Et l’on a dit : ils prièrent sur lui après le zénith du lundi jusqu’au même moment du mardi. Et il a également été rapporté : ils restèrent trois jours à prier sur lui, comme cela sera clarifié bientôt. Et Allah sait mieux. Quant à cette manière d’agir, à savoir qu’ils prièrent sur lui individuellement, sans qu’aucun ne dirige la prière, c’est un fait sur lequel il y a unanimité, sans divergences. On a toutefois divergé au sujet de son explication. En effet, si le ḥadith que nous avons rapporté d’Ibn Masʿūd est avéré, il constituerait un texte explicite à ce sujet, relevant d’un acte cultuel dont le sens est difficile à saisir. Et nul n’a le droit de dire que c’était parce qu’ils n’avaient pas d’imam, car nous avons déjà mentionné qu’ils ne commencèrent à préparer ses funérailles – qu'Allah leur fasse miséricorde – qu’après l’achèvement du serment d’allégeance (bayʿa) à Abū Bakr – qu'Allah soit satisfait de lui –, qu’Allah l’agrée. Par ailleurs, certains savants ont dit : nul ne les dirigea, afin que chacun des fidèles puisse accomplir la prière funéraire sur lui personnellement, et afin de répéter la prière sur lui de la part de chacun des musulmans – hommes, femmes et enfants – jusqu’aux esclaves et servantes. Quant à as-Suhaylī (1), il a dit, en substance : Allah a informé qu’Il prie sur lui, ainsi que Ses anges, et Il a ordonné à tout croyant de prier sur lui. Il est donc obligatoire à chacun de prier sur lui personnellement, et la prière sur lui après sa mort relève de cet ordre. Il a également dit : de plus, dans ce domaine, les anges sont nos imams (2). Et Allah sait mieux. Les savants tardifs parmi les disciples de l’imam ash-Shāfiʿī ont divergé sur la légitimité de prier sur sa tombe pour ceux qui ne sont pas des Compagnons. Certains ont dit : « Oui, car son corps – qu'Allah leur fasse miséricorde – est préservé dans sa tombe ; en effet, Allah a interdit à la terre de consumer les corps des prophètes, comme l’atteste le ḥadith rapporté dans les Sunan et ailleurs (3). Dès lors, il en est comme du mort actuel. » D’autres ont dit : « Non, on ne le fait pas, car les pieux prédécesseurs (as-salaf) d’après les Compagnons ne l’ont pas fait. S’il avait été recommandé de le faire, ils s’y seraient empressés et l’auraient perpétué. Et Allah sait mieux. » Comment (il) fut enterré – qu'Allah leur fasse miséricorde – et où il fut déposé (avec mention de la divergence quant au fait qu’il fut inhumé de nuit ou de jour) (4) L’imam Aḥmad (5) a dit : « ʿAbd ar-Razzāq nous a rapporté ; Ibn Jurayj nous a rapporté : mon père – ʿAbd al-ʿAzīz ibn Jurayj – m’a informé que les Compagnons du Prophète ﷺ ne savaient pas où enterrer le Prophète ﷺ, jusqu’à ce qu’Abū Bakr dise : “J’ai entendu…” »
(1) Al-Rawḍ al-Anf (7/589). (2) Édition : (elle nous a dit). (3) Rapporté par Aḥmad dans le Musnad (4/8), Abū Dāwūd n° 1047 et 1531, an-Nasā’ī n° 1373, et Ibn Mājah n° 1085 ; il s'agit d'un hadith authentique. (4) Ce qui est entre parenthèses n'apparaît pas dans l'édition. (5) Musnad de l'imam Aḥmad (1/7). (6) Édition : (yaqbirū) est une erreur.
وقد قيل: إنَّهم صلَّوا عليه من بعدِ الزَّوال يومَ الإثنين إلى مثلِه من يومِ الثلاثاءِ. وقيل: إنَّهم مَكَثوا ثلاثةَ أيامٍ يصلُّون عليه، كما سيأتي بيانُ ذلك قريبًا. واللَّه أعلم. وهذا الصَّنيعُ، وهو صلاتُهم عليه فُرادى لم يَؤُمَّهم أحدٌ عليه، أمْر مُجْمَعٌ عليه لا خلافَ فيه، وقد اختُلِفَ في تَعْليلهِ؛ فَلَوْ صَحَّ الحديثُ الذي أوْرَدْناه عن ابن مسعودٍ لكانَ نَصًّا في ذلك ويكون من باب التَّعَبُّدِ الذي يعسُرُ تعقُّلُ معناه، وليس لأحدٍ أن يقولَ لأنَّه لم يكنْ لهم إمامٌ لأنّا قد قَدَّمنا أنَّهم إنَّما شَرَعوا في تَجْهيزه (رحمهم الله) بعدَ تَمامِ بَيْعةِ أبي بكرٍ، (رضي الله عنه) وأرضاه، وقد قال بعضُ العلماء: إنَّما لم يَؤُمَّهم أحدٌ، ليُباشرَ كلُّ واحدٍ من النّاس الصلاةَ عليه منه إليه، ولتُكَرَّرَ صلاةُ المُسلمينَ عليه مرةً بعد مرةٍ، من كلِّ فردٍ فردٍ من آحادِ الصَّحابة، رجالُهم ونساؤُهم وصبيانُهم حتى العبيدُ والإماءُ. وأما السُّهَيْلي (١) فقال ما حاصله: إنّ اللَّهَ قد أخبرَ أنه وملائكتَه يصلُّون عليه، وأمرَ كلَّ واحدٍ من المؤمنين أن يصلِّي عليه، فوجب على كل أحدٍ أن يُباشرَ الصلاةَ عليه منه إليه، والصلاةُ عليه بعد موته من هذا القَبيل. قال: وأيضًا فإنَّ الملائكةَ لنا (٢) في ذلك أئمةٌ. فاللَّه أعلم. وقد اختلف المُتأَخِّرون من أصحاب الشافعيّ في مشروعيَّةِ الصَّلاةِ على قَبْرِه لغير الصحابة. فقيل: نعم، لأنَّ جَسَدَهُ (رحمهم الله) طَريٌّ في قَبْره، لأنَّ اللَّهَ قد حَرَّمَ على الأرْضِ أن تَأْكُلَ أجسادَ الأنبياء، كما وَرَدَ بذلك الحديثُ في السُّنَنِ وغيرها (٣) ، فهو كالمَيتِ اليومَ. وقال آخرون: لا يَفْعَلُ؛ لأن السَّلفَ مِمَّنْ بَعْدَ الصَّحابة لم يَفْعَلُوهُ، ولو كان مَشْروعًا لبادَروا إليه، ولثابَروا عليه، واللَّه أعلم. صِفَةُ دَفْنِهِ (رحمهم الله) وأيْن دُفن (وذكر الخلاف في دفنه ليلًا كان أو نهارًا) (٤) قال الإمام أحمد (٥) : حدَّثَنا عبد الرزاق، ثنا ابن جُرَيْج، أخبرني أبي -وهو عبد العزيز بن جُرَيْج-: أنَّ أصحابَ النبيِّ ﷺ ، (لم يَدْروا أين يَقْبرُون (٦) النبي ﷺ . حتَّى قال أبو بكر: سَمِعْتُ
(١) الروض الأنف (٧/ ٥٨٩). (٢) ط: (قالت لنا). (٣) رواه أحمد في المسند (٤/ ٨) وأبو داود رقم (١٠٤٧) و (١٥٣١) والنسائي رقم (١٣٧٣) وابن ماجه رقم (١٠٨٥)، وهو حديث صحيح. (٤) ليس ما بين القوسين في ط. (٥) مسند الإمام أحمد (١/ ٧). (٦) ط: (يقبروا) خطأ.