l’opinion de l’un d’entre eux, à moins de retenir — après étude comparative — celle qui se révèle la plus proche du Livre et de la Sunna. » Fin de citation.
Je dis : ach-Shanqîṭî a penché, dans sa Mudhakkira (p. 183), pour l’idée que leur accord constitue une preuve (ḥujja) mais non un consensus (ijmâʿ), car le consensus ne saurait exister sans l’adhésion de l’ensemble de la communauté.
Al-ʿAllâʾî, quant à lui, a consacré dans « Ijmâl al-Iṣâba » une étude substantielle démontrant que l’unanimité des quatre califes est bien une preuve sans pour autant relever du consensus. Il y réfute les objections de ses contradicteurs et écrit (p. 47-50) :
« De même, ce que l’on a rapporté de l’imâm ach-Shâfiʿî — dans son ancienne méthode comme dans son ouvrage de controverse avec Mâlik dans la nouvelle — à propos de la divergence des Compagnons : il finit toujours par se rallier à l’avis de l’un des quatre califes. Il va donc de soi que l’argument tiré de ce sur quoi ils sont tombés d’accord est encore plus prioritaire. Quant à qualifier cela de consensus, au sens où toute la communauté ferait bloc, c’est loin d’être établi ; en effet, les preuves scripturaires et rationnelles invoquées pour fonder l’autorité du consensus visent l’ensemble de la Umma, et nul ne contestera que les quatre califes ne représentent pas toute la communauté.
Les maîtres des fondements rapportent qu’Abû Khâzim a adduit, pour ériger cet accord en consensus, la parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue : « Tenez-vous à ma Sunna et à la Sunna des califes bien-guidés ; cramponnez-vous-y avec vos molaires… », prescrivant ainsi de suivre leur voie tout comme la sienne. Or, celui qui contrevient à la Sunna du Prophète — paix et bénédictions sur lui — n’a pas d’avis recevable ; il en irait donc de même de celui qui s’oppose à la leur. Les savants ont répondu par deux arguments :
1. L’injonction vise l’ensemble des califes bien-guidés ; rien n’indique qu’elle se limite aux quatre premiers — qu’Allah les agrée tous.
2. Elle est contrecarrée par ce qui lui est rapporté — qu’Allah le bénisse et le salue — : « Mes Compagnons sont comme des étoiles ; qui que vous suiviez, vous serez guidés. » On restreindra donc « la Sunna des califes » dans le premier ḥadith aux questions touchant spécifiquement au califat, afin de concilier les textes. D’ailleurs, il est de leur propre tradition d’accepter qu’on les contredise, comme on l’a vu lorsque la femme réfuta ʿUmar — qu’Allah l’agrée — au sujet de la surenchère sur la dot, et dans bien d’autres cas similaires.
Autre conséquence : si leur accord constituait un consensus, l’avis isolé de chacun d’eux, pris séparément, deviendrait à son tour une preuve. Or, leurs positions peuvent se heurter, comme ce fut le cas des deux Shaykhs — qu’Allah les agrée — au sujet des allocations : Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — estimait qu’elles devaient être uniformes pour tous les Compagnons, tandis que ʿUmar — qu’Allah l’agrée — préconisait une différenciation fondée sur la précellence et la proximité à l’égard du Prophète — paix et bénédictions sur lui. Il deviendrait alors impossible d’appliquer simultanément leur Sunna, et l’on devrait donc interpréter…
بقول بعضهم إلا على اختيار ينظر أقرب قول إلى الكتاب والسنة".اهـ
قلت: وقد رجح الشنقيطي في المذكرة (ص ١٨٣) أن اتفاقهم حجة وليس إجماعًا، لأن الإجماع لا يكون إلا من الجميع.
وللعلائي بحث قوي في "إجمال الإصابة" في إثبات كون اتفاق الخلفاء الأربعة حجة وليس إجماعًا، وقد رد فيه على اعتراضات المخالفين، فقال في (ص ٤٧ - ٥٠):
" وكذلك ما تقدم عن الإمام الشافعي في القديم وفي كتاب اختلافه مع مالك في الجديد عند تفرق أقوال الصحابة وقد تقدم أنه يصير إلى قول أحد الخلفاء الأربعة، وحينئذ فالاحتجاج بما اتفقوا عليه يكون بطريق الأولى؛ وأما كونه إجماعًا كما إذا أجمعت الأمة قاطبة فبعيد، لأن الأدلة المتمسك بها لكون الإجماع حجة من النقلية والعقلية إنما يتناول جميع الأمة ولا ريب في أن الخلفاء الأربعة ليسوا جميع الأمة؛ وقد ذكر أئمة الأصول أن أبا خازم احتج لكون ذلك إجماعا بقوله ﷺ: "عليكم بسنتي وسنة الخلفاء الراشدين المهديين عضوا عليها بالنواجذ ... " -الحديث-، فأوجب اتباع سنتهم كما أوجب اتباع سنته والمخالف لسنته ﷺ لا يعتد بقوله فكذلك المخالف لسنتهم ثم أجابوا عن ذلك بوجهين: أحدها: أن ذلك عام في كل الخلفاء الراشدين ولا دليل فيه على انحصاره في الأربعة دون غيرهم (رضي الله عنها)؛ وثانيهما: المعارضة بما روي عنه ﷺ أنه قال: "أصحابي كالنجوم فبأيهم اقتديتم اهتديم"؛ فتحمل سنة الخلفاء الأربعة في الحديث على ما يتعلق بالخلافة فقط للجمع بين الأحاديث، كيف ومن سنتهم إجازة المخالفة لهم كما تقدم من رد المرأة على عمر (رضي الله عنه) في المغالاة بالصداق وغير ذلك من الصور الكثيرة.
وأيضًا فإنه يلزم منه أن يكون قول الواحد منهم بمفرده حجة وحينئذ فتتعارض أقوالهم كما قد اختلف الشيخان (رضي الله عنه) في العطاء، فرأى أبو بكر (رضي الله عنه) تسوية الصحابة فيه كلهم ورأى عمر (رضي الله عنه) التفاضل بينهم بحسب السبق والقرب من النبي ﷺ فيتعذر العمل بسنتهم فيحمل