Deuxièmement : « afin que tu n’associes rien » est, selon l’avis majoritaire, une adresse faite à Ibrâhîm – que la paix soit sur lui. ʿIkrima a récité : « an lâ yushraka » (avec la troisième personne) pour restituer le sens du propos qui lui fut rapporté. Abû Ḥâtim dit : dans cette lecture, il faut nécessairement mettre le kâf à l’accusatif, c’est-à-dire dans le sens de : « pour qu’on n’associe pas ».
On a dit que « an » est la forme allégée de « anna » ; d’autres soutiennent qu’elle est explicative, d’autres encore qu’elle est surérogatoire, comme dans : « Falammâ an jâ’a al-bashîr » (Yûsuf, 96).
Le verset constitue un blâme à l’encontre de ceux, parmi les habitants de la Maison, qui ont pratiqué l’association : telle était la condition imposée à votre père puis à vous-mêmes, mais vous ne l’avez pas respectée, bien au contraire, vous avez associé.
Un groupe de savants a affirmé que l’adresse à partir de « an lâ tushrik » est destinée à Muḥammad – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, lequel fut chargé de purifier la Maison et de proclamer le pèlerinage. La majorité, cependant, tient que l’ordre est adressé à Ibrâhîm, et c’est l’opinion la plus correcte. La purification de la Maison englobe la mécréance, les innovations, toutes les souillures et les effusions de sang.
D’aucuns ont dit qu’il s’agit de la purifier des idoles, comme le Très-Haut l’a dit : « Écartez-vous de la souillure des idoles » (al-Ḥajj, 30). En effet, Jurhum et les ʿAmâliqa possédaient des idoles à l’intérieur et autour de la Maison avant qu’Ibrâhîm – sur lui la paix – ne la rebâtisse.
D’autres ont expliqué le sens ainsi : « préserve Ma Maison afin qu’aucune idole n’y soit adorée », ce qui constitue un ordre d’y faire triompher le tawḥîd. Les propos des savants relatifs à la préservation de la Mosquée sacrée – et des autres mosquées – ont été suffisamment exposés dans la sourate « Barâʾa ».
Les « qâʼimûn » désignent les prieurs ; Allah a mentionné, parmi les piliers de la prière, les plus importants : la station debout, l’inclinaison et la prosternation.
Quant à Sa parole : « Et appelle les gens au pèlerinage : ils viendront vers toi à pied ou sur toute monture efflanquée, ils arriveront de toute vallée lointaine » (v. 27), elle comporte sept questions.
Premièrement : « Et appelle (wa-’aḏḏin) les gens au pèlerinage ». La majorité lit « wa-’aḏḏin » avec redoublement du ḏâl. Al-Ḥasan b. Abî l-Ḥasan et Ibn Muḥayṣin lisent « wa-âḏin » en allongeant l’alif et en adoucissant la ḏâl. Ibn ʿAṭiyya rapporte qu’Ibn Jinnî a lu « wa-âḏana » (au passé) et l’a analysé comme coordonné à « bawwaʾnâ » (10 : 93). L’aḏân signifie « l’annonce », comme cela a déjà été évoqué dans la sourate « Barâʾa ».
الثَّانِيَةُ-
(أَنْ لَا تُشْرِكْ)
هِيَ مُخَاطَبَةٌ لِإِبْرَاهِيمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي قَوْلِ الْجُمْهُورِ.
وَقَرَأَ عِكْرِمَةُ:
" أَنْ لَا يُشْرِكَ"
بِالْيَاءِ، عَلَى نَقْلِ مَعْنَى الْقَوْلِ الَّذِي قِيلَ لَهُ.
قَالَ أَبُو حَاتِمٍ:
وَلَا بُدَّ مِنْ نَصْبِ الْكَافِ عَلَى هَذِهِ الْقِرَاءَةِ، بِمَعْنَى لِئَلَّا يُشْرِكَ.
وَقِيلَ:
إِنَّ
" أَنْ"
مُخَفَّفَةٌ مِنَ الثَّقِيلَةِ. وَقِيلَ مُفَسِّرَةٌ. وَقِيلَ زَائِدَةٌ،
مثل:
" فَلَمَّا أَنْ جاءَ الْبَشِيرُ"
«١»
[يوسف: ٩٦]
. وَفِي الْآيَةِ طَعْنٌ عَلَى مَنْ أَشْرَكَ مِنْ قُطَّانِ الْبَيْتِ، أَيْ هَذَا كَانَ الشَّرْطَ عَلَى أبيكم فمن بَعْدَهُ وَأَنْتُمْ، فَلَمْ تَفُوا بَلْ أَشْرَكْتُمْ.
وَقَالَتْ فرقة:
الخطاب من قوله:
" أَنْ لَا تُشْرِكْ"
لِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأُمِرَ بِتَطْهِيرِ الْبَيْتِ وَالْأَذَانِ بِالْحَجِّ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ ذَلِكَ لِإِبْرَاهِيمَ، وَهُوَ الْأَصَحُّ. وَتَطْهِيرُ الْبَيْتِ عَامٌّ فِي الْكُفْرِ وَالْبِدَعِ وَجَمِيعِ الْأَنْجَاسِ وَالدِّمَاءِ.
وَقِيلَ:
عَنَى بِهِ التَّطْهِيرَ عَنِ الْأَوْثَانِ،
كَمَا قَالَ تَعَالَى:
" فَاجْتَنِبُوا الرِّجْسَ مِنَ الْأَوْثانِ ٣٠"
«٢»
[الحج: ٣٠]
، وَذَلِكَ أَنَّ جُرْهُمًا وَالْعَمَالِقَةَ كَانَتْ لَهُمْ أَصْنَامٌ فِي مَحَلِّ الْبَيْتِ وَحَوْلَهُ قَبْلَ أَنْ يَبْنِيَهُ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلَامُ.
وَقِيلَ:
الْمَعْنَى نَزِّهْ بَيْتِيَ عَنْ أَنْ يُعْبَدَ فِيهِ صَنَمٌ. وَهَذَا أَمْرٌ بِإِظْهَارِ التَّوْحِيدِ فِيهِ. وَقَدْ مَضَى مَا لِلْعُلَمَاءِ فِي تَنْزِيهِ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَغَيْرِهِ مِنَ الْمَسَاجِدِ بِمَا فِيهِ كِفَايَةٌ فِي سُورَةِ
" بَرَاءَةٌ"
«٣»
. وَالْقَائِمُونَ هُمُ الْمُصَلُّونَ. وَذَكَرَ تَعَالَى مِنْ أَرْكَانِ الصَّلَاةِ أعظمها، وهو القيام والركوع والسجود.
[[سورة الحج
(٢٢)
: آية ٢٧]]
وَأَذِّنْ فِي النَّاسِ بِالْحَجِّ يَأْتُوكَ رِجالاً وَعَلى كُلِّ ضامِرٍ يَأْتِينَ مِنْ كُلِّ فَجٍّ عَمِيقٍ
(٢٧)
فِيهِ سَبْعُ مَسَائِلَ:
الْأُولَى-
قَوْلُهُ تَعَالَى:
(وَأَذِّنْ فِي النَّاسِ بِالْحَجِّ)
قَرَأَ جُمْهُورُ النَّاسِ:
" وَأَذِّنْ"
بِتَشْدِيدِ الذَّالِ.
وَقَرَأَ الْحَسَنُ بْنُ أَبِي الْحَسَنِ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ:
" وَآذِنْ"
بِتَخْفِيفِ الذَّالِ وَمَدِّ الْأَلِفِ.
ابن عطية:
وتصحف هذا على بن جِنِّي، فَإِنَّهُ حَكَى عَنْهُمَا
" وَآذَنَ"
عَلَى أَنَّهُ فِعْلٌ مَاضٍ، وَأَعْرَبَ عَلَى ذَلِكَ بِأَنْ جَعَلَهُ عَطْفًا عَلَى
" بَوَّأْنا ١٠: ٩٣"
. وَالْأَذَانُ الْإِعْلَامُ، وَقَدْ تَقَدَّمَ في
" براءة"
«٤»
.
(١). راجع ج ٩ ص ٢٥٩.
(٢). راجع ص ٥٣ من هذا الجزء فما بعد.
(٣). راجع ج ٨ ص ١٠٤.
(٤). راجع ج ٨ ص ٦٩.