44 – Ils s’accordent à reconnaître que celui qui entre en prière par le takbîr d’ouverture a contracté l’acte cultuel et s’y trouve désormais engagé.
45 – Ils sont unanimes à considérer que la prière de celui qui se contente d’un seul taslîm pour la conclure demeure valable.
46 – Ils affirment d’un commun accord que quiconque parle délibérément durant sa prière, sans chercher à en corriger quoi que ce soit, voit sa prière annulée.
(1) Cette unanimité mérite d’être nuancée. Ibn Qudāma écrit dans al-Mughnī (1/771), après avoir cité les propos d’Ibn al-Mundhir : « Le Qāḍī rapporte une autre version selon laquelle la seconde salutation finale (taslīma) est obligatoire, et il la tient pour plus solide : d’abord en raison du ḥadith de Ǧābir b. Samura ; ensuite parce que le Prophète ﷺ la pratiquait régulièrement ; enfin parce qu’il s’agit d’un acte cultuel comportant deux sorties du rite, toutes deux obligatoires, comme les deux désacralisations du ḥaǧǧ ; or, puisqu’elle est l’une des deux salutations, elle est obligatoire comme la première. – L’avis correct demeure toutefois celui que nous avons exposé : Aḥmad n’a pas explicitement déclaré que les deux taslīma étaient obligatoires ; il a seulement dit : « Les deux salutations sont ce qui est le mieux attesté du Messager d’Allah ﷺ », et il s’appuie sur le ḥadith d’Ibn Masʿūd et d’autres. Il se peut donc qu’il les considère simplement légiférées et recommandées, non obligatoires, comme d’autres l’ont estimé ; cela ressort de sa parole rapportée par Mahnā : « Les deux salutations me plaisent davantage. » Par ailleurs, ʿĀʾiša, Salama b. al-Akwaʿ et Sahl b. Saʿd ont rapporté que « le Prophète ﷺ ne faisait qu’une seule salutation », et les Muhāǧirūn se contentaient eux aussi d’une seule. Ainsi concilions-nous les récits et les dires des Compagnons : il est institué et recommandé de faire deux salutations, mais une seule est obligatoire. Cette conclusion confirme l’ijmāʿ rapporté par Ibn al-Mundhir, auquel on ne saurait déroger. »
Ibn Mufliḥ déclare dans al-Furūʿ (1/465) : « La seconde taslīma est-elle un pilier (rukn) ou simplement obligatoire (wāǧib) ? Deux versions existent ; une troisième la classe comme sunna, avis retenu par le Šaykh, et, selon un autre rapport, cela ne vaudrait que pour les prières surérogatoires. – Première version : elle est un pilier, opinion tranchée comme correcte dans al-Hidāya (liste des piliers) et al-Manawwar ; l’auteur d’al-Madhhab la considère comme pilier dans la version la plus fiable ; elle est également retenue dans les marginalia d’al-Muqniʿ, puis privilégiée dans al-Talkhīṣ, al-Bulġa, le Muḫtaṣar d’Ibn Tamīm, les deux Riʿāya, al-Ḥāwiyayn, an-Naẓm, Idraak al-ġaāya et chez al-Zarkašī. Abū Bakr, le Qāḍī et la majorité l’ont choisie. – Seconde version : elle est obligatoire ; le Qāḍī la juge plus solide, avis confirmé par le Nāẓim al-Mufradāt, catégoriquement adopté dans al-Ifādāt et at-Tashīl, puis mis en avant dans al-Fāʾiq ; le Qāḍī déclare dans al-Ǧāmiʿ : « Les deux taslīma sont obligatoires ; on ne sort pas de la prière sans elles », ce qui montre clairement le statut de wāǧib, distinct du pilier. – Troisième version : elle est sunna ; c’est l’avis arrêté dans al-ʿUmda et al-Wajīz, préféré par le Šaykh al-Muwaffaq dans al-Mughnī, et attribué également à al-Ḫirqī puisqu’il ne la mentionne pas parmi les obligations ; même option dans le Šarḥ, la Taḏkira d’Ibn ʿAbdūs, et le Šarḥ d’Ibn Razīn, lequel parle d’un consensus en s’appuyant sur Ibn al-Mundhir. (…) L’imām Ibn al-Qayyim observe : « C’est l’habitude d’Ibn al-Mundhir : lorsqu’il voit l’avis de la majorité des savants, il le présente comme un consensus. » Je (l’auteur) ajoute : l’allégation de consensus faite par Ibn Razīn est discutable, d’autant qu’il rapporte lui-même la divergence attribuée à Aḥmad ; elle est donc contradictoire.
٤٤ - وأجمعوا على أن من أحرم للصلاة بالتكبير، أنه عاقدٌ لَها داخلٌ فيها.
٤٥ - وأجمعوا على أن صلاة من اقتصر على تسليمة واحدة جائز (١).
٤٦ - وأجمعوا على أن من تكلم في صلاته عامدًا، وهو لا يريد إصلاح شيء من أمرها، أن صلاته فاسدة.
(١) في هذا الإجماع نظر! قال ابن قدامة في المغني (١/ ٧٧١) بعد نقله لعبارة ابن المنذر: "وقال القاضي فيه رواية أخرى, أن الثانية واجبة؛ وقال: هي أصح; لحديث جابر بن سمرة, ولأن النبي ﷺ كان يفعلها ويداوم عليها, ولأنها عبادة لها تحللان, فكانا واجبين, كتحللي الحج, ولأنها إحدى التسليمتين, فكانت واجبة كالأولى؛ والصحيح ما ذكرناه؛ وليس نص أحمد بصريح بوجوب التسليمتين , إنما قال: التسليمتان أصح عن رسول الله ﷺ وحديث ابن مسعود وغيره أذهب إليه، ويجوز أن يذهب إليه في المشروعية والاستحباب, دون الإيجاب كما ذهب إلى ذلك غيره, وقد دلَّ عليه قوله في رواية مهنا: أعجب إلي التسليمتان، ولأن عائشة, وسلمة بن الأكوع, وسهل بن سعد؛ قد رووا: «أن النبي ﷺ كان يسلم تسليمة واحدة»، وكان المهاجرون يسلمون تسليمة واحدة.
ففيما ذكرناه جمع بين الأخبار وأقوال الصحابة (رضي الله عنها) في أن يكون المشروع والمسنون تسليمتين , والواجب واحدة, وقد دلَّ على صحة هذا الإجماع الذي حكاه ابن المنذر فلا معدل عنه".اهـ
وقال ابن مفلح في الفروع (١/ ٤٦٥): " وهل الثانية يعني التسليمة الثانية ركن أو واجبة فيه؟ روايتان؛ وعنه سنة, اختاره الشيخ, وعنه في النفل. انتهى؛ إحداهن: هي ركن, وهو الصحيح جزم به في الهداية في عد الأركان, والمنور, قال في المذهب ركن في أصح الروايتين, وصححها المصنف في حواشي المقنع, وقدمه في التلخيص, والبلغة ومختصر ابن تميم, والرعايتين والحاويين, والنظم, وإدراك الغاية, والزركشي, وقال: اختاره أبو بكر, والقاضي, والأكثرون, والرواية الثانية هي واجبة, قال القاضي وهي أصح, وصححها ناظم المفردات, وجزم به في الإفادات, والتسهيل, وقدَّمه في الفائق: قال القاضي في الجامع وهما واجبان, لا يخرج من الصلاة بغيرهما, وهذا ظاهر في الوجوب ضد الركن, والله أعلم, وعنه أنها سنة: جزم به في العمدة, والوجيز, واختاره الشيخ الموفق في المغني, وقال إنه اختيار الخرقي, لكونه لم يذكره في الواجبات, واختاره الشارح أيضا, وابن عبدوس في تذكرته, وقدمه ابن رزين في شرحه, وقال إجماعًا, وتبع في ذلك ابن المنذر ....... قال العلامة ابن القيم: وهذه عادة ابن المنذر أنه إذا رأى قول أكثر أهل العلم حكاه إجماعًا, قلت: وحكاية ابن رزين الإجماع فيه نظر, مع حكايته الخلاف عن أحمد بل هو متناقض".اهـ