Livre du khulʿ
Allah – exalté soit-Il – a dit : « Il ne vous est pas permis de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur aviez donné… » (al-Baqarah, 2 : 229).
421 – Ils s’accordent tous qu’il n’est pas licite à l’époux de reprendre quoi que ce soit de ce qu’il a offert à son épouse, sauf si la désobéissance conjugale (nushûz) vient d’elle.
Seul Abû Ḥanîfa a divergé : lorsque l’injustice et la désobéissance proviennent du mari et qu’elle contracte alors un khulʿ, la séparation est valable et effective ; l’époux commet certes un péché, mais on ne l’oblige pas à restituer ce qu’il a reçu.
422 – Il existe également un consensus selon lequel le khulʿ peut être conclu sans l’intervention de l’autorité judiciaire(1).
Al-Ḥasan al-Baṣrî et Ibn Sîrîn, pour leur part, estiment qu’il n’est valable qu’en présence du juge.
Livre de l’ilâʾ
423 – Tous reconnaissent que tout serment interdisant les rapports sexuels constitue un ilâʾ.
424 – Ils s’accordent en outre pour définir le « retour (fayʾ) » comme le fait d’accomplir l’acte conjugal lorsqu’aucun empêchement ne subsiste(2).
425 – Ils s’entendent enfin sur le point suivant : si quelqu’un déclare : « Mes esclaves sont affranchis si j’ai des rapports avec mon épouse », puis les vend, l’ilâʾ devient caduc pour lui.
(1) Ibn Abî Shayba rapporte le propos d’al-Hasan dans son Muṣannaf (4/88) : « ʿAbd al-Aʿlâ nous a transmis, d’après Yûnus, d’après al-Hasan, que celui-ci a déclaré : “La rupture (khulʿ) se fait devant l’autorité (le sultan).” » Cette chaîne de transmission est authentique. Saʿîd b. Manṣûr l’a également rapporté par une autre voie dans ses Sunan (n° 1413).
Quant à Ibn Sîrîn, on possède de lui l’avis contraire : dans le Muṣannaf d’Ibn Abî Shayba (4/88) on lit : « Ibn Idrîs nous a relaté, d’après Hishâm, d’après Ibn Sîrîn, qu’il a dit : “Le khulʿ est valable sans l’intervention de l’autorité.” »
Il est en outre attesté que ʿUmar, ʿUthmân et Ibn ʿUmar autorisaient le khulʿ sans recourir au sultan, et l’on ne connaît pas de Compagnon ayant exprimé une opinion divergente.
(2) Dans Q (2488) : « Les savants musulmans sont unanimes : lorsqu’un homme fait le serment d’abstinence (ilâ’) envers son épouse tout en étant physiquement apte, puis souhaite revenir (al-fay’), ce retour ne peut se réaliser que par l’accomplissement effectif du rapport conjugal ; aucun acte de substitution ne saurait en tenir lieu. »
كتاب الخلع
قال الله – Exalté soit-Il –: ﴿ولا يَحِلُّ لكُم أنْ تأخُذُوا﴾ [البقرة: ٢٢٩] «الآية».
٤٢١ - وأجمعوا على أن الرجل لا يَحل له أخذ شيء مما أعطى للمرأة إلا أن يكون النشوز من قبلها.
وانفرد النعمان فقال: إذا جاء الظلم والنشوز من قبله فخالعته، فهو جائز ماض، وهو آثُمٌ، ولا يُجبر على رد ما أخذ.
٤٢٢ - وأجمعوا أن الخلع يَجوز دون السلطان (١).
وانفرد الحسن وابن سيرين، فقالا: لا يَجوز إلا عند السلطان.
كتاب الإيلاء
٤٢٣ - وأجمعوا على أن كل يمين منعت من جماع أنَّها إيلاء.
٤٢٤ - وأجمعوا على أن الفيء: الجماع إذا لم يكن له عذر (٢).
٤٢٥ - وأجمعوا على أنه إذا قال: رقيقي أحرار إن وطيء زوجته، ثُمَّ باعهم أن الإيلاء أُسقط عنه.
(١) أخرج أثر الحسن: ابن أبي شيبة (٤/ ٨٨) قال: نا عبد الأعلى عن يونس عن الحسن قال: هو عند السلطان؛ وهذا إسناد صحيح، وأخرجه من طريق آخر سعيد بن منصور في السنن (١٤١٣).
وأما ابن سيرين فقد ثبت عنه العكس كما في المصنف لابن أبي شيبة (٤/ ٨٨) قال: نا ابن إدريس عن هشام عن ابن سيرين قال: الخلع جائز دون السلطان.
وقد ثبت عن عمر، وعثمان، وابن عمر إجازة الخلع دون السلطان، ولا نعلم لهم مخالفًا من الصحابة.
(٢) في ق (٢٤٨٨): [ولا تنازع بين علماء المسلمين أن الرجل إذا آلى من امرأته وهو قادر على الجماع؛ وأراد الفيء أن الفيء لا يكون إلا الجماع وأن غيره لا يقوم مقامه بدلاً منه".اهـ