Cinquièmement : L’injonction de tuer les serpents s’inscrit dans le cadre de l’orientation visant à écarter le danger redouté que représentent ces reptiles. Tout serpent dont la nocivité est avérée doit être éliminé sans tarder, conformément à la parole du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui : « Tuez les serpents, tuez le serpent à deux raies noires et le serpent à queue tronquée, car ils rendent aveugle et provoquent les fausses-couches. » Le Prophète – sur lui la paix – a mentionné spécifiquement ces deux espèces, bien qu’elles soient comprises dans l’ordre général, afin de souligner l’ampleur de leur danger. Quant aux serpents dont le préjudice n’est pas établi, ceux que l’on rencontre hors des habitations sont également mis à mort, en vertu du commandement général, du fait que la plupart des serpents sont nuisibles par nature, que leur apparence inspire la frayeur et que les âmes les abhorrent. C’est pourquoi le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – a dit : « Allah aime la bravoure, ne fût-ce que pour tuer un serpent. » Il encouragea ainsi à les tuer. Abou Dâwoud rapporte, d’après ‘Abd Allâh ibn Mass‘oûd, que le Prophète – qu’Allah le couvre d’éloges et de paix – a dit : « Tuez tous les serpents ; celui qui craint leur revanche n’appartient pas à ma voie. » – Allah est plus savant. Sixièmement : Tout serpent qui se trouve dans les maisons ne doit pas être tué avant qu’on l’ait averti trois jours, selon la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Il y a à Médine des jinn qui ont embrassé l’islam ; si vous en voyez l’un d’eux, avertissez-le trois jours. » Certains savants ont limité l’application de ce hadith à la seule cité de Médine, parce que les jinn y ont embrassé l’islam. Ils ont dit : « Nous ne savons pas si des jinn d’autres contrées sont devenus musulmans ou non », propos rapportés d’Ibn Nâfi‘. Mâlik, pour sa part, interdit de tuer les « janân » – sortes de serpents domestiques – dans toutes les contrées, et c’est l’avis correct. En effet, Allah – Puissant et Majestueux – a dit : « Et quand Nous dirigeâmes vers toi un groupe de jinn pour écouter le Coran… » (Al-Ahqâf, 29). Dans le Sahîh de Muslim, il est rapporté d’après ‘Abd Allâh ibn Mass‘oûd que le Prophète – qu’Allah lui accorde Sa grâce et Sa paix – a dit : « Un messager des jinn est venu à moi ; je partis avec lui et je leur récitai le Coran. » Puis ils lui demandèrent de la nourriture ; ils étaient des jinn de la Péninsule arabe. Ce hadith sera cité intégralement, si Allah le veut, dans la sourate « Al-Jinn ». Dès lors, aucun de ces serpents ne doit être tué avant qu’on ne lui intime l’ordre de partir (at-taḥrîj) et qu’on le somme à trois reprises, ainsi qu’il sera expliqué – si Allah, Très-Haut, le permet.
الْخَامِسَةُ: الْأَمْرُ بِقَتْلِ الْحَيَّاتِ مِنْ بَابِ الْإِرْشَادِ إِلَى دَفْعِ الْمَضَرَّةِ الْمَخُوفَةِ مِنَ الْحَيَّاتِ، فَمَا كَانَ مِنْهَا مُتَحَقَّقُ الضَّرَرِ وَجَبَتِ الْمُبَادَرَةُ إِلَى قَتْلِهِ، لِقَوْلِهِ: (اقْتُلُوا الْحَيَّاتِ وَاقْتُلُوا ذَا الطُّفْيَتَيْنِ «١» وَالْأَبْتَرَ فَإِنَّهُمَا يَخْطَفَانِ الْبَصَرَ وَيُسْقِطَانِ الْحَبَلَ) . فَخَصَّهُمَا بِالذِّكْرِ مَعَ أَنَّهُمَا دَخَلَا فِي الْعُمُومِ وَنَبَّهَ عَلَى ذَلِكَ بِسَبَبِ عِظَمِ ضَرَرِهِمَا. وَمَا لَمْ يَتَحَقَّقْ ضَرَرُهُ فَمَا كَانَ مِنْهَا فِي غَيْرِ الْبُيُوتِ قُتِلَ أَيْضًا لِظَاهِرِ الْأَمْرِ الْعَامِّ، وَلِأَنَّ نَوْعَ الْحَيَّاتِ غَالِبُهُ الضَّرَرُ، فَيُسْتَصْحَبُ ذَلِكَ فِيهِ، وَلِأَنَّهُ كُلَّهُ مُرَوِّعٌ بِصُورَتِهِ وَبِمَا فِي النُّفُوسِ مِنَ النَّفْرَةِ عَنْهُ، وَلِذَلِكَ قَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الشَّجَاعَةَ وَلَوْ عَلَى قَتْلِ حَيَّةٍ) . فَشَجَّعَ عَلَى قَتْلِهَا. وَقَالَ فِيمَا خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ مَرْفُوعًا: (اقْتُلُوا الْحَيَّاتِ [كُلَّهُنَّ «٢» ] فَمَنْ خَافَ ثَأْرَهُنَّ فَلَيْسَ مِنِّي) . وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّادِسَةُ: مَا كَانَ مِنَ الْحَيَّاتِ فِي الْبُيُوتِ فَلَا يُقْتَلُ حَتَّى يُؤْذَنَ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ، لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (إِنَّ بِالْمَدِينَةِ جِنًّا قَدْ أَسْلَمُوا فإذا رأيتم منهم شيئا فآذنوه ثلاثة أيام) . وَقَدْ حَمَلَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ هَذَا الْحَدِيثَ عَلَى الْمَدِينَةِ وَحْدَهَا لِإِسْلَامِ الْجِنِّ بِهَا، قَالُوا: وَلَا نَعْلَمُ هَلْ أَسْلَمَ مِنْ جِنِّ غَيْرِ الْمَدِينَةِ أَحَدٌ أَوْ لَا، قَالَهُ ابْنُ نَافِعٍ. وَقَالَ مَالِكٌ: نَهَى عَنْ قَتْلِ جِنَانِ «٣» الْبُيُوتِ فِي جَمِيعِ الْبِلَادِ. وَهُوَ الصَّحِيحُ، لِأَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ قَالَ: " وَإِذْ صَرَفْنا إِلَيْكَ نَفَراً مِنَ الْجِنِّ يَسْتَمِعُونَ الْقُرْآنَ" «٤» [الأحقاف: ٢٩] الْآيَةَ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (أَتَانِي دَاعِي الْجِنِّ فَذَهَبْتُ مَعَهُمْ فَقَرَأْتُ عَلَيْهِمُ الْقُرْآنَ) وَفِيهِ: وَسَأَلُوهُ الزَّادَ وَكَانُوا مِنْ جِنِّ الْجَزِيرَةِ، الْحَدِيثَ. وَسَيَأْتِي بِكَمَالِهِ فِي سُورَةِ " الْجِنِّ" «٥» إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. وَإِذَا ثبت هذا فلا يقتل شي مِنْهَا حَتَّى يُحَرِّجَ «٦» عَلَيْهِ وَيُنْذَرَ، عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تعالى.
(١). ذو الطفيتين: حية لها خطان أسودان كالطفيتين أي الخوصتين. (٢). الزيادة عن سنن أبي داود. (٣). جنان (بتشديد النون الاولى، جمع جان): ضرب من الحيات الدقيق الخفيف يضرب إلى الصفرة ليس بسام، وهو كثير في بيوت الناس. (٤). راجع ج ١٦ ص ٢١٠. (٥). راجع ج ١٩ ص ١ فما بعد. (٦). في هامش نسخة من الأصل: (التحريج هو أن يقول لها: أنت في حرج- أي في ضيق- إن عدت إلينا فلا تلومينا أن نضيق عليك بالتتبع والطرد والقتل (. وكذلك هو في نهاية ابن الأثير واللسان.