ni dans les fondements ni dans les ramifications. Il arrive qu’un partisan des passions conteste une question de culte ou de transactions, bâtissant son opposition sur le désir et le chauvinisme d’école, non sur un effort d’ijtihâd pour connaître la vérité avec sa preuve ; une telle opposition ne saurait donc être prise en compte ni considérée comme contredisant l’accord des gens de la Sunna ou leur consensus sur une question juridique, qu’elle touche aux actes d’adoration ou aux relations civiles.
L’éminent traditionniste, le shaykh Muqbil b. Hâdî – qu'Allah lui fasse miséricorde –, déclare dans son épître « Conseil aux gens de la Sunna » (p. 13) : « Après quoi : nous avons examiné les questions sur lesquelles divergent les gens de la Sunna contemporains qui ne divergent pas par passion, et nous en avons trouvé près de trente. Nous les avons réparties entre nos frères sunnites afin qu’ils mentionnent – si Allah le veut – les hadiths avec leurs chaînes de transmission, se penchent sur les propos des commentateurs pour en comprendre le sens, et, si nécessaire, consultent les livres des juristes. Une fois le travail achevé – si Allah le veut –, il sera publié sous la forme d’une petite épître. » Fin de citation.
J’ajoute – qu’Allah te fasse miséricorde – que la maxime : « Nous nous unissons sur ce sur quoi nous sommes d’accord et nous nous excusons mutuellement dans ce sur quoi nous divergeons » (1) est une règle fallacieuse. Elle n’a pas pour but de réaliser l’union des musulmans, mais de diluer la vérité et de se soumettre aux passions sous prétexte d’entente. C’est en réalité une invitation à estomper la divergence entre les gens de la Sunna et les autres courants égarés – chiites, kharijites, muʿtazilites, murjites et consorts.
Tiens-toi donc – qu’Allah te protège – au sillage des pieux prédécesseurs ; ne t’écarte pas de leur compréhension, fût-ce du poids d’un atome. Les Salaf sont le véritable groupe ; ne détourne pas ton regard d’eux pour écouter les gens des passions, dont les propos sont enjolivés d’un vernis trompeur. Demeure ferme, demeure ferme sur la voie des Salaf ; prends garde, prends grand garde de t’écarter de leur consensus, que la question soit minime ou majeure : jamais les pieux prédécesseurs ne s’accordent sur un égarement, que ce soit dans un point des fondements de la foi ou dans une question de jurisprudence – tel le fait d’essuyer sur les khuffs –, ou encore dans toute autre affaire du même ordre.