Mujâhid, pour sa part, s’est singularisé et a déclaré : « Si le pèlerin, oubliant qu’il est en état d’ihram, abat délibérément le gibier, il s’agit alors d’une erreur devant être expiée ; mais s’il l’abat délibérément tout en se souvenant de son sacre, aucune sentence ne s’applique à lui (1). »
Abû Bakr dit : « Cette opinion est contraire au verset. »
157 – Ils conviennent unanimement que, pour le gibier abattu par le pèlerin en ihram, l’expiation est une brebis (2).
158 – Ils conviennent unanimement que, pour le pigeon du Sanctuaire, l’expiation consiste également en une brebis. Seul An-Nu‘mân s’en est écarté et a dit : « Il en faut payer la valeur. »
159 – Ils sont tous d’avis que la pêche maritime est licite pour le pèlerin en ihram : il lui est permis de capturer, de consommer, de vendre et d’acheter ce gibier aquatique.
(1) Il renvoie à la parole d’Allah, sourate al-Maʼida (verset 95) : « Quiconque parmi vous le tue délibérément devra offrir, en compensation, un animal domestique équivalent à celui qu’il a tué, jugement porté par deux personnes justes choisies parmi vous. »
(2) Tel est le libellé que donnent le manuscrit et toutes les éditions imprimées en ma possession ; j’ignore s’il s’agit d’une inadvertance de l’auteur, d’une erreur du copiste ou d’une omission. Le consensus établit en effet que celui qui abat un gibier ayant un équivalent doit l’indemniser par un animal de même espèce, à l’exception d’Abu Hanifa, qui impose d’en payer la valeur marchande, comme le rapporte Abu Hubayra (1/330). Par ailleurs, il n’existe aucun consensus selon lequel tout gibier tué par le muhrim (pèlerin en état d’ihram) serait expié par une brebis ; la majorité des Compagnons et des savants n’ont prévu la brebis que pour le cas du pigeon. Ainsi, le cheikh Zayd ibn Muhammad al-Madkhali écrit dans « Qabas min al-afnân al-nadiyya li-îdâh manâsik al-hajj al-marwiyya » (p. 159-160) : « Le jugement concernant la colombe — cet oiseau qui gobe l’eau et roucoule — ainsi que les espèces que l’on élève dans les maisons, telles que le dabisî, le qamrî, la tourterelle, etc., est d’offrir une brebis, selon la décision de ‘Umar, ‘Uthman, Ibn ‘Umar, Ibn ‘Abbâs et d’autres. »
وانفرد مجاهد فقال: إن قتله متعمدًا لقتله ناسيًا لحرمه؛ فهذا الخطأ المكفَّر؛ وإن قتله ذاكرًا لحرمه متعمدًا له لم يُحكم عليه (١).
قال أبو بكر: وهذا خلاف الآية.
١٥٧ - وأجمعوا أن في الصيد الذي يصيبه الْمُحرم شاة (٢).
١٥٨ - وأجمعوا أن في حمام الحرم شاة.
وانفرد النعمان، فقال: فيه قيمته.
١٥٩ - وأجمعوا على أن صيد البحر للْمُحرم مباح اصطياده، وأكله، وبيعه، وشراؤه.
(١) يشير إلى قوله تعالى في سورة المائدة (آية: ٩٥): ﴿وَمَن قَتَلَهُ مِنْكُم مُّتَعَمِّدًا فَجَزَاءٌ مِّثْلُ مَا قَتَلَ مِنَ النَّعَمِ يَحْكُمُ بِهِ ذَوَا عَدْلٍ مِّنْكُمْ﴾.
(٢) هكذا بالمخطوط وجميع النسخ المطبوعة التي تحت يدي؛ ولا أدري هل هذا وهم من المصنف أم هو خطأ من الناسخ، أم أن هناك سقطًا؟ ! وذلك أن الإجماع قائم على أنه إذا قتل صيدًا له مثل، فداه بمثله من النعم، إلا أبا حنيفة فإنه قال: يضمنه بقيمته، كما نص على هذا أبا هُبيرة (١/ ٣٣٠)، ولم يقع إجماع على أن جزاء الصيد الذي يصيبه المحرم شاة، إنما كان قول عامة الصحابة وجمهور العلماء على أن في الحمام شاة، كما قال الشيخ زيد بن محمد المدخلي حفظه الله في "قبس من الأفنان الندية لإيضاح مناسك الحج المروية" (ص ١٦٠، ١٥٩): "وقد ثبت الحكم في الحمامة، وهي الطائر الذي يعُب في شربه ويهدر، وكالذي تقتنيه الناس في البيوت كالدبسي والقمري والفاختة ونحوها بشاة قضى به عمر وعثمان وابن عمر وابن عباس وغيرهم".اهـ