…par un ijmâʿ établi après l’époque des Successeurs ou même après les trois premiers siècles ; pourtant, les plus jeunes d’entre eux ont vécu jusqu’au troisième siècle, et, lorsqu’il parle du consensus propre à chaque génération, c’est en réalité des Successeurs qu’il s’agit. Par-là, il proscrit donc la revendication d’un consensus général et formulé, lequel n’est, comme il le souligne, qu’un consensus tacite ou celui de la majorité, établi sans qu’on ait connaissance d’un avis contraire. Ainsi, au sujet de la récitation derrière l’imâm, il a allégué l’ijmâʿ concernant la circonstance de la révélation du verset, de même que le non-caractère obligatoire de cette récitation dans les prières à voix haute. En fait, ce sont les juristes-théologiens tels Bishr al-Marîsî et l’Aʿṣamm qui se prévalent d’un tel ijmâʿ, alors qu’ils ne connaissent guère que les opinions d’Abû Ḥanîfa, de Mâlik et de leurs semblables, ignorant tout des paroles des Compagnons et des Successeurs. Plus d’un savant – Mâlik, Muḥammad ibn al-Ḥasan, al-Shâfiʿî, Abû ʿUbayd, entre autres – a d’ailleurs revendiqué l’ijmâʿ sur certaines questions de fiqh dans lesquelles une divergence existait en réalité, mais ne leur était pas parvenue. Quant au recours au Livre, à la Sunna et à l’ijmâʿ, il apparaît dans les propos de ʿUmar ibn al-Khattâb, d’Abd Allâh ibn Masʿûd et d’autres : chacun disait en effet – « Je juge d’après ce qui se trouve dans le Livre d’Allah ; si je n’y trouve rien, alors d’après la Sunna du Messager d’Allah ; et si je n’y trouve rien non plus, alors selon ce sur quoi les vertueux se sont accordés. » Suivant une autre version : « selon ce qu’ont décidé les vertueux », et, dans une troisième : « selon ce sur quoi les gens se sont mis d’accord ». Il en découle que l’invocation de l’ijmâʿ vient après les deux sources fondamentales, et cela précisément parce que ces vertueux ne sauraient les contredire. » Fin de citation. Al-Râzî dit dans al-Maḥṣûl (4/23) : « Certains reconnaissent qu’un tel accord est, en soi, possible, mais ils soutiennent qu’il n’existe pour nous aucun moyen d’en acquérir la certitude. La connaissance, en effet, est soit intuitive (wijdânî), soit non intuitive. La première est celle par laquelle chacun perçoit en lui-même la faim, la soif, le plaisir, la douleur et autres états ; il est évident que savoir qu’il existe un accord de la communauté de Muḥammad ﷺ ne relève pas de cette catégorie. Quant à la connaissance non intuitive, on s’accorde à dire que ses voies d’accès sont la perception sensible, le témoignage rapporté ou la réflexion rationnelle. Or la raison n’a aucune prise pour établir si telle personne a tenu, ou non, tel propos ; restent donc la perception et le témoignage. Mais il est manifeste que saisir la parole d’autrui ou en recevoir le récit n’est possible qu’après avoir identifié cette personne ; dès lors, la connaissance d’un accord de la communauté ne saurait s’obtenir qu’après avoir pris connaissance de l’opinion de chacun de ses membres, ce qui est à l’évidence impossible ; c’est pourquoi… »
بإجماع بعد عصر التابعين أو بعد القرون الثلاثة، مع أن صغار التابعين أدركوا القرن الثالث، وكلامه في إجماع كل عصر إنما هو في التابعين ثم هذا منه نهى عن دعوى الإجماع العام النطقي، وهو كما قال: الإجماع السكوتي أو إجماع الجمهور من غير علم بالمخالف، فإنه قال في القراءة خلف الإمام: ادعى الإجماع في نزول الآية، وفي عدم الوجوب في صلاة الجهر، وإنما فقهاء المتكلمين كالمريسي والأصم يدعون الإجماع، ولا يعرفون إلا قول أبي حنيفة ومالك ونحوهما، ولا يعلمون أقوال الصحابة والتابعين، وقد ادعى الإجماع فى مسائل الفقه غير واحد من مالك ومحمد بن الحسن والشافعي وأبي عبيد في مسائل وفيها خلاف، لم يطلعوه، وقد جاء الاعتماد على الكتاب والسنة والإجماع في كلام عمر بن الخطاب وعبد الل بن مسعود وغيرهما حيث يقول كل منهما: أقضي بما في كتاب الله، فإن لم يكن فبما في سنة رسول الله، فإن لم يكن فبما أجمع عليه الصالحون، وفى لفظ: بما قضى به الصالحون، وفى لفظ: بما أجمع عليه الناس، لكن يقتضى تأخير هذا عن الأصلين وما ذاك إلا لأن هؤلاء لا يخالفون الأصلين".اهـ وقال الرازي في المحصول (٤/ ٢٣): "ومن الناس من سلم إمكان هذا الاتفاق في نفسه لكنه قال لا طريق لنا إلى العلم بحصوله لأن العلم بالأشياء إما أن يكون وجدانيًا أو لا يكون؛ أما الوجداني فكما يجد كل واحد منا من نفسه من جوعه وعطشه ولذته وألمه إلى غير ذلك، ولا شك أن العلم بحصول اتفاق أمه محمد ﷺ ليس من هذا الباب، وأما الذي لا يكون وجدانيًا فقد اتفقوا على أن الطريق إلى معرفته إما الحس وإما الخبر وإما النظر العقلي، أما النظر العقلي فلا مجال له في أن الشخص الفلاني قال بهذا القول أو لم يقل به؛ بقي أن يكون الطريق إليه إما الحس وإما الخبر لكن من المعلوم أن الإحساس بكلام الغير أو الإخبار عن كلامه لا يمكن إلا بعد معرفته؛ فإذن العلم باتفاق الأمة لا يحصل إلا بعد معرفة كل واحد من الأمة، لكن ذلك متعذر قطعًا فمن