4) Le quatrième avis pose que l’extinction de la génération est exigée tant qu’il subsiste parmi eux un effectif équivalent au « nombre du tawâtur » ; si les survivants sont moins nombreux, on ne tient plus compte d’eux. En résumé : si certains meurent alors qu’il reste encore un nombre atteint par la notoriété concordante et que ces derniers – en tout ou en partie – se rétractent, l’ijmâʿ n’est pas tenu pour établi ; mais si le nombre des survivants passe en-deçà de ce seuil, leur rétractation, partielle ou totale, n’affecte pas le consensus. 5) Le cinquième avis n’exige la disparition de la génération que pour l’ijmâʿ des Compagnons, non pour celui des autres. Là où l’on ne subordonne pas l’ijmâʿ à cette extinction, la simple durée n’entre plus en considération : leur accord fait autorité dès qu’il est constaté. Ainsi, si quelques-uns revenaient ensuite sur leur position, on n’en tiendrait aucun compte ; ce serait une violation du consensus. Quiconque surgit postérieurement avec un avis contraire n’est pas pris en considération : l’ijmâʿ s’impose à lui. Même s’il apparaissait à tous une raison de se rétracter et qu’ils le fissent unanimement, cela leur serait interdit ; leur premier consensus demeurerait probant pour eux et pour autrui. Quand bien même une génération ultérieure s’unirait à l’unanimité sur l’opinion opposée, cela ne serait pas recevable non plus, sous peine de voir deux ijmâʿs s’entre-choquer… » Fin de citation. Al-Ghazâlî écrit dans al-Mustasfâ (p. 152) à propos de la condition d’extinction de la génération : « C’est une erreur, car la force contraignante réside dans leur accord, non dans leur mort ; or, l’accord a déjà eu lieu avant le décès, et celui-ci ne lui confère aucune confirmation supplémentaire. » Fin de citation. J’ajoute : ce raisonnement possède, à l’évidence, une valeur recevable. Troisièmement : l’ijmâʿ à prendre en considération est-il uniquement celui des Compagnons, à l’exclusion de ceux qui leur succèdent ? Al-Ghazâlî dit encore dans al-Mustasfâ (p. 149) : « Dâwud et sa faction parmi les Ẓâhirites ont soutenu qu’il n’y a pas d’autorité dans l’ijmâʿ de ceux qui viennent après les Compagnons. C’est faux, car les trois preuves établissant le caractère contraignant de l’ijmâʿ – le Livre, la Sunna et la raison – ne distinguent pas une époque d’une autre. Ainsi, si les Successeurs s’accordent à l’unanimité, il s’agit d’un consensus de la totalité de la communauté, et celui qui s’y oppose emprunte une voie autre que celle des croyants. » Fin de citation. J’ajoute : l’opinion qui refuse de tenir compte de tout ijmâʿ en dehors de celui des Compagnons a également été attribuée à Aḥmad – qu’Allah lui fasse miséricorde. On lit en effet dans al-Musawwadah (2/616) : « Le Qâḍî a déclaré : “Le consensus est une preuve catégorique à laquelle il faut se rallier ; il est interdit de le contredire, et la communauté ne saurait s’accorder sur une erreur.” Aḥmad l’a affirmé explicitement, dans la version rapportée par ʿAbd Allâh et Abû al-Ḥârith : à propos des Compagnons, il dit que, s’ils divergent, on ne se départ pas de leurs propos ; que dirait-on donc s’ils s’accordaient tous… »
والقول الرابع: أنه يعتبر انقراض العصر إن بقي عدد التواتر؛ وإن بقي أقل من ذلك لم يكترث بالباقي؛ وحاصله: أنه إذا مات منهم جمع وبقي منهم عدد التواتر, ورجعوا أو بعضهم لم ينعقد الإجماع, وإن بقي منهم دون عدد التواتر, ورجعوا أو بعضهم لم يؤثر في الإجماع؛ والقول الخامس: أنه يعتبر انقراض العصر في إجماع الصحابة دون إجماع غيرهم، وحيث لا يعتبر انقراض العصر لا يعتبر تمادي الزمن مطلقًا, بل يكون اتفاقهم حجة بمجرده, حتى لو رجع بعضهم لا يعتد به, ويكون خارقًا للإجماع؛ ولو نشأ مخالف لم يعتد بقوله, بل يكون الإجماع حجة عليه, ولو ظهر لجميعهم ما يوجب الرجوع فرجعوا كلهم حرم؛ وكان إجماعهم حجة عليهم وعلى غيرهم, حتى لو جاء غيرهم مجمعين على خلاف ذلك لم يَجز أيضا، وإلا لتصادم الإجماعان ..... ".اهـ وقال الغزالي في المستصفى (ص ١٥٢) عن القول باشتراط انقراض العصر: "وهذا فاسد لأن في اتفاقهم لا في موتِهم، وقد حصل قبل الموت، فلا يزيده الموت تأكيدًا".اهـ قلت: وهذا تعليل له وجه مُعتبر. ثالثًا: هل المعتبر إجماع الصحابة فقط دون من بعدهم؟ قال الغزالي في المستصفى (ص ١٤٩): "ذهب داود وشيعته من أهل الظاهر إلى أنه لا حجة في إجماع من بعد الصحابة؛ وهو فاسد لأن الأدلة الثلاثة على كون الإجماع حجة، أعني الكتاب والسنة والعقل، لا تفرق بين عصر وعصر، فالتابعون إذا أجمعوا فهو إجماعٌ من جميع الأمة، ومن خالفهم فهو سالك غير سبيل المؤمنين".اهـ قلت: وقد نُسب القول بعدم الاعتداد بغير إجماع الصحابة إلى أحمد (رحمه الله)، فقد جاء في المسودة (٢/ ٦١٦): "قال القاضى الإجماع حجة قطعية يَجب المصير إليها وتُحرم مخالفته ولا يجوز أن تُجمِع الأمة على الخطأ؛ وقد نص أحمد على هذا في رواية عبد الله وأبى الحارث في الصحابة إذا اختلفوا لم يخرج عن أقاويلهم، أرأيت إن أجمعوا