220 – Ils conviennent unanimement que la bête abattue par un muet est licite à la consommation.
221 – Ils conviennent unanimement que, lorsque le fœtus extrait du ventre de sa mère est vivant, son immolation est tenue pour accomplie par celle de sa mère.
222 – Ils conviennent unanimement qu’il est permis de consommer l’animal abattu par un enfant ou par une femme, pourvu qu’ils soient capables de procéder à l’abattage et qu’ils en respectent toutes les conditions requises.
223 – Ils conviennent unanimement que les animaux abattus par les Gens du Livre nous sont licites, à condition qu’ils prononcent le nom d’Allâh au moment de l’abattage.
(1) Dans le manuscrit Q (1811) : « أكل ».
(2) Dans le manuscrit T : « ميتًا ».
(3) Au sujet de la licéité de l’abattage pratiqué par une femme, Ibn Ḥazm écrit dans Marātib al-ijmāʿ (p. 240) : « Je ne connais aucune divergence quant à la consommation d’une bête sacrifiée par une femme musulmane, sensée et pubère, aux mêmes conditions que pour l’homme ; je n’affirme cependant pas qu’il s’agisse d’un consensus. » Il ajoute : « Les savants ont divergé au sujet de l’abattage effectué par le mineur… »
Al-Nawawī précise dans al-Majmūʿ (8/380) : « Il est permis de mandater un Ahl al-Kitāb, une femme ou un enfant pour l’abattage ; toutefois, nos auteurs jugent répréhensible de mandater un enfant. Pour la femme menstruée, deux avis existent ; le plus sûr est qu’il n’y a pas de réprobation, faute d’interdiction explicite. »
Ibn al-Akhwah al-Qurashī note dans Maʿālim al-qurba fī maʿālim al-ḥisba (p. 79) : « L’abattage réalisé par un enfant, un aveugle, un aliéné ou un ivre est blâmé, de peur qu’ils ne manquent l’emplacement de la jugulation. »
Al-Shawkānī rapporte dans Nayl al-awṭār (8/160) que la permission de l’abattage par une femme est l’avis majoritaire. Il poursuit : « Muḥammad b. ʿAbd al-Ḥakam rapporte de Mālik, dans la Mudawwana, qu’il le jugeait déconseillé tout en l’autorisant ; selon un avis chaféite, il est répréhensible qu’une femme sacrifie l’animal de l’ʿAïd. »
(4) Ibn Ḥazm écrit encore dans Marātib al-ijmāʿ (p. 241) : « Je ne connais pas de divergence sur la licéité de la viande abattue par un chrétien dont les ancêtres suivaient le christianisme avant la mission du Messager de Dieu ﷺ et qui n’était pas arabe, ni sur celle abattue par un juif dont les ancêtres suivaient le judaïsme avant cette mission et qui n’était pas arabe, pourvu qu’ils aient prononcé le nom de Dieu, n’aient invoqué aucun autre nom et n’aient pas abattu pour leurs fêtes. Je n’affirme toutefois pas qu’il s’agisse d’un consensus, bien que je doute qu’il existe une opposition à ce sujet. »
Je précise : Ibn al-ʿArabī signale, dans Aḥkām al-Qurʾān (2/44), une controverse au sujet des bêtes abattues par les chrétiens arabes de Banū Taghlib ; Ibn al-Ḥājj évoque également, dans al-Madkhal (4/183), un désaccord concernant l’abattage par les Gens du Livre ; et Sharāʾiʿ al-Islām (fiqh zaydite, 3/159) rapporte deux opinions, la plus répandue étant l’interdiction.
Ibn Qudāma affirme aussi un consensus : dans al-Mughnī (9/311) il écrit : « Les savants sont unanimes quant à la licéité des bêtes abattues par les Gens du Livre, conformément à la parole du Très-Haut : “La nourriture de ceux à qui le Livre a été donné vous est permise” (al-Māʾida : 5), c’est-à-dire leurs bêtes abattues. Al-Bukhārī rapporte qu’Ibn ʿAbbās a dit : ‘Leur nourriture, ce sont leurs bêtes abattues’, propos partagé par Mujāhid et Qatāda, et transmis dans le même sens par Ibn Masʿūd. La plupart des savants jugent également licite le gibier qu’ils capturent ; tel est l’avis de ʿAṭāʾ, al-Layth, al-Shāfiʿī et des juristes hanafites. À notre connaissance, seul Mālik a interdit leur gibier : il autorise leurs bêtes abattues mais proscrit leur chasse, position invalide, car leur gibier relève aussi de leur nourriture et entre donc dans la généralité du verset. En effet, celui dont l’abattage est licite voit également sa chasse licite, à l’instar du musulman. »
٢٢٠ - وأجمعوا على [إباحة] (١) ذبيحة الأخرس.
٢٢١ - وأجمعوا على أن الجنين إذا خرج [حيًّا] (٢) أن ذكاته بذكاة أُمه.
٢٢٢ - وأجمعوا على إباحة ذبيحة الصبي والمرأة إذا أطاقا الذبح، وأتيَا على ما يَجب أن يُؤتى عليه (٣).
٢٢٣ - وأجمعوا على أن ذبائح أهل الكتاب لنا حلال إذا ذكروا اسم الله عليها (٤).
(١) في ق (١٨١١): [أكل].
(٢) في ط: [ميتًا].
(٣) بالنسبة لحلِّ ذبيحة المرأة فقد قال ابن حزم في مراتب الإجماع (ص ٢٤٠): "ولا أعلم خلافًا في أكل ما ذبحت المرأة المسلمة العاقلة البالغة على الشروط التي ذكرنا في الرجل، ولا أقطع على أنه إجماع"، ثم قال: "واختلفوا فيما ذبح الصبي ... ".
وقال النووي في المجموع (٨/ ٣٨٠): "ويجوز أن يُوكل كتابيًا وامرأةً وصبيًّا لكن قال أصحابنا: يُكره توكيل الصبي؛ وفي كراهة توكيل المرأة الحائض وجهان، أصحهما لا يكره؛ لأنة لم يصح فيه نهى".اهـ
وقال ابن الأخوة القرشي في "معالم القربة في معالم الحسبة" (ص ٧٩): "وكُره ذكاة الصبي والأعمى والمجنون والسكران لأنهم ربما أخطئوا موضع الذكاة؛ ".اهـ؛ وقد نقل الشوكاني في نيل الأوطار (٨/ ١٦٠) أن حلَّ ذبيحة المرأة هو قول الجمهور؛ ثم قال: "وقد نقل محمد بن عبد الحكم عن مالك كراهته فى المدونة جوازه؛ وفى وجه للشافعية يُكره ذبح المرأة الأضحية".اهـ
(٤) وقال ابن حزم في مراتب الإجماع (ص ٢٤١): "ولا أعلم خلافًا في جواز أكل ما ذبح النصراني؛ الذي دان آباؤه بدين النصارى، قبل مبعث رسول الله ﷺ، ولم يكن عربيًّا، أو أكل لحم ما ذبح اليهودي، الذي دان آباؤه بدين اليهود، قبل مبعث النبي ﷺ، ولم يكن عربيًّا، إذا سموا الله ﷿، ولم يسموا غيره ولا ذبحوا لأعيادهم، ولا أقطع على أنه إجماع، وكأني أشك في وجود الخلاف فيه".اهـ، قلت: وقد نقل ابن العربي في أحكام القرآن (٢/ ٤٤) الخلاف في ذبائح نصارى بني تغلب من العرب؛ وأشار ابن الحاج في المدخل (٤/ ١٨٣) إلى وجود خلاف في ذبيحة الكتابي؛ وفي شرائع الإسلام - في الفقه الزيدي- (٣/ ١٥٩): "وفي الكتابي روايتان: أشهرهما المنع".اهـ
وقد نقل الإجماع أيضًا: ابن قدامة في المغني (٩/ ٣١١) فقال: "وأجمع أهل العلم على إباحة ذبائح أهل الكتاب; لقول الله تعالى: ﴿وَطَعَامُ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ حِلٌّ لَّكُمْ﴾ [المائدة: ٥]، يعني ذبائحهم؛ قال البخاري: قال ابن عباس: طعامهم ذبائحهم؛ وكذلك قال مجاهد وقتادة؛ وروي معناه عن ابن مسعود, وأكثر أهل العلم يرون إباحة صيدهم أيضًا؛ قال ذلك عطاء, والليث, والشافعي, وأصحاب الرأي؛ ولا نعلم أحدًا حرم صيد أهل الكتاب إلا مالكًا, أباح ذبائحهم, وحرم صيدهم؛ ولا يصح; لأن صيدهم من طعامهم, فيدخل في عموم الآية, ولأن من حلت ذبيحته, حل صيده, كالمسلم".اهـ