Abd al-Raḥmân ibn ʿUthmân ibn ʿUbayd Allâh al-Taymî tint les mêmes propos. Lorsque cela parvint à al-Walîd, celui-ci se montra équitable à son égard. Les savants ont dit : Ce pacte conclu à l’époque de l’ignorance (al-Jâhiliyyah) est précisément celui qu’a consolidé l’Islam et qu’a distingué le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – de la portée générale de sa parole : « Il n’existe pas de pacte (ḥilf) dans l’Islam. » La sagesse de cette exception réside dans le fait que la Loi révélée est venue pour secourir l’opprimé, arracher le droit au injuste et le restituer au lésé. Elle a rendu cela obligatoire, de manière générale, à toute personne responsable qui en a la capacité, et leur a donné un moyen d’action contre les injustes, conformément à la parole du Très-Haut : « La voie de la réprobation n’est ouverte que contre ceux qui font du tort aux gens et commettent des excès sur terre sans droit ; ceux-là auront un châtiment douloureux. » Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ, à propos de la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Secours ton frère qu’il soit injuste ou victime d’injustice. » Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, nous le secourons quand il est victime d’injustice, mais comment le secourir quand il est injuste ? » Il répondit : « En l’empêchant de commettre l’injustice » – dans une autre version : « Tu le retiens de l’injustice ; voilà en quoi consiste le secourir. » Il a également précédé de lui – paix et bénédictions sur lui – cette parole : « Lorsque les gens voient l’injuste et ne l’entravent pas, il n’est pas loin qu’Allah les enveloppe d’un châtiment provenant de Lui. » Deuxième question – Sa parole, exalté soit-Il : « Et ne rompez pas vos serments après les avoir renforcés » ; c’est-à-dire après les avoir rendus graves et solennels. On dit : tawkîd et taʾkîd ; wak-kada et ak-kada ; ce sont deux formes linguistiques. Troisième question – Sa parole, exalté soit-Il : « Alors que vous avez pris Allah pour garant sur vous » ; c’est-à-dire comme Témoin, ou comme Gardien, ou encore comme Garant. S’Il a dit : « après les avoir renforcés », c’est afin de distinguer le serment confirmé, prononcé avec résolution, du serment futile (laghw al-yamîn). Ibn Wahb et Ibn al-Qâsim rapportent de Mâlik que le « tawkîd » consiste pour une personne à jurer plusieurs fois à propos d’une même chose, répétant le serment trois fois ou davantage, comme s’il disait : « Par Allah, je ne diminuerai rien de telle chose ; par Allah, je ne diminuerai rien de telle chose ; par Allah, je ne diminuerai rien de telle chose. » La pénitence (kaffâra) de tout cela n’est qu’une seule, la même que pour un serment. Yahyâ ibn Saʿîd dit : il s’agit des engagements (ʿuhûd) ; l’engagement est un serment, mais la différence est que l’engagement n’admet pas l’expiation. Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Chaque traître aura, le Jour de la Résurrection, un étendard planté auprès de ses hanches, à la hauteur de sa trahison ; on dira : “Voici la trahison d’Untel.” » Quant au serment par Allah, Il – glorifié soit-Il – y a institué l’expiation en une seule forme, et ainsi se trouve levé ce sur quoi le serment avait été contracté. Ibn ʿUmar a dit : le « tawkîd » consiste à jurer deux fois ; s’il ne jure qu’une seule fois, aucune expiation n’est due. Cela a déjà été mentionné dans la sourate al-Mâʾidah.
عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عُثْمَانَ بْنِ عُبَيْدِ اللَّهِ التَّيْمِيَّ فَقَالَ مِثْلَ ذَلِكَ. فَلَمَّا بَلَغَ ذَلِكَ الْوَلِيدَ أَنْصَفَهُ. قَالَ الْعُلَمَاءُ: فَهَذَا الْحِلْفُ الَّذِي كَانَ فِي الْجَاهِلِيَّةِ هُوَ الَّذِي شَدَّهُ الْإِسْلَامُ وَخَصَّهُ النَّبِيُّ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ مِنْ عُمُومِ قَوْلِهِ: " لَا حِلْفَ فِي الْإِسْلَامِ" . وَالْحِكْمَةُ فِي ذَلِكَ أَنَّ الشَّرْعَ جَاءَ بِالِانْتِصَارِ مِنَ الظَّالِمِ وَأَخْذِ الْحَقِّ مِنْهُ وَإِيصَالِهِ إِلَى الْمَظْلُومِ، وَأَوْجَبَ ذَلِكَ بِأَصْلِ الشَّرِيعَةِ إِيجَابًا عَامًّا عَلَى مَنْ قَدَرَ مِنَ الْمُكَلَّفِينَ، وَجَعَلَ لَهُمُ السَّبِيلَ عَلَى الظَّالِمِينَ فَقَالَ تَعَالَى: " إِنَّمَا السَّبِيلُ عَلَى الَّذِينَ يَظْلِمُونَ النَّاسَ وَيَبْغُونَ فِي الْأَرْضِ بِغَيْرِ الْحَقِّ أُولئِكَ لَهُمْ عَذابٌ أَلِيمٌ «١» " . وفى الصحيح (من قوله «٢» : " انْصُرْ أَخَاكَ ظَالِمًا أَوْ مَظْلُومًا" قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، هَذَا نَنْصُرُهُ مَظْلُومًا فَكَيْفَ نَنْصُرُهُ ظَالِمًا؟ قَالَ: " تَأْخُذُ عَلَى يَدَيْهِ- فِي رِوَايَةٍ: تَمْنَعُهُ مِنَ الظُّلْمِ- فَإِنَّ ذَلِكَ نَصْرُهُ" . وَقَدْ تَقَدَّمَ قَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: " إِنَّ النَّاسَ إِذَا رَأَوُا الظَّالِمَ وَلَمْ يَأْخُذُوا عَلَى يَدَيْهِ أَوْشَكَ أَنْ يَعُمَّهُمُ اللَّهُ بِعِقَابٍ مِنْ عِنْدِهِ" . الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا تَنْقُضُوا الْأَيْمانَ بَعْدَ تَوْكِيدِها) يَقُولُ بَعْدَ تَشْدِيدِهَا وَتَغْلِيظِهَا، يُقَالُ: تَوْكِيدٌ وَتَأْكِيدٌ، وَوَكَّدَ وَأَكَّدَ، وَهُمَا لُغَتَانِ. الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَقَدْ جَعَلْتُمُ اللَّهَ عَلَيْكُمْ كَفِيلًا) يَعْنِي شَهِيدًا. وَيُقَالُ: حَافِظًا، وَيُقَالُ: ضَامِنًا. وَإِنَّمَا قَالَ " بَعْدَ تَوْكِيدِها" فَرْقًا بَيْنَ الْيَمِينِ الْمُؤَكَّدَةِ بِالْعَزْمِ وَبَيْنَ لَغْوِ الْيَمِينِ. وَقَالَ ابْنُ وَهْبٍ وَابْنُ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ التَّوْكِيدُ هُوَ حَلِفُ الْإِنْسَانِ فِي الشَّيْءِ الْوَاحِدِ مِرَارًا، يُرَدِّدُ فِيهِ الْأَيْمَانَ ثَلَاثًا أَوْ أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ، كَقَوْلِهِ: وَاللَّهِ لَا أَنْقُصُهُ مِنْ كَذَا، وَاللَّهِ لَا أَنْقُصُهُ مِنْ كَذَا، وَاللَّهِ لَا أَنْقُصُهُ مِنْ كَذَا. قَالَ: فَكَفَّارَةُ ذَلِكَ وَاحِدَةٌ مِثْلُ كَفَّارَةِ الْيَمِينِ. وَقَالَ يَحْيَى بْنُ سَعِيدٍ: هِيَ الْعُهُودُ، وَالْعَهْدُ يَمِينٌ، وَلَكِنَّ الْفَرْقَ بَيْنَهُمَا أَنَّ الْعَهْدَ لَا يُكَفَّرُ. قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " يُنْصَبُ لِكُلِ غَادِرٍ لِوَاءٌ يَوْمَ الْقِيَامَةِ عِنْدَ اسْتِهِ بِقَدْرِ غَدَرْتِهِ يُقَالُ هَذِهِ غَدْرَةُ فُلَانٍ" . وَأَمَّا الْيَمِينُ بِاللَّهِ فَقَدْ شَرَعَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ فِيهَا الْكَفَّارَةَ بِخَصْلَةٍ وَاحِدَةٍ، وَحَلَّ مَا انْعَقَدَتْ عَلَيْهِ الْيَمِينُ. وَقَالَ ابْنُ عُمَرَ: التَّوْكِيدُ هُوَ أَنْ يَحْلِفَ مَرَّتَيْنِ، فَإِنْ حَلَفَ وَاحِدَةً فَلَا كَفَّارَةَ فيه. وقد تقدم في المائدة «٣» .
(١). راجع ج ١٦ ص ٤٤. (٢). من و. (٣). راجع ج ٦ ص ٣٦٤.