Sixièmement — Sa parole, exalté soit-Il :
« Allah vous fera de la place »
a – c’est-à-dire dans vos tombes ;
b – il a été dit : dans vos cœurs ;
c – d’autres ont dit : Il vous accordera l’aisance en ce bas-monde et dans l’au-delà.
« Et lorsque l’on vous dit : “Levez-vous”, alors levez-vous. »
Nāfiʿ, Ibn ʿĀmir et ʿĀṣim le récitent avec la šīn vocalisée d’une ḍamma dans les deux occurrences, tandis que les autres la récitent avec kasra ; ces deux formes relèvent de deux dialectes, comme dans « يَعْكُفُونَ »[1] et « يَعْرِشُونَ »[2].
La plupart des exégètes disent que le sens est : « Levez-vous pour la prière, le jihād et les bonnes œuvres. » Mujāhid et ad-Ḍaḥḥāk ont dit : lorsque l’on appelle à la prière, levez-vous pour elle ; car certains hommes se montraient paresseux, d’où la révélation de ce verset. Al-Ḥasan et Mujāhid ont également dit : c’est-à-dire : levez-vous pour la guerre.
Ibn Zayd a dit : le verset concerne la demeure du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue ; chacun désirait que son dernier instant fût auprès du Prophète, si bien qu’Allah, exalté soit-Il, dit : « Et lorsque l’on vous dit : “Écartez-vous du Prophète — paix et bénédictions sur lui —”, écartez-vous, car il a des affaires à régler ; ne demeurez donc pas [près de lui]. »
Qatādah a dit : le sens est : « Répondez lorsque vous êtes appelés à une œuvre convenable. » C’est l’avis correct, parce qu’il est général.
Le terme an-našz désigne l’élévation ; il vient de la protubérance du sol, c’est-à-dire ce qui s’en trouve relevé. On dit : našaza, yanḥuzu et yanšizu lorsqu’une chose se déplace de son lieu, c’est-à-dire s’en relève. Une femme nāšiż est celle qui se détourne de son mari. Tout cela vient de našz : ce qui s’élève puis se retire du sol — ainsi l’a mentionné an-Naḥḥās.
Septièmement — Sa parole, exalté soit-Il :
« Allah élève en degrés ceux d’entre vous qui ont cru et ceux à qui la science a été donnée. »
Il s’agit d’une élévation en récompense dans l’au-delà et en honneur en ce bas-monde ; Il élève le croyant au-dessus du non-croyant et le savant au-dessus de l’ignorant.
Ibn Masʿūd a dit : Allah a loué les savants dans ce verset. Le sens est qu’Allah élève ceux à qui la science a été accordée au-dessus de ceux qui, tout en croyant, n’ont pas reçu ce savoir, les élevant de degrés dans leur religion lorsqu’ils accomplissent ce qui leur est ordonné.
On a également dit : les gens fortunés répugnaient à être bousculés par celui qui portait un vêtement de laine ; ils se hâtaient donc vers l’assemblée du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue. L’interpellation leur est adressée. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — vit un homme riche qui retenait son vêtement par répugnance vis-à-vis d’un pauvre désireux de s’asseoir près de lui ; il dit : « Ô untel ! Craignais-tu que ta richesse ne se transmette à lui ou que sa pauvreté ne se transmette à toi ? »
Ainsi est-il précisé dans ce verset que la véritable élévation auprès d’Allah Très-Haut réside dans la science et la foi, non dans le fait de devancer autrui aux premiers rangs des assemblées.
On a dit encore : par « ceux à qui la science a été donnée », il faut entendre ceux qui ont récité le Coran.
Yahyā b. Yahyā rapporte de Mālik : « “Allah élève ceux d’entre vous qui avez cru” — ce sont les Compagnons — et “ceux à qui la science a été donnée en degrés” : Allah élève ainsi le savant et le chercheur de la vérité. »[3]
[1] et [2] : Allusion aux deux autres formes dialectales du verbe dans le Coran.
[3] Numérotation conforme à l’original arabe.