Livre des juges 253 – Ils conviennent unanimement que certaines décisions qu’un magistrat rend sur la base d’indices apparents demeurent, en réalité, illicites pour la partie qu’elles favorisent lorsqu’elle sait pertinemment qu’elles le sont ; ainsi, s’il lui adjug e un bien alors qu’elle est convaincue qu’il appartient à autrui, ou s’il lui accorde le droit d’exercer la loi du talion contre quelqu’un dont elle connaît l’innocence, bien que des témoignages recevables en apparence aient été produits. 254 – Ils conviennent unanimement que, lorsqu’un cadi écrit à un autre cadi au sujet d’un jugement qu’il a rendu conformément aux règles — sur la base de témoins justes —, lit la lettre devant deux témoins et les fait attester de son contenu, puis que la lettre parvient au cadi destinataire et que ces deux témoins déposent devant lui conformément à ce qu’elle renferme, le cadi destinataire est tenu d’entériner cette correspondance, pourvu qu’il ne s’agisse pas d’une peine légale (ḥadd). 255 – Ils conviennent unanimement que le jugement rendu par une personne qui n’est pas cadi est valable, pourvu qu’il porte sur une affaire pour laquelle un tel jugement est recevable (1). Livre des revendications et des preuves 256 – Ils conviennent unanimement que la charge de la preuve incombe au demandeur, et que le serment incombe au défendeur. 257 – Ils conviennent unanimement qu’il est obligatoire de faire prêter serment au défendeur dans les litiges portant sur les biens, ainsi que nous l’avons indiqué. 258 – Ils conviennent unanimement que, si une esclave se trouve entre les mains d’un homme et qu’un autre homme la revendique en produisant la preuve qu’elle appartenait à son père défunt — dont on ne connaît aucun autre héritier que lui —, tandis que le possesseur produit, lui, la preuve qu’il l’a achetée de ce même demandeur pour cent dinars, prix qu’il a effectivement acquitté, le jugement est rendu en faveur de l’acheteur. 259 – Ils conviennent de même à propos de la ṣadaqa, du don (hiba), de la libéralité (‘aṭiyya), de la niḥla et de la ‘umrâ, lorsque ces donations ont déjà été prises en possession. 260 – Ils conviennent unanimement que, lorsque la femme déclare : « Il m’a répudiée », et que sa période d’attente (‘idda) n’est pas encore achevée avant le décès (du mari), tandis que les héritiers prétendent que sa ‘idda est déjà terminée, la parole de la femme prévaut. 261 – Ils conviennent unanimement que, si un homme possède une esclave et qu’il est notoire qu’il entretient des rapports avec elle, et qu’il le reconnaît,
(1) fol. 8a.
كتاب القضاة ٢٥٣ - وأجمعوا على أشياء مما يَحكم بِها الحاكم في الظاهر حرام على المقضي له به، مما يعلم أن ذلك حرام عليه من ذلك: أن يَحكم له بالمال ويَجزم أنه مملوك، ويَحكم له بالقَوْد على من يعلم أنه بريء مما حكم له عليه، ببينات ثبتت في الظاهر. ٢٥٤ - وأجمعوا على أن القاضي إذا كتب إلى قاض آخر بقضية قضى فيها على ما يَجب: ببينة عادلة، وقرأ الكتاب على شاهدين، وأشهدهما على ما فيه فوصل الكتاب إلى القاضي المكتوب إليه، وشهد الشاهدان عنده بما في الكتاب، أن على المكتوب إليه قبول كتابه إذا كان ذلك في غير حد. ٢٥٥ - وأجمعوا على أن ما قضى به غير قاض جائز إذا كان مما يَجوز (١). كتاب الدعوى والبَينات ٢٥٦ - وأجمعوا على أن البيّنة على المدَّعي، واليمين على المدَّعَى عليه. ٢٥٧ - وأجمعوا على وجوب استحلاف المدَّعى عليه في الأموال على سبيل ما ذكرناه. ٢٥٨ - وأجمعوا على أن لو كانت أَمَة في يدي رجل، فادعاها رجل، وأقام البيّنة أنَّها كانت لأبيه، وأنه مات، ولا يعلمون له وارثًا غيره، وأقام الآخر البيّنة أنه اشتراها من هذا بمائة دينار ونقده الثمن فإنه يُقضى بها للمشتري. ٢٥٩ - وأجمعوا كذلك أيضًا في الصدقة، والهبة، والعطية، والنحل، والعُمرى: إذا كانت مقبوضة. ٢٦٠ - وأجمعوا على أن المرأة إذا قالت: طلقني، ولم تنقض [عدتي] حتى مات، وادعى الورثة أنه قد انقضت عدتُها، أن القول للمرأة. ٢٦١ - وأجمعوا على أن الرجل إذا كانت له جارية، وعُلِم أنه يطؤها، أقر بذلك
(١) (٨/أ).