et, parmi les divergences d’opinion des savants de Koufa et de Bassora, dès lors qu’il s’agit d’un homme versé dans le fiqh. En revanche, si l’on rapporte que « les Khattâbiyya et les Râfidites affirment ceci ou cela », on ne prête aucune attention à leurs propos en matière de jurisprudence, car ils n’en sont pas spécialistes. Ibn al-Qattân déclare : « Le consensus, pour nous, est celui des gens de science ; quant à ceux qui suivent leurs passions, ils n’y ont aucune part. » Il rapporte encore l’avis de nos maîtres à propos des Khâridjites : « Ils n’entrent ni dans le consensus ni dans la divergence, car ils ne disposent d’aucune source fiable à transmettre ; ils ont en effet déclaré mécréants nos prédécesseurs auprès de qui nous avons reçu les fondements même de la religion. » — Fin de citation. Parmi ceux qui estiment qu’on ne tient pas compte de l’avis de tels innovateurs figurent, chez les Ḥanafites, Abû Bakr al-Râzî, et, chez les Ḥanbalites, le Qâḍî Abû Ya‘la, lequel l’a déduit d’une parole d’Aḥmad : « Un homme qui, à mes yeux, n’est pas intègre ne saurait témoigner devant moi ; comment, dès lors, pourrais-je entériner son jugement ? » Le Qâḍî précise qu’Aḥmad visait par là le Jahmî. La troisième opinion veut que le consensus ne puisse se former sur l’avis d’un tel innovateur, bien qu’il puisse se former sans lui. Autrement dit, l’innovateur peut, pour sa part, s’écarter de l’avis des autres conformément au résultat de son propre ijtihâd, mais il n’est permis à personne de l’imiter. Cette position est rapportée par al-Âmidî et suivie par des auteurs postérieurs ; certains l’ont contestée, estimant qu’il ne faisait que la citer d’autrui. En réalité, il semble qu’elle serve à expliquer et à restreindre les deux opinions précédentes, que deux principes relatifs à l’ijtihâd et au taqlîd empêchent de maintenir de façon absolue : 1. Tous s’accordent à dire qu’une fois son ijtihâd accompli, le mujtahid n’a plus le droit d’avoir recours au taqlîd et doit agir selon la conclusion qu’il a atteinte ; l’obliger ici à suivre l’avis de quelqu’un qui le contredit serait contraire à cet accord. 2. Ils conviennent également qu’il est permis au muqallid de suivre une personne reconnue pour sa science et son intégrité, et qu’il lui est interdit d’imiter quelqu’un que l’on sait dépourvu de ces qualités. Par conséquent, les deux opinions ne sauraient subsister sans restriction. On comprend alors que l’énoncé : « Le consensus n’est pas valide sans lui » s’entend à l’égard de l’innovateur lui-même, tandis que « il est valide » concerne les autres ; le désaccord devient dès lors purement verbal. C’est ainsi qu’il faut impérativement interpréter cette opinion, faute de quoi elle demeure problématique. La quatrième opinion opère une distinction : si l’innovateur prêche activement sa doctrine, on ne tient pas compte de son avis ; s’il ne la propage pas, on en tient compte. Ibn Ḥazm rapporte cette position dans Al-Iḥkâm, l’attribuant à la majorité de leurs prédécesseurs parmi les traditionnistes, avant de la rejeter en ces termes : « C’est une opinion viciée, car ce qui importe, c’est la croyance. » — Fin de citation.
من اختلاف آراء أهل الكوفة والبصرة إذا كان من أهل الفقه؛ فإذا قيل: قالت الخطابية والرافضة كذا , لم يلتفت إلى هؤلاء في الفقه; لأنهم ليسوا من أهله, وقال ابن القطان: الإجماع عندنا إجماع أهل العلم, فأما من كان من أهل الأهواء, فلا مدخل له فيه؛ قال: قال أصحابنا في الخوارج لا مدخل لهم في الإجماع والاختلاف; لأنهم ليس لهم أصل ينقلون عنه; لأنهم يكفرون سلفنا الذين أخذنا عنهم أصل الدين. انتهى؛ وممن اختار أنه لا يعتد به من الحنفية أبو بكر الرازي, ومن الحنابلة القاضي أبو يعلى واستقرأه من كلام أحمد لقوله: لا يشهد رجل عندي ليس هو عندي بعدل, وكيف أجوِّز حكمه؛ قال القاضي: يعني الجهمي. والثالث: أن الإجماع لا ينعقد عليه, وينعقد على غيره, أي أنه يجوز له مخالفة من عداه إلى ما أداه إليه اجتهاده, ولا يجوز لأحد أن يقلده, حكاه الآمدي وتابعه المتأخرون, وأنكر عليه بعضهم, وقال: أرى حكايته لغيره؛ والظاهر أنه تفسير للقولين المتقدمين, ومنع من بقائهما على إطلاقهما; لوقوع مسألتين في بابي الاجتهاد والتقليد, تنفي ذلك؛ إحداهما: اتفاقهم على أن المجتهد بعد اجتهاده ممنوع من التقليد, وأنه يَجب عليه العمل بما أداه إليه اجتهاده, فالقول هنا بأنه يَجب عليه العمل بقول من خالفه معارض لذلك الاتفاق؛ وثانيهما: اتفاقهم على أنه يَجوز للمقلد أن يقلد من عرف بالعلم والعدالة, وأنه يحرم عليه تقليد من عرف بضد ذلك, وإذا ثبت هذا استحال بقاء القولين في هذه المسألة على إطلاقهما, وتبين أن معنى قول من يقول: لا ينعقد الإجماع بدونه, يعني في حق نفسه, ومعنى قول من يقول: فينعقد, يعني على غيره, ويصير النزاع لفظًا, وعلى هذا يجب تأويل هذا القول, وإلا فهو مشكل. والرابع: التفصيل بين الداعية فلا يعتد به, وبين غيره فيعتد به, حكاه ابن حزم في كتاب الإحكام, ونقله عن جماهير سلفهم من المحدثين, وقال: وهو قول فاسد; لأن المراعى العقيدة".اهـ