102 – Ils sont unanimes à affirmer que celui qui découvre un trésor enfoui (rikāz) doit en verser le cinquième. 103 – Ils s’accordent également sur le fait que, lorsqu’une année lunaire complète s’est écoulée sur un capital, la zakât devient obligatoire. 104 – Ils conviennent unanimement que la zakât est due sur le bien dès l’achèvement de l’année ; ainsi, quiconque s’en acquitte…
Dans Lisân al-ʿArab (t. 5, p. 365) : « On dit : rakazahu yarkuzuhu rakzan, lorsqu’on l’enfouit. Le ḥadith s’entend selon l’opinion des gens du Ḥijâz : il vise le trésor pré-islamique ; le prélèvement du cinquième y est prescrit en raison de l’importance de son bénéfice et de la facilité de sa prise. Al-Azhari rapporte de l’imam al-Shâfiʿî qu’il a déclaré : “Ce dont je ne doute pas, c’est que le rikâz correspond à ce qui a été enterré à l’époque de la Jahiliyya ; ce sur quoi je suspends mon jugement, c’est le rikâz issu d’une mine ou le métal brut (tibr) que la terre produit.” » Ibn al-Athîr précise dans an-Nihâya (t. 2, p. 258) : « Pour les habitants du Ḥijâz, le rikâz désigne les trésors pré-islamiques enfouis dans le sol ; pour les Irakiens, il s’agit des gisements miniers. Les deux acceptions sont possibles sur le plan linguistique, car chacune correspond à quelque chose “enfoncé” dans la terre. On dit rakazahu yarkuzuhu rakzan quand on l’enterre, et arkaza ar-rajul lorsqu’un homme découvre un rikâz. Le ḥadith se rapporte toutefois à la première interprétation… » Al-Bâjî note dans al-Muntaqâ (t. 2, p. 102) : « La mine n’est pas appelée rikâz ; tel est aussi l’avis d’al-Shâfiʿî. Abû Ḥanîfa, en revanche, considère que la mine entre dans la catégorie du rikâz. » Ibn Qudâma écrit dans al-Mughnî (t. 2, p. 327) : « Le rikâz sur lequel on doit prélever le cinquième est celui qui provient d’un enfouissement pré-islamique. C’est l’opinion d’al-Ḥasan, ash-Shaʿbî, Mâlik, ash-Shâfiʿî et Abû Thawr. On le reconnaît à ses marques distinctives : noms de leurs rois, représentations, croix, statues d’idoles, etc. » Je dis : Le propos d’Abû Ḥafṣ an-Nasafî est pertinent pour appuyer la position irakienne concernant le sens de rikâz ; néanmoins, lors de l’élaboration d’un jugement, c’est l’usage juridico-religieux (ʿurf sharʿî) qui prévaut sur la simple acception lexicale. Il ne fait donc aucun doute que la langue des gens du Ḥijâz, jointe à l’opinion majoritaire des juristes, confirme que le rikâz mentionné dans le ḥadith renvoie au trésor pré-islamique enfoui. C’est également l’avis retenu par l’auteur dans al-Iqnâʿ (t. 1, p. 178). Voir également : al-Mughrib d’al-Mutarrazî (p. 196), al-Miṣbâḥ al-Munîr (p. 237), Sharḥ Ḥudûd Ibn ʿArafa (p. 76), al-Muṭṭaliʿ (t. 1, p. 133), al-Fâʾiq (t. 1, p. 16) et Anīs al-Fuquahāʾ (t. 1, p. 132). (1) Ibn Qudâma rapporte dans al-Mughnî (t. 2, p. 327) : « La base scripturaire du prélèvement sur le rikâz est le ḥadith transmis par Abû Hurayra, selon lequel le Messager de Dieu ﷺ a dit : “La bête vagabonde n’engage aucune responsabilité (al-ʿajmāʾ jubar) ; concernant le rikâz, il y a le cinquième.” Hadith unanimement authentifié. Cet avis fait en outre l’objet d’un consensus. Ibn al-Mundhir déclare : “Nous ne connaissons personne qui ait contredit ce ḥadith, à l’exception d’al-Ḥasan qui distingue entre ce qui se trouve en terre conquise (dār ḥarb) et en terre arabe (dār islām) : pour la première, on prélève le cinquième, pour la seconde la zakât…” » Ibn Ḥazm ajoute dans al-Marātib (p. 69) : « Ils ne se sont accordés, à propos du rikâz, sur aucun point que l’on puisse réellement rassembler. »
١٠٢ - وأجمعوا على أن الذي يُجيز الركاز: عليه الخمس (١). ١٠٣ - وأجمعوا على أن المال إذا حال عليه الحول: أن الزكاة تَجب فيه. ١٠٤ - وأجمعوا على أن الزكاة تَجب في المال بعد دخول الحول، فمن أدى ذلك
= وفي لسان العرب (٥/ ٣٦٥): "يقال: رَكَزَهُ يَرْكُزُهُ رَكْزًا إِذا دفنه؛ والحديث إِنما جاءَ على رأْي أَهل الحجاز، وهو الكنز الجاهلي، وإِنما كان فيه الخمس لكثرة نفعه وسهولة أَخذه؛ وروى الأَزهري عن الشافعي أَنّه قال: الذي لا أشك فيه أَن الرِّكاز دَفِينُ الجاهلية، والذي أَنا واقف فيه الركاز في المعدن والتِّبْر المخلوق في الأَرض". قال ابن الأثير في النهاية (٢/ ٢٥٨): "الرِّكاز عند أهل الحِجاز كُنوز الجاهلِية المدْفونَة في الأرض وعند أهل الِعراق المَعادِن، والقَوْلان تَحْتَمِلُهما اللُغة لأنّ كلاً مِنهما مَرْكوز في الأرض، أي ثابِت يقال رَكزَه يَرْكُزه رَكْزًا إذا دَفَنه وأرْكَزَ الرجلُ إذا وجَد الرِّكاز؛ والحديث إنَّما جاء في التفسير الأوّل ... ".اهـ وقال الباجي في المنتقى (٢/ ١٠٢): "فأما المعدن فلا يسمى ركازًا وبه قال الشافعي, وقال أبو حنيفة المعدن يسمى ركازًا"؛ وقال ابن قدامة في المغني (٢/ ٣٢٧): "الركاز الذي يتعلق به وجوب الخمس ما كان من دفن الجاهلية؛ هذا قول الحسن, والشعبي, ومالك والشافعي, وأبي ثور؛ ويعتبر ذلك بأن ترى عليه علاماتهم, كأسماء ملوكهم, وصورهم وصلبهم, وصور أصنامهم, ونحو ذلك".اهـ قلت: ما قاله أبو حفص النسفي له وجاهة في ترجيح قول أهل العراق في معنى الركاز، لكن العرف الشرعي هو الحاكم على المعنى اللُغوي عند استنباط حكم شرعي، فلا ريب أن لسان أهل الحجاز مع قول غالب أهل الشريعة يرجح أن الركاز الذي جاء في الحديث هو دفين الجاهلية من الكنوز؛ وهو ما رجحه المصنف في الإقناع (١/ ١٧٨). وانظر المغرب للمطرزي (ص ١٩٦)، والمصباح المنير (ص ٢٣٧)، وشرح حدود ابن عرفة (ص ٧٦)، والمطلع (١/ ١٣٣)، والفائق (١/ ١٦)، وأنيس الفقهاء (١/ ١٣٢). (١) قال ابن قدامة في المغني (٢/ ٣٢٧): "والأصل في صدقة الركاز, ما روى أبو هريرة, عن رسول الله ﷺ أنه قال: "العجماء جبار, وفي الركاز الخمس" متفق عليه؛ وهو أيضا مُجمع عليه؛ قال ابن المنذر: لا نعلم أحدًا خالف هذا الحديث, إلا الحسن فإنه فرق بين ما يوجد في أرض الحرب, وأرض العرب, فقال: فيما يوجد في أرض الحرب الخمس, وفيما يوجد في أرض العرب الزكاة .. ".اهـ؛ وقال ابن حزم في المراتب (ص ٦٩): "لم يتفقوا في الركاز على شيء يمكن جمعه".اهـ