿAlî d’environ cinq cents hommes, qui se dispersèrent aussitôt, si bien qu’il n’en resta plus qu’une centaine. Ceux-ci combattirent malgré leur petit nombre et resistèrent jusqu’à la mort de leur chef — Achras ibn Ḥassân al-Balawî(6) — aux côtés de trente de ses compagnons. Les assaillants s’emparèrent(7) alors des richesses se trouvant à al-Anbâr et retournèrent en Syrie.
Lorsque la nouvelle parvint à ʿAlî(– qu'Allah soit satisfait de lui –) [et qu’il apprit ce qui était arrivé aux habitants d’al-Anbâr], il enfourcha sa monture et s’arrêta à an-Nukhayla. Les gens lui dirent : « Nous nous en chargerons pour toi, ô Prince des Croyants. » Il répondit : « Par Dieu, vous ne me protégez pas, pas plus que vous ne vous protégez vous-mêmes. » Il envoya ensuite Saʿîd(8) (ibn Qays) à la poursuite de l’ennemi. Celui-ci se rendit jusqu’à Hît, mais ne les rattrapa pas et revint.
La même année, Muʿâwiya envoya ʿAbd Allâh ibn Masʿada al-Fazârî(9) avec mille sept cents hommes à Taymâʾ, en lui ordonnant de prélever l’aumône(10) auprès de ses habitants.
(1) Ils ont rejeté : ils sont partis et se sont dispersés. Al-Qamus.
(2) Munsar (comme majlis et minbar) : une unité de l'armée. Al-Qamus (Nusr).
(3) Dans T : il a été blessé. Le récit se trouve dans l’Histoire de al-Tabarî (5/134).
(4) Jufûn : pluriel de jafn, qui désigne la gaine du sabre. Al-Qamus (Jafn).
(5) Dans A : les autres sont partis sans se soucier de personne jusqu’à ce qu’ils arrivèrent en Syrie, et ils ne restèrent plus rien de ce qu’ils espéraient de ce côté.
(6) Dans l’Histoire de al-Tabarî (5/134) : al-Bakri.
(7) Dans A : les Syriens ont tenu leur position.
(8) Dans T : Saʿd ; une altération. Le récit se trouve dans l’Histoire de al-Tabarî (5/134).
(9) Histoire de al-Tabarî (5/135).
(10) Il reçoit les aumônes. Al-Qamus.
التمر، وعليها مالك بن كعب الأرحبي في ألف فارس مسلحة لعلي، فلما سمعوا بقدوم الشاميين ارفضوا
(١)
عنه فلم يبق مع مالك بن كعب إلا مئة رجل فكتب عند ذلك إلى علي يعلمه بما كان من الأمر، فندب علي الناس إلى مالك بن كعب فتثاقلوا
[عليه]
ونكلوا عنه ولم يجيبوا إلى الخروج،
فخطبهم علي عند ذلك فقال في خطبته:
يا أهل الكوفة! كلما سمعتم بمنسر
(٢)
من مناسر أهل الشام انجحر كل
[امرئ]
منكم في بيته، وغلق عليه بابه. انجحار الضب في جحره، والضبع في وجاره، المغرور والله من غررتموه، ولَمن فارقكم فاز بالسهم الأخيب
(٣)
، لا أحرار عند النداء، ولا إخوان ثقة عند النجاة، إنا لله وإنا إليه راجعون، ماذا منيت به منكم، عُميٌ لا تبصرون، وبُكْمٌ لا تنطقون، وصم لا تسمعون، إنا لله وإنا إليه راجعون.
ودهمهم النعمان بن بشير فاقتتلوا قتالًا شديدًا وليس مع مالك بن كعب إلَّا مئة رجل قد كسروا جفون
(٤)
سيوفهم واستقتلوا، فبينا هم كذلك إذ جاءهم نجدة من جهة مخنف بن سليم مع ابنه عبد الرحمن بن مخنف في خمسين رجلًا، فلما رآهم الشاميون ظنوا أنهم مدد عظيم ففروا هربًا
[على وجوهه]
فاتبعهم مالك بن كعب فقتل منهم ثلاثة أنفس وذهب الباقون على وجوههم ولم يتم لهم أمر من هذا الوجه
(٥)
.
وفيها بعث معاوية سفيان بن عوف في ستة آلاف وأمره بأن يأتي هيت فيغير عليها، ثم يأتي الأنبار والمدائن. فسار حتى انتهى إلى هيت فلم يجد فيها أحدًا، ثم إلى الأنبار وفيها مسلحة لعلي نحو من خمسمئة، فتفرقوا ولم يبق منهم إلا مئة رجل، فقاتلوا مع قلته وصبروا حتى قُتل أميرهم - وهو أشْرَسُ بن حَسَّان البلوي
(٦)
- في ثلاثين رجلًا من أصحابه، واحتملوا
(٧)
ما كان بالأنبار من الأموال وكرّوا راجعين إلى الشام، فلما بلغ الخبر عليًا
(رضي الله عنه)
[وما جرى لأهل الأنبار]
ركب بنفسه فنزل بالنخيلة فقال له الناس: نحن نكفيك ذلك يا أمير المؤمنين.
فقال:
والله ما تكفونني ولا أنفسكم، وسرح سعيد
(٨)
(بن قيس)
في أثر القوم فسار وراءهم حتى بلغ هيت فلم يلحقهم فرجع.
وفيها بعث معاوية عبدَ الله بن مَسْعَدة الفَزاري
(٩)
في ألف وسبعمئة إلى تيماء وأمره أن يصدق
(١٠)
أهل
(١) ارفضوا: ذهبوا وتفرقوا. القاموس.
(٢) منسر - كمجلس ومنبر -: قطعة من الجيش. القاموس (نسر).
(٣) في ط: الأصيب. والخبر في تاريخ الطبري (٥/ ١٣٤).
(٤) جفون: جمع جفن وهو غمد السيف. القاموس (جفن).
(٥) في أ: وذهب الباقون لا يلوون على أحد حتى قدموا الشام ولم يبق لهم ما رجوا من هذا الوجه.
(٦) في تاريخ الطبري (٥/ ١٣٤): البكري.
(٧) في أ: واحتمل الشاميون.
(٨) في ط: سعد؛ تحريف. والخبر في تاريخ الطبري (٥/ ١٣٤).
(٩) تاريخ الطبري (٥/ ١٣٥).
(١٠) يأخذ الصدقات. القاموس.