La personne qui a manqué le Hajj ne peut rester en état d’ihram jusqu’à l’année suivante. Quant à celui qui permet l’ihram en dehors des jours du Hajj, il l’autorise également à demeurer en ihram. Le Qâdî a dit : « Nous avons déjà parlé des expiations (kafârât) rendues obligatoires par le texte dans le cadre du Hajj, de la manière de le rattraper (qadâ’), du Hajj manqué et du Hajj invalidé, ainsi que de la manière de mettre fin à l’ihram pour celui qui a manqué son Hajj. Nous avions auparavant évoqué les expiations explicitement mentionnées, ainsi que ce que les juristes leur ont assimilé au sujet de l’expiation de celui qui a corrompu son Hajj. Il nous reste à exposer les expiations sur lesquelles ils divergent lorsqu’on omet l’un des rites du Hajj n’ayant pas été mentionné explicitement. » [Chapitre concernant les expiations non mentionnées explicitement dans le Hajj] Nous disons : la majorité des savants s’accorde à distinguer deux catégories de rites (nusk) : il y a le rite relevant d’une sunna fortement recommandée et celui qui est simplement recommandé (mustahabb). Pour le premier, celui qui l’abandonne doit un sacrifice (dam), car son Hajj est jugé incomplet, comme pour celui qui accomplit le Hajj en étant mutamatti‘ ou qârin. Ibn ‘Abbâs aurait dit : « Quiconque n’accomplit pas un de ses rites doit un sacrifice. » Quant au rite strictement facultatif, ils estiment qu’aucun sacrifice n’est requis. Toutefois, ils divergent largement pour savoir si l’abandon d’un rite particulier implique ou non un sacrifice, en raison de leur divergence quant au statut de ce rite (sunna ou simple recommandation). Pour ce qui est de l’acte obligatoire (farḍ), ils ne sont pas en désaccord pour dire qu’il ne peut être compensé par un sacrifice. Leur divergence surgit plutôt face à une même pratique, du fait de leur désaccord sur son caractère obligatoire ou non. Par ailleurs, l’école Ẓâhirite n’admet le sacrifice (dam) que lorsqu’un texte cite explicitement cette obligation, par rejet de toute analogie (qiyâs), surtout dans les actes d’adoration. Ils s’accordent aussi sur le fait que ce qui est interdit (parmi les turûk relevant de la sunna) et qui est néanmoins commis, donne lieu à la fidyah (compensation) relative au tort causé, tandis que si l’interdit était simplement un acte déconseillé (mais non formellement proscrit), rien n’est dû. Ils divergent quant à l’abandon d’un acte prescrit, selon qu’on le considère comme une sunna ou non. Les Ẓâhirites n’imposent la fidyah que lorsqu’elle est mentionnée explicitement par le texte. Nous allons citer les opinions les plus répandues chez les juristes sur le fait de laisser tel ou tel rite du Hajj – autrement dit s’il faut offrir ou non un sacrifice – de même que les actes prohibés commis durant l’ihram, du premier rite au dernier. Le premier sujet sur lequel ils ont divergé est celui de la personne qui dépasse le mîqât sans entrer en ihram. Est-elle redevable d’un sacrifice ? Certains estiment que non. D’autres affirment qu’elle doit un sacrifice, même si elle revient au mîqât, et c’est l’avis de Mâlik, Ibn al-Mubârak, et il est rapporté également de Thawrî. D’autres encore déclarent : « Si la personne retourne jusqu’au mîqât, elle ne doit pas de sacrifice, mais si elle ne revient pas, elle doit en offrir un. » C’est l’avis de Shâfi‘î, Abû Yûsuf, Muḥammad et, selon la plus célèbre opinion, de Thawrî. Abû Ḥanîfah dit : « Si la personne revient en prononçant la talbiyah, elle n’est pas redevable d’un sacrifice ; si elle revient sans talbiyah, elle y est tenue. » D’autres soutiennent : « Il s’agit d’un devoir dont l’accomplissement ne peut être remplacé par un sacrifice. » Ils divergent également au sujet de celui qui se lave la tête avec du khitmi (plante nettoyante) : Mâlik et Abû Ḥanîfah estiment qu’il doit une fidyah, tandis que Thawrî et d’autres jugent qu’aucune compensation n’est requise. Mâlik considère par ailleurs que l’usage des bains publics (ḥammâm) impose aussi une fidyah, alors que la plupart des juristes l’autorisent, s’appuyant notamment sur une chaîne de transmission solide (thâbit) rapportée d’Ibn ‘Abbâs qui atteste de son autorisation. La majorité des savants estime que tout pèlerin en état d’ihram qui porte un vêtement interdit doit offrir une fidyah. Toutefois, ils divergent au sujet de celui qui porte un pantalon (sarâwîl) parce qu’il n’a pas de pagne (izâr) : doit-il s’en acquitter ou non ? Mâlik et Abû Ḥanîfah considèrent qu’il doit payer la compensation, tandis que Thawrî, Aḥmad, Abû Thawr et Dâwûd jugent qu’aucune compensation n’est due s’il ne trouve pas d’izâr. Et l’argument de ceux qui l’ont interdit
يَجْعَلْهُ مُحْرِمًا لَمْ يُجِزْ لِلَّذِي فَاتَهُ الْحَجُّ أَنْ يَبْقَى مُحْرِمًا إِلَى عَامٍ آخَرَ. وَمَنْ أَجَازَ الْإِحْرَامَ فِي غَيْرِ أَيَّامِ الْحَجِّ أَجَازَ لَهُ الْبَقَاءَ مُحْرِمًا. قَالَ الْقَاضِي: فَقَدْ قُلْنَا فِي الْكَفَّارَاتِ الْوَاجِبَةِ بِالنَّصِّ فِي الْحَجِّ، وَفِي صِفَةِ الْقَضَاءِ، وَفِي الْحَجِّ الْفَائِتِ وَالْفَاسِدِ، وَفِي صِفَةِ إِحْلَالِ مَنْ فَاتَهُ الْحَجُّ. وَقُلْنَا قَبْلَ ذَلِكَ فِي الْكَفَّارَاتِ الْمَنْصُوصِ عَلَيْهَا، وَمَا أَلْحَقَ الْفُقَهَاءُ بِذَلِكَ فِي كَفَّارَةِ الْمُفْسِدِ حَجَّهُ. وَبَقِيَ أَنْ نَقُولَ فِي الْكَفَّارَاتِ الَّتِي اخْتَلَفُوا فِيهَا فِي تَرْكِ نُسُكٍ مِنْهَا مِنْ مَنَاسِكِ الْحَجِّ مِمَّا لَمْ يُنَصَّ عَلَيْهِ. [الْقَوْلُ فِي الْكَفَّارَاتِ الْمَسْكُوتِ عَنْهَا في الحج] الْقَوْلُ فِي الْكَفَّارَاتِ الْمَسْكُوتِ عَنْهَا فَنَقُولُ: إِنَّ الْجُمْهُورَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ النُّسُكَ ضَرْبَانِ: نَسُكٌّ هُوَ سُنَّةٌ مُوَكَّدَةٌ، وَنَسُكٌّ هُوَ مُرَغَّبٌ فِيهِ. فَالَّذِي هُوَ سُنَّةٌ يَجِبُ عَلَى تَارِكِهِ الدَّمُ ; لِأَنَّهُ حَجٌّ نَاقِصٌ أَصْلُهُ الْمُتَمَتِّعُ وَالْقَارِنُ، وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ قَالَ: مَنْ فَاتَهُ مِنْ نُسُكِهِ شَيْءٌ فَعَلَيْهِ دَمٌ. وَأَمَّا الَّذِي هُوَ نَفْلٌ فَلَمْ يَرَوْا فِيهِ دَمًا، وَلَكِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا اخْتِلَافًا كَثِيرًا فِي تَرْكِ نُسُكِ نُسُكٍ هَلْ فِيهِ دَمٌ؟ أَمْ لَا؟ وَذَلِكَ لِاخْتِلَافِهِمْ فِيهِ هَلْ هُوَ سُنَّةٌ؟ أَوْ نَفْلٌ؟ وَأَمَّا مَا كَانَ فَرْضًا فَلَا خِلَافَ عِنْدِهِمْ أَنْ لَا يُجْبَرَ بِالدَّمِ، وَإِنَّمَا يَخْتَلِفُونَ فِي الْفِعْلِ الْوَاحِدِ نَفْسِهِ مِنْ قِبَلِ اخْتِلَافِهِمْ هَلْ هُوَ فَرْضٌ؟ أَمْ لَا؟ وَأَمَّا أَهْلُ الظَّاهِرِ فَإِنَّهُمْ لَا يَرَوْنَ دَمًا إِلَّا حَيْثُ وَرَدَ النَّصُّ؛ لِتَرْكِهِمُ الْقِيَاسَ، وَبِخَاصَّةٍ فِي الْعِبَادَاتِ. وَكَذَلِكَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ مَا كَانَ مِنَ التُّرُوكِ مَسْنُونًا، فَفُعِلَ - فَفِيهِ فِدْيَةُ الْأَذَى، وَمَا كَانَ مُرَغَّبًا فِيهِ فَلَيْسَ فِيهِ شَيْءٌ. وَاخْتَلَفُوا فِي تَرْكِ فِعْلٍ؛ لِاخْتِلَافِهِمْ هَلْ هُوَ سُنَّةٌ؟ أَمْ لَا؟ وَأَهْلُ الظَّاهِرِ لَا يُوجِبُونَ الْفِدْيَةَ إِلَّا فِي الْمَنْصُوصِ عَلَيْهِ. وَنَحْنُ نَذْكُرُ الْمَشْهُورَ مِنِ اخْتِلَافِ الْفُقَهَاءِ فِي تَرْكِ نُسُكٍ نُسُكٍ، أَعْنِي: فِي وُجُوبِ الدَّمِ، أَوْ لَا وُجُوبِهِ مِنْ أَوَّلِ الْمَنَاسِكِ إِلَى آخِرِهَا، وَكَذَلِكَ فِي فِعْلِ مَحْظُورٍ مَحْظُورٍ. فَأَوَّلُ مَا اخْتَلَفُوا فِيهِ مِنَ الْمَنَاسِكِ مَنْ جَاوَزَ الْمِيقَاتِ فَلَمْ يُحْرِمْ هَلْ عَلَيْهِ دَمٌ؟ فَقَالَ قَوْمٌ: لَا دَمَ عَلَيْهِ. وَقَالَ قَوْمٌ: عَلَيْهِ الدَّمُ وَإِنْ رَجَعَ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَابْنِ الْمُبَارَكِ وَرُوِيَ عَنِ الثَّوْرِيِّ. وَقَالَ قَوْمٌ: إِنْ رَجَعَ إِلَيْهِ فَلَيْسَ عَلَيْهِ دَمٌ، وَإِنْ لَمْ يَرْجِعْ فَعَلَيْهِ دَمٌ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ وَأَبِي يُوسُفَ وَمُحَمَّدٍ، وَمَشْهُورُ قَوْلِ الثَّوْرِيِّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ رَجَعَ مُلَبِّيًا فَلَا دَمَ، وَإِنْ رَجَعَ غَيْرَ مُلَبٍّ كَانَ عَلَيْهِ الدَّمُ. وَقَالَ قَوْمٌ: هُوَ فَرْضٌ، وَلَا يَجْبُرُهُ بِالدَّمِ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ غَسَلَ رَأْسَهُ بِالْخِطْمِيِّ فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ: يَفْتَدِي. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ وَغَيْرُهُ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ. وَرَأَى مَالِكٌ أَنَّ فِي الْحَمَّامِ الْفِدْيَةَ، وَأَبَاحَهُ الْأَكْثَرُونَ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ مِنْ طَرِيقٍ ثَابِتٍ دُخُولُهُ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ يَفْتَدِي مَنْ لَبِسَ مِنَ الْمُحْرِمِينَ مَا نُهِيَ عَنْ لِبَاسِهِ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا لَبِسَ السَّرَاوِيلَ؛ لِعَدَمِ الْإِزَارِ هَلْ يَفْتَدِي؟ أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ: يَفْتَدِي. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ وَدَاوُدُ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ إِذَا لَمْ يَجِدُ إِزَارًا. وَعُمْدَةُ مَنْ مَنَعَ