Je dis : Le jaillissement de l’eau accordé à notre Prophète Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – lorsqu’elle surgit de sa main et entre ses doigts constitue, quant au miracle, quelque chose de plus grand ; car nous voyons l’eau jaillir des pierres nuit et jour, alors que le miracle de notre Prophète – sur lui la paix – n’a été donné à aucun prophète avant lui : de l’eau sortant d’entre chair et sang ! Les imâms dignes de confiance, juristes fermement établis, ont rapporté d’après ʿAbd Allâh qu’il a dit : « Nous étions avec le Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – et nous ne trouvâmes point d’eau. On lui apporta alors un tūr (récipient) ; il y plongea sa main et, certes, je vis l’eau jaillir d’entre ses doigts tandis qu’il disait : “Hâtez-vous à la purification !” » Al-Aʿmash dit : Sâlim b. Abî l-Jaʿd me raconta : « J’ai demandé à Jâbir : “Combien étiez-vous ce jour-là ?” Il répondit : “Mille cinq cents.” » – selon la version d’al-Nasaʾî. Septièmement – Parole du Très-Haut : « Chacun des groupes sut l’endroit d’où il devait boire. » C’est-à-dire que chaque tribu possédait une source qu’elle avait reconnue et dont elle ne buvait pas ailleurs. « Al-mashrab » désigne le lieu de la boisson ; il est aussi dit qu’il signifie « la boisson » elle-même. Les asbâṭ chez les Fils d’Israël sont, à l’instar des tribus chez les Arabes, les descendants des douze fils de Yaʿqûb – sur lui la paix. Chacun d’eux avait sa propre source parmi ces douze sources et ne la dépassait pas. ʿAṭâʾ a dit : Le rocher avait quatre faces, et de chaque face jaillissaient trois sources ; ainsi, chaque tribu disposait de sa source et nul autre ne s’y mêlait. Il nous est parvenu que chaque tribu comptait cinquante mille combattants, sans compter leurs chevaux et leurs montures. ʿAṭâʾ dit encore : Sur chaque point frappé par Mūsâ apparaissait, sur la pierre, une excroissance semblable au sein d’une femme ; elle se mettait d’abord à suinter puis l’eau s’écoulait. Huitièmement – Parole du Très-Haut : « Mangez et buvez. » Le propos sous-entend : « Et Nous leur dîmes : Mangez la manne et la caille, et buvez l’eau jaillissant du rocher détaché. » « Et ne commettez pas al-ʿathāʾ » c’est-à-dire : ne semez pas la corruption. Al-ʿayth désigne une corruption intense ; Il les en a donc dissuadés. On dit : ʿathiya – yaʿthā – ʿuthiyyan ; ʿathā – yaʿthū – ʿuthūwan ; ʿātha – yaʿîthu – ʿaythan, ʿuyūthan, maʿāthan – la première forme étant celle employée dans le Coran. On dit également : ʿaththa – yaʿuththu, forme redoublée qui signifie : il a corrompu ; de là vient al-ʿuththa, le ver qui ronge la laine. Le terme « mufsidîn » est un qualificatif circonstanciel ; le sens est répété à titre d’insistance par variation de l’expression. Ces paroles contiennent l’autorisation de jouir des bienfaits, leur énumération, ainsi qu’un avertissement contre la précipitation dans la désobéissance et la prohibition de celle-ci.
قُلْتُ: مَا أُوتِيَ نَبِيُّنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ نَبْعِ الْمَاءِ وَانْفِجَارِهِ مِنْ يَدِهِ وَبَيْنَ أَصَابِعِهِ أَعْظَمُ فِي الْمُعْجِزَةِ فَإِنَّا نُشَاهِدُ الْمَاءَ يَتَفَجَّرُ مِنَ الْأَحْجَارِ آنَاءَ اللَّيْلِ وَآنَاءَ النَّهَارِ وَمُعْجِزَةُ نَبِيِّنَا عَلَيْهِ السَّلَامُ لَمْ تَكُنْ لِنَبِيٍّ قَبْلَ نَبِيِّنَا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَخْرُجُ الْمَاءُ مِنْ بَيْنِ لَحْمٍ وَدَمٍ! رَوَى الْأَئِمَّةُ الثِّقَاتُ وَالْفُقَهَاءُ الْأَثْبَاتُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ: كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمْ نَجِدْ مَاءً فَأُتِيَ بِتَوْرٍ «١» فَأَدْخَلَ يَدَهُ فِيهِ: فَلَقَدْ رَأَيْتُ الْمَاءَ يَتَفَجَّرُ مِنْ بَيْنِ أَصَابِعِهِ وَيَقُولُ (حَيَّ عَلَى الطَّهُورِ) . قَالَ الْأَعْمَشُ: فَحَدَّثَنِي سَالِمُ بْنُ أَبِي الْجَعْدِ قَالَ قُلْتُ لِجَابِرٍ كَمْ كُنْتُمْ يَوْمَئِذٍ؟ قَالَ: أَلْفًا وَخَمْسَمِائَةٍ. لَفْظُ النَّسَائِيِّ. السَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (قَدْ عَلِمَ كُلُّ أُناسٍ مَشْرَبَهُمْ) يَعْنِي أَنَّ لِكُلِّ سِبْطٍ مِنْهُمْ عَيْنًا قَدْ عَرَفَهَا لَا يَشْرَبُ مِنْ غَيْرِهَا. وَالْمَشْرَبُ مَوْضِعُ الشُّرْبِ. وَقِيلَ: الْمَشْرُوبُ. وَالْأَسْبَاطُ فِي بَنِي إِسْرَائِيلَ كَالْقَبَائِلِ فِي الْعَرَبِ وَهُمْ ذُرِّيَّةُ الِاثْنَيْ عَشَرَ أَوْلَادِ يَعْقُوبَ عَلَيْهِ السَّلَامُ وَكَانَ لِكُلِّ سِبْطٍ عَيْنٌ مِنْ تِلْكَ الْعُيُونِ لَا يَتَعَدَّاهَا. قَالَ عَطَاءٌ: كَانَ لِلْحَجَرِ أَرْبَعَةُ أَوْجُهٍ يَخْرُجُ مِنْ كُلِّ وَجْهٍ ثَلَاثُ أَعْيُنٍ لِكُلِّ سِبْطٍ عَيْنٌ لَا يُخَالِطُهُمْ سِوَاهُمْ. وَبَلَغَنَا أَنَّهُ كَانَ فِي كُلِّ سِبْطٍ خَمْسُونَ أَلْفَ مُقَاتِلٍ سِوَى خَيْلِهِمْ وَدَوَابِّهِمْ. قَالَ عَطَاءٌ: كَانَ يَظْهَرُ عَلَى كُلِّ مَوْضِعٍ مِنْ ضَرْبَةِ مُوسَى مِثْلَ ثَدْيِ الْمَرْأَةِ عَلَى الْحَجَرِ فَيَعْرَقُ أَوَّلًا ثُمَّ يَسِيلُ. الثَّامِنَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (كُلُوا وَاشْرَبُوا) فِي الْكَلَامِ حَذْفٌ تَقْدِيرُهُ وَقُلْنَا لَهُمْ كُلُوا الْمَنَّ وَالسَّلْوَى وَاشْرَبُوا الْمَاءَ الْمُتَفَجِّرَ مِنَ الْحَجَرِ الْمُنْفَصِلِ. (وَلا تَعْثَوْا) أَيْ لَا تُفْسِدُوا. وَالْعَيْثُ: شِدَّةُ الْفَسَادِ نَهَاهُمْ عَنْ ذَلِكَ. يُقَالُ: عَثِيَ يَعْثَى عُثِيًّا وَعَثَا يَعْثُو عُثُوًّا وَعَاثَ يَعِيثُ عَيْثًا وَعُيُوثًا وَمَعَاثًا وَالْأَوَّلُ لُغَةُ الْقُرْآنِ. وَيُقَالُ: عَثَّ يَعُثُّ فِي الْمُضَاعَفِ: أَفْسَدَ وَمِنْهُ الْعُثَّةُ وَهِيَ السُّوسَةُ الَّتِي تَلْحَسُ الصُّوفَ. و (مُفْسِدِينَ) حَالٌ وَتَكَرَّرَ الْمَعْنَى تَأْكِيدًا لِاخْتِلَافِ اللَّفْظِ. وَفِي هَذِهِ الْكَلِمَاتِ إِبَاحَةُ النِّعَمِ وَتَعْدَادُهَا وَالتَّقَدُّمُ في المعاصي والنهي عنها.
(١). التور (بالتاء المثناة): إناء من صفرا وحجارة يشرب منه أو يتوضأ.